28/01/2014

Le jardin botanique et la rue Louvrex

  Le premier jardin botanique de Liège est fondé en 1819, sous le régime hollandais, par l'université établie depuis deux ans dans les bâtiments de ce qui a été le collège des jésuites wallons (actuelle place du XX août). Serres, orangerie et parterres sont aménagés en bord de Meuse dans les jardins de l'ancienne maison religieuse.

  Des transformations aux bâtiments académiques et la construction d’un quai de halage le long du fleuve restreignent la superficie de ce « parc des flores ». En 1836, le professeur Charles Morren, qui dirige la chaire de botanique, en obtient le transfert dans un site plus approprié. C’est au pied de la colline Saint-Gilles, dans le quartier du Bas-Laveu fort champêtre, qu’un terrain de cinq hectares est acquis en 1838.

plan-liege-1838.jpg   Sur ce plan de 1838, la croix désigne l'emplacement choisi pour le nouveau jardin botanique. Le tracé coloré en rouge représente le Grand Jonckeu, appellation de la voie de communication qui commençait rue Saint-Gilles à la hauteur de l'actuelle rue Grandgagnage (1), puis suivait approximativement les rues Louvrex (2), Hemricourt (3) et du Plan incliné (4). À titre indicatif, le bras de la Meuse est devenu les boulevards d'Avroy (5) et Piercot (6).

  
Le mot « Jonckeu » proviendrait du bas-latin « juncetum », qui indique un lieu planté de joncs. Dans les années 1840, des travaux seront entrepris pour rectifier et élargir cette vieille artère (il faut préciser qu'elle mène au quartier des Guillemins en pleine mutation depuis la création de la gare de chemin de fer en 1842). Le tronçon marqué 2 sur le plan ci-dessus prendra le nom de Louvrex en 1848. Le quartier s'urbanisera rapidement avec de beaux immeubles particuliers.

   Mathias-Guillaume de Louvrex, seigneur de Ramelot (Liège, 1665-1734), a été bourgmestre de la Ville en 1702. Très versé dans l'histoire de son pays et dans la jurisprudence, il a publié de nombreux ouvrages.

 

rue_louvrex_liege-tram-1900.jpgLa rue Louvrex à la Belle Époque. Les grilles en fer forgé, de ce côté, datent de 1848.

jardin_botanique-rue_louvrex-liege.jpg  À droite, la rue Fusch a été ouverte en 1860 (comme la rue Nysten), date qui a vu le jardin botanique entièrement clôturé. Remarquez, sur cette carte postale, l'erreur de genre à propos du mot « jardin ».


  Mais revenons-en aux origines du jardin botanique. C'est Julien-Étienne Remont (1800-1883), architecte de la Ville, qui est chargé d'en dresser les plans, approuvés en 1839. La construction des serres et les premières plantations débutent en 1841, mais les travaux sont interrompus deux ans plus tard par manque de moyens financiers.

  À la fin des années 1870, il est décidé de transférer divers instituts universitaires sur le site inachevé du jardin botanique. Deux seulement finissent par y être érigés : ceux de botanique et de pharmacie. Le chantier démarre en 1881, confié à l’architecte provincial Lambert-Henri Noppius. Il entraîne une modification du plan initial du jardin, ce dont se charge Édouard Morren (qui a succédé à son père Charles mort en 1858).

 

jardin_botanique_liege-plan_1883.jpgLe plan du jardin botanique en 1883.

jardin_botanique_liege-1887.jpg   L'institut de botanique et l'ensemble des serres en 1887, quatre ans après leur inauguration. Les serres hautes avec les grandes rotondes seront détruites par un V1 en décembre 1944.

serres-jardin_botanique-liege-fin_XIXe.jpg   Les serres basses vues depuis les serres hautes à la fin du XIXe siècle. Dans le fond, ce sont les immeubles de la rue Louvrex.

serres-colorisees-jardin_botanique-liege.jpgLes serres présentent une architecture où prédominent le verre et l'acier.

serres_basses-jardin_botanique-liege.jpgLes serres basses et la terrasse qui les sépare des serres hautes et de l'institut de botanique.


Les vues qui suivent nous replongent au début du XXe siècle :

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rocailles-jardin_botanique-liege.jpgAménagées dans les années 1880, les rocailles pour plantes montagnardes ont été supprimées en 1965.



 * * * * *

 

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   À partir de 1968, certaines plantations sont transférées au Sart-Tilman, car il est prévu de déménager le jardin botanique sur ce nouveau campus universitaire. En 1970, le site devient un parc public désormais entretenu par la ville de Liège. Ce changement de statut entraîne la disparition des grilles.

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   Mais depuis ce 1er janvier 2014, c'est la Région wallonne qui reprend la tâche, et de nombreuses questions se posent quant à l'avenir du site...

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liège,histoire de liège,histoires de liège,jardin botanique,institut de botanique,institut de pharmacie,université de liège,bas-laveu,rue louvrex,grand jonckeu,rue fusch,ruenysten,charles morren,édouard morren,julien-étienne remont,lambert-henri noppius
Cette autre partie, depuis 2001 aussi, accueille le Centre régional d'initiation à l'environnement.

