22/03/2014

Le charbonnage Espérance et Bonne Fortune

clinique-esperance-montegnee.jpg   La clinique de l'Espérance de Montegnée (commune de Saint-Nicolas) fait partie du CHC, le Centre hospitalier chrétien dont trois sites, y compris celui-ci, vont prochainement déménager à Glain (commune de Liège) dans de toutes nouvelles installations.

  Cette clinique tient son nom de l'importante S.A. des Charbonnages Espérance et Bonne Fortune, société qui l'a fondée en 1907 pour soigner les mineurs accidentés. Le bâtiment que l'on voit sur la photo ci-dessus date de 1957. Au départ, le dispensaire est établi dans une simple maison d'habitation, à laquelle sera jointe en 1909 une salle d'hospitalisation de douze lits. Le service acquiert une grande notoriété et finit par s'ouvrir aux travailleurs d'autres entreprises et à la population environnante.

  La Société anonyme des Charbonnages Espérance et Bonne Fortune est née en 1875 de la fusion entre la Société charbonnière de l'Espérance et celle de Bonne Fortune (dont nous ne traiterons pas dans cet article). À l'aube du XXe siècle, l'ensemble des concessions s'étend sur près de 500 hectares, sous les localités de Montegnée, Saint-Nicolas, Glain, Ans, Loncin, Grâce-Berleur, Hollogne.

plan-mines-liege-1923.jpgLes charbonnages liégeois en 1923 (carte du service géologique de Wallonie).

histoire de liège,histoires de liège,charbonnages,houillères,charbonnage espérance bonne fortune,patience et beaujonc,glain,montegnée,saint-nicolas,burenville,bure aux femmes,bure aux choux  Cette vue aérienne de 1947 permet de situer le siège Montegnée (1) et le terril (2) du charbonnage de l'Espérance, ainsi que son siège dit « Saint-Nicolas » (3) près de Burenville. Deux autres houillères sont également visibles : la bure aux femmes du charbonnage Patience et Beaujonc à Glain (4) (le terrain où l'on va construire le nouvel hôpital du CHC) et le charbonnage de l'Aumonier à Burenville (5) (à l'emplacement de l'actuel garage Renault de la rue de Mons).

  Retrouvez toutes ces implantations sur le plan qui suit, que vous pouvez agrandir en cliquant dessus (plan extrait de « Liège en poche », paru aux éditions de Rouck au début des années 1960) :
plan_de rouck_debut annees 1960.jpg

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charonnage_esperance-montegnee-debut_XX.jpgLe siège Montegnée de la houillère de l'Espérance, en 1913.

impasse_esperance-charbonnage-montegnee-debut_XX.jpg  L'entrée du siège Montegnée de l'Espérance au début du XXe siècle, à la fois siège administratif et d'exploitation. Ci-dessous, l'actuelle impasse de l'Espérance, fermée par une grille qui donne sur un terrain en friche :
impasse-esperance-montegnee-2014.jpg

impasse_esperance-montegnee-1972.jpg  Le même endroit en 1972, un an avant la fermeture définitive du charbonnage, dont on voit ci-dessous les installations dans les années 1950 :
charbonnage_esperance montegnee-siege principal-1950.jpg

rue_adolphe_renson-charbonnage_esperance-montegnee-1972.jpg   Le siège Montegnée de l'Espérance vu depuis la rue Adoplhe Renson en 1972. Ci-dessous, le même endroit de nos jours :
rue adolphe renson_montegnee-2014.jpg

 

charbonnahe_esperance-montegnee-demolition_1977.jpgLe site de l'Espérance en 1977, abandonné et prêt pour le dynamitage définitif (voir ci-dessous) :esperance-montegnee-demolition_1977.jpg

site_esperance_montegnee_2014.jpg          Le site Montegnée en 2014, photographié depuis la grille qui ferme l'impasse de l'Espérance.

                                                                           .  .  .  .  .

charbonnage_esperance st-nicolas-1913.jpg   Depuis 1884 (la vue ci-dessus date de 1913), le charbonnage de l'Espérance exploite un nouveau puits le long de la voie ferrée Ans-Flémalle ; il est répertorié sur les cartes comme le siège « Saint-Nicolas » de l'Espérance, bien qu'il se trouve sur le territoire liégeois, aux confins de Liège, Glain, Montegnée et Saint-Nicolas*.
* avant la fusion des communes de 1976.

  Ce site d'exploitation est mieux connu sous le surnom de « beur al djote », la « bure aux choux », car les mineurs s'y plaignaient de la friabilité des couches de charbon, qui éclataient comme des choux pris par la gelée.

charbonnage_esperance saint-nicolas_1975.jpg   La « beur al djote » un an après sa fermeture en 1974, vue depuis le pont de la rue Saint-Nicolas. Ci-dessous, l'ancienne tranchée du chemin de fer en 2008 