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Liens de référence :

http://www.homme-et-ville.net/ressource/ressources/jbcr.pdf
http://www.botaniqueliege.be/historique/historique.htm

 

25/01/2014

Un loisir d'un autre temps : les guinguettes de Kinkempois

   À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, des familles entières se rendent le dimanche sur la rive droite de la Meuse à Kinkempois, où cafés-restaurants et guinguettes leur permettent de passer d'agréables moments dans un cadre bucolique. Le dépaysement sans trop s'éloigner du centre-ville !

batte-bateau_mouche-debut_XXe.jpg   Première étape de l'expédition dominicale : prendre place à bord d'un bateau-mouche à vapeur, comme ici à l'embarcadère de la Batte.

eglise-saint-vincent-vall-benoit-rivage en pot.jpg   Ces bateaux assurent la liaison entre Liège et Seraing, avec diverses escales, dont celle-ci au Rivage-en-Pot, près de l'église Saint-Vincent de Fétinne que l'on aperçoit à l'arrière-plan (cette église a été remplacée en 1930 par un édifice de béton surmonté d'un dôme de cuivre). Ci-dessous, les actuels quais Gloesener et Wauters.

quais_gloesener_wauters-2007.jpg

 

kinkempois-canots-debut_XXe.jpg   La rive droite de la Meuse à Kinkempois, à la Belle-Époque, avec ses débarcadères et ses locations de canots. Les deux photos qui suivent permettent de comparer l'aspect des lieux à la fin du XIXe siècle et au début du XXIe.
kinkempois-debarcaderes-pont-val_benoit.jpg   Dans le fond, on aperçoit le pont ferroviaire du Val-Benoît (premier du nom, de 1842 à 1935). Ci-dessous, son successeur (quatrième du nom, depuis 1945) est masqué par le pont du Pays de Liège, inauguré en 2000 pour assurer la liaison autoroutière E40-E25.
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maison_blanche-kinkempois-1906.jpg  1906. Le bateau-mouche va accoster au débarcadère situé près de la Maison Blanche, un des plus célèbres établissements de plaisance établis à Kinkempois du début du XXe siècle.

kinkempois-canots-plaisance-1913.jpgCarte postale postée en 1913. À l'avant-plan, des canots en location.

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maison-blanche-kinkempois-debarcadere.jpg   La Maison Blanche est aussi connue sous l'appellation de Maison Henin, du nom du propriétaire. Ci-dessous, la même perspective en 2007.
berge-kinkempois-2007.jpg

 

maison-blanche-henin-kinkempois-1916.jpg   Le jardin de la Maison Blanche sur une carte postée en 1916.Une guinguette est au départ un débit de boisson et un restaurant, avant de devenir un lieu où l'on peut danser sur une piste à ciel ouvert, au son d'un petit orchestre avec priorité à l'accordéon.

maison_blanche-jardin-kinkempois-debut_XXe.jpgLe jardin de la Maison Blanche en 1903.

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La terrasse en bord de Meuse de la Maison Blanche vers 1910.

maison-blanche-guinguette-kinkempois-1900.jpg   La berge champêtre de Kinkempois, avec à l'arrière-plan la zone industrielle de Cockerill-Ougrée. Ci-dessous, en 2007.
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chalet-kinkempois.jpgL'entrée côté Meuse du café-restaurant « Au chalet ».

kinkempois-chalet-annees_30.jpg   De l'autre côté du fleuve, sur la droite, c'est le bâtiment de chimie de l'université de Liège, dont la construction a débuté en 1930.
 

moulin-hauzeur-val-benoit.jpg   De l'autre côté de la Meuse, il existait autrefois un moulin à farine appartenant à la famille Hauzeur (à l'origine du parc résidentiel privé de Cointe). Les meules étaient actionnées par une machinerie à vapeur conçue par les ateliers John Cockerill en 1826.

maison-blanche-dancing-kinkempois.jpg   Après la seconde guerre mondiale, l'industrialisation des banlieues a fini par faire disparaître les guinguettes. Certaines sont devenues quelque temps des dancings, mais avec d'autres styles musicaux que le tango, la polka ou le bal musette.

maison_blanche-kinkempois-2007.jpgL'ancienne Maison Blanche en 2007.


hotels_cafes_lg_gd.jpg

  Davantage de renseignements dans cet ouvrage
de Jean JOUR,

paru chez Noir Dessin Production.

 

 

22/01/2014

Le pensionnat des Filles de la Croix à Cointe, devenu le Chanmurly

   En 1903, la congrégation des Filles de la Croix achète à Cointe, près dela place du Batty, des terrains appartenant aux familles Roberti et de Lamotte. Elle y fait construire un couvent, complété d’un pensionnat d’école moyenne pour jeunes filles de la bonne société. Les plans dressés par les architectes Grisard et Lansberg sont mis en œuvre par l’entrepreneur Victor Ernotte.

  L’établissement accueille ses « premières demoiselles » en octobre 1905 : cinquante-six internes et dix demi-pensionnaires. Le mois suivant, l’évêque de Liège Martin Hubert Rutten bénit solennellement le pensionnat, baptisé « Maria Immaculata ».

pensionnat-place du batty-cointe-1904.jpg   La place du Batty au tout début du XXe siècle. La plus grande des maisons blanches, devant la façade sud-est du pensionnat, constitue l'école de ménage. À l'avant-plan, on aperçoit un terrain non bâti et une villa du parc privé créé à la fin du XIXe siècle. 

  À titre de comparaison, la photo suivante présente le même endroit vers 1925, avec cette fois le boulevard Gustave Kleyer et la barrière d'entrée du parc privé (fermée la nuit).
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rond-point_batty_chanmurly-cointe-2000.jpgLe même endroit en 2000, pendant la construction du complexe immobilier Chanmurly.

pensionnat-maria immaculata-façade-cointe.jpgLa façade sud-est du couvent-pensionnat au début du XXe siècle.

pensionnat-maria-immaculata-entree principale-cointe.jpgL'entrée principale.

pensionnat-ecole menagere-cointe.jpg  À gauche, c'est l'école ménagère vue d'un étage du pensionnat. À droite, entre les arbres, on aperçoit un morceau de la rue du Batty. Dans le fond, on distingue vaguement le parc privé et l'une ou l'autre de ses villas. Ci-dessous, la même plongée en 2012.
chanmurly-cointe-2012.jpg


pensionnat-cointe-eleves 1908-1909.jpgLa promotion 1908-1909.

pensionnat-cointe-esplanade.jpgBadminton et croquet sur l'esplanade.

pensionnat-cointe-cours de menage.jpgLes cours de ménage.

pensionnat-cointe-dortoir.jpgUn des dortoirs.

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pensionnat-cointe-vergers.jpgLes vergers.

pensionnat-cointe-parc.jpgLes allées du parc.

pensionnat-cointe-grotte ND lourdes.jpgLa grotte Notre-Dame de Lourdes.

 

pensionnat-cointe-espace_jeu.jpgL'espace jeux.

pensionnat-cointe-etude sous les arbres.jpgL'étude sous les arbres.

pensionnat-cointe-site expo 1905.jpg   Au-delà du verger, s'étend le site abandonné de l'Exposition universelle de 1905, qui vient de se terminer. Cet espace deviendra la plaine des Sports de Cointe.

exposition_1905-cointe.jpg   Lors de l'Exposition universelle de 1905, cet endroit de Cointe a servi aux manifestations de plein air, comme ici une fête de gymnastique. Au-dessus du palais de l'Horticulture, on voit dépasser la pointe du couvent des Filles de la Croix.

pensionnat-cointe-kiosque expo 1905.jpg1907. Le kiosque (aujourd'hui disparu) est un vestige de l'Exposition universelle.


  En 1939, les menaces de guerre réduisent les effectifs de l'internat, car celui-ci compte beaucoup de jeunes filles étrangères (anglaises, allemandes) qui retournent dans leurs pays. Dès 1942, pour faire face aux difficultés financières, les religieuses accueillent les « enfants du juge », placés ou abandonnés. L’appellation « Chanmurly » qui désigne l’établissement proviendra de la contraction des prénoms de trois assistantes sociales : Chantal, Muriel et Lily (Liliane).

pensionnat-cointe-plaine des sports-1954.jpgLe Chanmurly et la plaine des Sports en 1954. Ci-dessous, en 2007.plaine des sports-cointe-2007.jpg


  Ce sont encore des problèmes budgétaires, en 1977, qui contraignent les Filles de la Croix à cesser leurs activités et à vendre leur domaine, qu’acquiert la ville de Liège.

 
Étrangement, le bien est laissé à l’abandon, même après sa cession en 1989 à la société immobilière Baumanco. Squattés et vandalisés, les bâtiments se dégradent considérablement, constituant un détestable chancre urbain ; il faut attendre 1992 pour qu’on entame certaines démolitions. La compagnie de lotissements Lotinvest reprend l’affaire en 1996. Elle entreprend le déblaiement du site, puis la construction d’un centre commercial surmonté d’appartements de standing. Ce qui reste du couvent est rénové et aménagé en bureaux. Vers l’arrière, dans les espaces arborés, est aménagé un clos résidentiel d’une douzaine de maisons unifamiliales.

place du batty-cointe-1992.jpgLe chancre de la place du Batty en 1992, quand commencent les travaux de démolition.

ruines-chanmurly-cointe-1998.jpgCe qui reste de l'ancien pensionnat en 1998.

chantier-chanmurly-cointe-2000.jpg  La rénovation du Chanmurly, en 2000, est confiée à l’architecte bruxellois Joël Claisse. Réalisée dans le respect de l’architecture d’origine, avec toutefois un ajout d’éléments modernes, elle obtiendra en 2002 le grand prix de l’urbanisme de la ville de Liège.

  On aperçoit aussi, sur cette photo, les fondations du complexe résidentiel et commercial qui s'élève aujourd'hui à l'angle de la place du Batty et du boulevard Kleyer. Conçu par le bureau d’architectes liégeois Séquences, le projet a été mis en œuvre par l’entreprise Thomas & Piron.

18/01/2014

La place et la rue des Carmes, la rue des Clarisses, l'avenue Maurice Destenay

plan-liege-60.jpg  Plan des années 1960. La petite place montrée par la flèche était plus précisément (et est toujours) la place des Carmes.

  Les rues des Carmes et des Clarisses évoquent des couvents établis là autrefois, ces congrégations religieuses ayant perdu leurs biens à la fin du XVIIIe siècle, à la suite des événements révolutionnaires et militaires qui ont abouti à la fin à la principauté de Liège et à son rattachement à la république française.


  La place des Carmes

place-des-carmes-liege-debut-XXe.jpgAu tout début du XXe siècle.

place-des-carmes-liege-1970.jpgEn 1970, trois ans avant le début des démolitions.

demolition-place-des-carmes-liege-1973.jpgLes démolitions en 1973.

place-des-carmes-liege-1977.jpg   En 1977. Depuis le début de la décennie, l'environnement a changé, avec la construction des nouveaux bâtiments de l'athénée Charles Rogier et du complexe culturel des Chiroux. La petite place des Carmes est devenue piétonne en 1975.

place-des-carmes-liege-2009.jpgLe même endroit en 2009.

 

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La place des Carmes vue depuis la rue Saint-Paul en 1962 (ci-dessus) et en 1977 (ci-dessous).

rue-st-paul-liege-1977.jpg

 


La rue des Carmes

halle-des-carmes-liege-1971.jpg   La halle des Carmes en 1971, à la veille d'être détruite. Elle a été construite dès 1881 à l'emplacement du couvent d'antan.

librairie-halbart-liege.jpgLa librairie Halbart de la rue des Carmes, à l'époque où j'allais au collège, dans les années 1960.

 

 

La rue des Clarisses

athenee-royal-liege-debut_XXe.jpg  L'athénée royal Charles Rogier (Liège 1) au début du XXe siècle. L'établissement a été créé en 1850 à l'emplacement de l'ancien couvent des Sœurs clarisses. Il doit son nom au célèbre Liégeois qui a participé à la révolution belge de 1830, puis qui est devenu un ministre libéral grand défenseur de l’enseignement public.

  Ces bâtiments disparaîtront dès 1967 pour laisser place à des locaux modernes à la mode du temps. La photo qui suit date de 1977.

rue-des-clarisses-liege-1977.jpg

 

 

rues-clarisses-ysaye-liege-1962.jpg  Cet immeuble (photo de 1962) se situait à l'angle de la rue des Clarisses (1) et de la rue Eugène Ysaÿe (2) qui mène à la place Saint-Jacques. Nous le retrouvons sur la photo suivante, prise depuis le boulevard d'Avroy. La rue qui y mène s'appelait la rue Bertholet, du nom d'un peintre liégeois du XVIIe siècle. Tout ce quartier a été bouleversé, au début des années 1970, par le chantier de l'avenue Maurice Destenay.rue-bertholet-liege-60.jpg

avenue-destenay-liege-1990.jpgLe même endroit en 1990.


L'avenue Maurice Destenay
carmes-croisiers-liege-1970.jpg   La rue André Dumont un peu avant 1970, à l'approche de l'inauguration de la maison de la culture des Chiroux. Dans le fond, les rues des Prémontrés et du Vertbois vont bientôt subir de profondes modifications pour permettre le percement d'une voie rapide en direction du boulevard d'Avroy.

  Les quatre photos qui suivent présentent l'évolution du chantier au cours des années 1970.

chantier-destenay-liege-1971_75.jpg

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avenue_destenay_vue aerienne-liege-1979.jpg  L'avenue Maurice Destenay en 1979. Elle a été officiellement inaugurée en 1975, du nom du bourgmestre libéral liégeois de 1963 à sa mort en 1973.

 

 

16/01/2014

Homme et Ville

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 Un site passionnant que doivent consulter tous les amoureux de Liège :

http://homme-et-ville.net




Créées par Pïerre FRANKIGNOULLE (faculté d'architecture de l'université de Liège), ces pages comportent notamment une chronologie des transformations de la ville de 1950 à 1973.

10:40 Écrit par Claude WARZÉE dans Coups de cœur | Tags : liège, homme et ville, pierre frankignoulle | Commentaires (1) |  Facebook |

13/01/2014

L'abbaye et l'église de Saint-Gilles

liège,histoire de liège,histoires de liège,Saint-Gilles,plateau Saint-Gilles,abbaye,église romaneL'église Saint-Gilles en 1962

  Aux origines

  À la fin du XIème siècle, l'actuel plateau Saint-Gilles est une épaisse forêt inhospitalière, traversée cependant par le chemin qui mène de Liège à Huy, étape vers la France. Les lieux sont malfamés, peuplés de bêtes sauvages et de bandits qui s’attaquent aux voyageurs.

 C'est pourtant là, vers 1083, qu'un certain Goderan, jongleur-ménestrel désireux de se consacrer à la méditation, sollicite le droit, auprès du père-abbé Bérenger de l'abbaye bénédictine de Saint-Laurent, d'aménager un ermitage sur les hauteurs boisées du Publémont*, terres qui appartiennent à ce monastère.

* On désigne ainsi la colline occidentale traversée par toute la rue Saint-Laurent.

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  Plusieurs tableaux quadrilobés de ce type font parrtie du mobilier de l'église Saint-Gilles. Celui-ci représente Goderan et son ours savant pendant l'édification de son oratoire.

  La légende voudrait que ce Goderan soit originaire de l'abbaye de Saint-Gilles du Gard, en Provence, mais il ne s'agirait là que d'une interpolation du chroniqueur liégeois Jean d'Outremeuse (XIVe siècle), auteur à l'imagination généreuse.

  Goderan pratique largement l'hospitalité. Il est rejoint par d'autres hommes et femmes attirés par son idéal de vie. Il fait construire, pour les abriter, de petites maisons dont l'ensemble forme progressivement une communauté qu'on dédie à saint Gilles.

  Après la mort de son fondateur, l'oratoire ne cesse se développer ; il finit par être élevé au grade d'abbaye, en 1124, par le prince-évêque Albéron, qui y nomme un abbé à la tête de chanoines réguliers.


  En même temps, le modeste édifice originel est remplacé par une église beaucoup plus spacieuse.

  La consécration de l'église Saint-Gilles par le prince-évêque Albéron, en 1127, est le thème de cet autre tableau quadrilobé.

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Vues anciennes du monastère

liège,histoire de liège,histoires de liège,saint-gilles,plateau saint-gilles,abbaye,église romane  L'abbaye de Saint-Gilles remise en état après le saccage de 1568, perpétré par les troupes de Guillaume d’Orange-Nassau qui sont passées par Liège pour fuir l’armée du duc d’Albe traquant les calvinistes (enluminure d'un manuscrit de 1585-1586).

liège,histoire de liège,histoires de liège,saint-gilles,plateau saint-gilles,abbaye,église romane   L'abbaye (la flèche) sur le plan de Milheuser (1649). Elle est située au sommet de la chaussée Saint-Gilles (1), qui prend son départ au pont d'Avroy (2), lequel enjambe le bras de la Meuse devenu le boulevard de la Sauvenière (3). Repérons également la collégiale Saint-Jean (4), les remparts et la tour des Bégards (5), la collégiale Saint-Martin (6) – elle ne sera basilique qu'en 1886 – et l'abbaye bénédictine de Saint-Laurent (7).

liège,histoire de liège,histoires de liège,saint-gilles,plateau saint-gilles,abbaye,église romane   « Vue de l’Abbaye de Saint-Gilles prise du midy », gravure de Remacle Le Loup publiée dans les « Délices du Paï de Liége » de Pierre-Lambert de Saumery, l’un des plus beaux ouvrages imprimés du XVIIIe siècle. Le blason est celui de l’abbé Lambert Le Ruitte. Le monastère, à cette époque, connaît une opulence indéniable. Le verger de gauche préfigure l'actuel cimetière, et le long du mur passe aujourd'hui le boulevard Louis Hillier.

 

  À la fin du XVIIIème siècle, le nombre de chanoines réguliers ne cesse de diminuer, sans compter que la discipline religieuse connaît d’importants relâchements. En septembre 1785, l’abbé Laurent Chantraine et son chapitre adressent une supplique au pape Pie VI et au prince-évêque César-Constantin-François de Hoensbroeck ; ils demandent leur sécularisation et leur incorporation, avec leurs revenus, à la communauté de Saint-Jacques qui comporte moins de chanoines que les autres collégiales liégeoises. Leur requête est acceptée en février 1786. L’abbaye de Saint-Gilles est désertée après quelque sept siècles d’existence, son mobilier vendu aux enchères.

 À la suite du Concordat de 1801, l’ancienne église abbatiale reprend du service comme paroissiale. D’importants travaux sont nécessaires, de 1803 à 1807, pour transformer et remettre en état cet édifice désaffecté depuis dix-sept ans. Les autres bâtiments monacaux sont convertis en habitations.

 

liège,histoire de liège,histoires de liège,saint-gilles,plateau saint-gilles,abbaye,église romane  Gravure représentant l’église Saint-Gilles vers 1850. Le porche d’entrée est celui érigé dans la première moitié du XVIIIe siècle par l’abbé Lambert Le Ruitte, qui a transféré le chœur sous la voûte de la tour. Le chemin est l’actuelle rue baptisée « cour Saint-Gilles ». À gauche et à l’arrière-plan, on aperçoit ce qui reste des anciens bâtiments abbatiaux.

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  L’intérieur de l’église en 1886, avec le maître autel situé sous la voûte du clocher depuis le milieu des années 1730.




 Le grand crucifix suspendu, en chêne polychromé, date probablement du XIIIe siècle. La tradition rapporte qu’un soldat calviniste, en 1600, a transpercé la poitrine de ce Christ d’une balle de mousquet, et que l’iconoclaste est tombé raide mort en sortant de l’église.

  Cette oeuvre gothique a été restaurée en 1885 par l’artiste liégeois Jules Helbig (1821-1906), peintre et historien de l’art belge.

  Tout au long du XIXème siècle, l’église a souffert des affaissements de terrain que provoque dans les alentours l’exploitation intensive du sous-sol houiller.

  En 1891, commence un chantier colossal dans le but de restaurer et agrandir l'édifice. La conception du projet est confiée à l’architecte gantois Auguste Van Assche, bien connu à Liège pour les importantes restaurations qu’il a déjà effectuées à Saint-Jacques, Saint-Denis, Saint-Martin ou Saint-Christophe.




  Ci-contre, les démolitions au pied de la tour dès 1891, préparatoires à l’ajout d’une nef occidentale.
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liège,histoire de liège,histoires de liège,saint-gilles,plateau saint-gilles,abbaye,église romane  L'avancement des travaux vers 1893, avec une nef occidentale ajoutée et la nef orientale en cours de restauration (à sa droite, on remarque le chevet semi-circulaire du chœur, remis à sa place initiale). L'église entièrement rénovée sera reconsacrée le 28 mai 1894 par l'évêque de Liège Victor Joseph Doutreloux.

liège,histoire de liège,histoires de liège,saint-gilles,plateau saint-gilles,abbaye,église romane Depuis 1919, cette partie de la cour Saint-Gilles se présente comme une petite place publique.

   Depuis le tout début du XXe siècle, des religieuses françaises qui ont fui les lois anti-congréganistes en vigueur dans leur pays, sont installées dans les anciens bâtiments de l'abbaye bénédictine. Ce sont des sœurs de la Sainte-Famille du Sacré-Cœur, qui mènent une existence contemplative mais se consacrent aussi au catéchisme et aux œuvres paroissiales. Elles resteront là jusqu’en 1948, avant d’aller s’installer à Dinant.

liège,histoire de liège,histoires de liège,saint-gilles,plateau saint-gilles,abbaye,église romaneLe couvent des religieuses françaises en 1934.

 

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liège,histoire de liège,histoires de liège,saint-gilles,plateau saint-gilles,abbaye,église romaneAbandonnés en 1948, les bâtiments du couvent sont démolis à la fin des années 1950.

 

liège,histoire de liège,histoires de liège,saint-gilles,plateau saint-gilles,abbaye,église romane  Cette maison (cour Saint-Gilles n° 31, photo de 1955), affectée aux œuvres paroissiales, comporte des éléments de murs qui constituent des vestiges de l'ancien couvent.

liège,histoire de liège,histoires de liège,saint-gilles,plateau saint-gilles,abbaye,église romane  L'église Saint-Gilles et le couvent en 1949. La photo est prise de la fin du boulevard Gustave Kleyer, là où il est coupé par la rue Henri Maus (le boulevard Louis Hillier n'existe pas encore).

liège,histoire de liège,histoires de liège,saint-gilles,plateau saint-gilles,abbaye,église romaneL'église Saint-Gilles vue depuis la rue Henri Maus, pendant le percement, en 1967, du boulevard Louis Hillier.

12/01/2014

Le couvent de Sainte-Claire et la rue des Anglais

Rue des Anglais 2009.jpgLa rue des Anglais de nos jours.

placz Sainte-Claire 1880 lg rg.jpgLa petite place Sainte-Claire en 1882.

Les traits rouges permettent de comparer les deux vues.


  À l'emplacement de l'Académie royale des Beaux-Arts de Liège, il existait autrefois un couvent de Sœurs clarisses urbanistes (des religieuses de l'ordre de Sainte-Claire, mais suivant la règle adoucie par le pape Urbain IV).

  À l'époque de la deuxième photo, les bâtiments conventuels ont été convertis en logements, et l'église en magasin de tabac. L'arvau* qui coupe la rue donne accès à la rue des Anglais (plus courte donc que de nos jours) et à l'ancien couvent des Jésuites anglais, devenu un hôpital depuis 1880.

* En wallon liégeois, un arvô est un passage voûté. Passé dans le français régional, le mot s'est écrit « arvau », que d'aucuns voudraient transposer en « arveau ».

  L'aquarelle qui suit présente le même endroit :

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Milheuser 1649.jpg   Situons les lieux grâce au plan de Milheuser de 1649 : le couvent de Sainte-Claire (1), le couvent des Jésuites anglais (2), le couvent des Capucins (3), l'église Saint-Servais (4), la collégiale Sainte-Croix (5), la collégiale Saint-Pierre (6), la cathédrale Notre-Dame et Saint-Lambert (7).

 


  Établie « en Royal »* depuis 1488, la congrégation des religieuses de Sainte-Claire doit abandonner définitivement les lieux à la fin du XVIIIe, quand la propriété claustrale est vendue comme bien national sous le régime française, en 1797.

* C'est ainsi qu'on appelait autrefois la rue des Anglais.


La situation au XIXe siècle

Plan 1827.jpg  Identifions, sur ce plan de 1827, le couvent des Clarisses (1), la rue des Anglais (2) au-delà de l'arvau de la place Sainte-Claire (3), la ruelle Sainte-Claire (4), la rue Fond Saint-Servais (5), la rue Table de Pierre (6) et la rue Neuve (7). La rue Neuve deviendra la rue de Bruxelles en 1863, laquelle absorbera la rue Table de Pierre en 1877. Amusez-vous à comparer avec la vue aérienne qui suit (2009).

essai.jpg

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porche 1887.jpg  La place Sainte-Claire en 1887. Le porche surmonté d'une niche existe toujours (voir photos ci-dessous, la première en 2014, les deux autres dans les années 1960) ; il s'ouvre sur un escalier qui menait au couvent des Capucins.

Porche Capucins 2014.jpg

porche.jpg

escalier capucins.jpg

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Place Sainte-Claire 1880.jpg  La place Sainte-Claire en 1880. À gauche (hors dessin), commence la ruelle Sainte-Claire qui rejoint la rue Fond Saint-Servais. La photo qui suit présente approximativement le même endroit en 2006.

2006.jpg


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cour Ste-Claire.jpg  La cour intérieure de l'ancien couvent, dont les bâtiments sont devenus, à la fin du XIXe siècle, des logements donnés en location.

Travaux rue de Bruxelles 1880.jpg  Au cours des années 1870, le quartier est bouleversé par la création du chemin de fer de ceinture, travaux gigantesques qui nécessitent de nombreuses expropriations et démolitions. Les voiries avoisinantes sont rectifiées et élargies. C'est le cas pour la rue de Bruxelles, que l'on voit en plein chantier sur ce dessin de 1880. À l'arrière-plan, il s'agit de l'église de l'ancien couvent de Sainte-Claire. Tout dans le fond, on aperçoit un morceau de l'ancien couvent des Jésuites anglais.

 Les autorités communales ont acquis une grande partie des anciens terrains claustraux. En 1885, elles décident de prolonger la rue des Anglais jusqu'au Cadran au détriment de la place et de la ruelle Sainte-Claire.

  Les bâtiments de l'ancien couvent sont démolis en 1889 (en 1900 en ce qui concerne l'arvau). De 1892 à 1895, a lieu la construction de l'Académie royale des Beaux-Arts, selon les plans de Joseph Lousberg, architecte de la Ville.

rue des Anglais début XX.jpgLa rue des Anglais (à droite) à l'aube du XXe siècle.

Fond St-Servais 68.jpgPhoto de 1968. Dans le fond, la rue Fond Saint-Servais forme un « T » avec la rue des Anglais.

Fond St-Servais 2014.jpgLa même perspective en janvier 2014.

09/01/2014

Un site à recommander concernant l'histoire de Liège

logo Chockier.jpg

Une mine d'or de vues anciennes et renseignements historiques

 

www.chockier.com

11:28 Écrit par Claude WARZÉE dans Coups de cœur | Commentaires (2) |  Facebook |

07/01/2014

Sur les traces de la collégiale Saint-Pierre

liege,histoires de liège,histoire de liège,église saint-pierre,collégiale saint-pierre,rue saint-pierre,square notger,saint hubert,évêque hubert,remacle le loup,julius milheuser  La photo ci-dessus (d'André Drèze, « 100 vues aériennes d'une ville millénaire », 1980) nous montre la place Saint-Lambert et ses alentours en 1979, après les démolitions qui ont marqué la décennie. Intéressons-nous à la rue Saint-Pierre (la flèche), qui tire son nom d'une ancienne église collégiale située autrefois à l'emplacement de la croix.

liege,histoires de liège,histoire de liège,église saint-pierre,collégiale saint-pierre,rue saint-pierre,square notger,saint hubert,évêque hubert,remacle le loup,julius milheuser  Voici la jonction, avant les destructions, de la rue Saint-Pierre et de la rue de Bruxelles (à droite, il s'agit de la gare du Palais, bâtiment néogothique aujourd'hui disparu).

liege,histoires de liège,histoire de liège,église saint-pierre,collégiale saint-pierre,rue saint-pierre,square notger,saint hubert,évêque hubert,remacle le loup,julius milheuser  Le même endroit en 1954. La rue Saint-Pierre, pour descendre vers la rue de Bruxelles, contourne l'agréable square Notger (dont nous parlerons dans une autre note). Avant le réaménagement du site au milieu du XIXe siècle (nouvelle aile occidentale du palais), la butte Saint-Pierre couvrait cet espace, dominée par l'imposante collégiale éponyme.

liege,histoires de liège,histoire de liège,église saint-pierre,collégiale saint-pierre,rue saint-pierre,square notger,saint hubert,évêque hubert,remacle le loup,julius milheuser  Le cœur historique de Liège en 1649 (gravure de Julius MILHEUSER). La flèche désigne la collégiale Saint-Pierre, toute proche du palais des princes-évêques. Le dessin ne rend malheureusement pas compte de la dénivellation de terrain. À l'emplacement de l'actuelle place Saint-Lambert, trône la cathédrale Notre-Dame et Saint-Lambert, qui sera détruite dès 1794 à la suite des événements révolutionnaires de l'époque.

liege,histoires de liège,histoire de liège,église saint-pierre,collégiale saint-pierre,rue saint-pierre,square notger,saint hubert,évêque hubert,remacle le loup,julius milheuser  Dessin du peintre liégeois Englebert FISEN (1655-1733) : la collégiale Saint-Pierre à gauche de la cathédrale Saint-Lambert.

liege,histoires de liège,histoire de liège,église saint-pierre,collégiale saint-pierre,rue saint-pierre,square notger,saint hubert,évêque hubert,remacle le loup,julius milheuserLa collégiale Saint-Pïerre en 1737, gravure due à Remacle Le Loup.

  L'église que l'on voit sur ces documents des XVIIe et XVIIIe siècles n'est plus, bien sûr, le temple originel dont la fondation remonte au début du VIIIe siècle, quand Liège n’est qu’une humble bourgade mérovingienne.

  C'est à l’évêque Hubert, du diocèse de Tongres-Maastricht, qu'on attribue la construction, vers 712, au début de la colline boisée surplombant l’actuelle place Saint-Lambert, d’une église dédiée à saint Pierre, le principal apôtre du Christ. L’édifice et ses dépendances constituent un monastère bénédictin dont les moines proviennent de l’abbaye de Stavelot.

  À sa mort en 727, le prélat est inhumé dans l’église qu’il a fondée. Un siècle plus tard, sa dépouille est transférée dans le village ardennais d’Andage, qui prend le nom de Saint-Hubert. Le tableau qui suit, dû en 1437 au peintre primitif flamand Rogier Van der Weyden, représente l'exhumation du corps avant son déplacement.

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  Ravagée par les Normands en 881, l’église instaurée par saint Hubert est rebâtie en 922 par l’évêque Richaire, qui l'élève au rang de collégiale avec un chapitre de trente chanoines séculiers. Elle sera ensuite modifiée à diverses reprises, comme en 1185, après avoir subi des dommages à la suite de l’incendie de la cathédrale Saint-Lambert voisine.


La fin de la collégiale Saint-Pierre

liege,histoires de liège,histoire de liège,église saint-pierre,collégiale saint-pierre,rue saint-pierre,square notger,saint hubert,évêque hubert,remacle le loup,julius milheuser  Imaginons les lieux au début du XIXe siècle, en nous aidant de ce plan de 1810, quand Liège est le chef-lieu du département de l’Ourthe de l’empire français. À cette date, la colline où se situe la rue Saint-Pierre (1) se termine de façon quasi abrupte à quelques mètres à peine de l’aile occidentale du palais des princes-évêques déchus (2), aile qui ne présente absolument pas le même aspect qu’actuellement (nous en parlerons dans une autre note), et à laquelle est annexée une caserne de hussards (3). La collégiale Saint-Pierre (4) domine la butte, mais elle a subi les outrages réservés aux édifices religieux déclarés biens nationaux, tout comme l’église paroissiale Saint-Clément et Saint-Trond (5), désaffectée elle aussi.

  La rue Saint-Pierre se prolonge par la ruelle Saint-Clément (6), qui contourne la collégiale pour descendre vers la rue Derrière le Palais (7). Du promontoire, il faut emprunter les escaliers de la rue des Dégrés de Saint-Pierre (8) pour accéder en contre-bas à la rue des Mauvais-Chevaux (9) et aux ruines de la cathédrale Notre-Dame et Saint-Lambert (10).

liege,histoires de liège,histoire de liège,église saint-pierre,collégiale saint-pierre,rue saint-pierre,square notger,saint hubert,évêque hubert,remacle le loup,julius milheuser   Les ruines de la cathédrale Notre-Dame et Saint-Lambert au début du XIXe siècle. Dans le fond, on reconnaît le campanile du palais et à sa gauche le clocher de l’ancienne collégiale Saint-Pierre.

  Après le Concordat de 1801, qui réorganise les relations entre la religion et l’État, la collégiale Saint-Pierre ne figure pas au nombre des églises rendues au culte. Dépouillée de son mobilier et de ses ornements, dénudée de ses métaux, marbres et boiseries, que les acquéreurs ont arrachés sans ménagement, utilisée par la mairie comme entrepôt, elle présente un tel état de délabrement, fin 1810, qu’il est arrêté de la vendre à des fins de démolition. L’adjudication du chantier a lieu en mai 1811.

  Parallèlement, il est décidé de prolonger la rue Saint-Pierre à travers l’emplacement de l’église, pour la faire communiquer en pente douce avec la rue Derrière le Palais. Tous ces travaux vont durer bien plus longtemps que prévu et se poursuivre sous le régime hollandais.

liege,histoires de liège,histoire de liège,église saint-pierre,collégiale saint-pierre,rue saint-pierre,square notger,saint hubert,évêque hubert,remacle le loup,julius milheuser  Ce plan date de 1827, à l'époque du régime hollandais (1815-1830). La rue Saint-Pierre a été prolongée par un virage en pente (1) pour rejoindre la rue Derrière le Palais (2). La collégiale proprement dite est détruite, mais les cloîtres et dépendances subsisteront jusqu'en 1860. Une partie de ces bâtiments, depuis 1826, sert de manège et d'école d'équitation (3).



Le palais provincial vu de la butte Saint-Pierre, en 1982 et 2012

 

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06/01/2014

Vue de Liège au XVIIème siècle

La vue de Liège qui figure dans le bandeau de ce blog est extraite d'une gravure sur cuivre réalisée en 1627 par Julius Milheuser et publiée en 1649 par Johannes Blaeu.

Cliquez sur l'illustration ci-dessous pour l'ouvrir en meilleure résolution au format PDF :

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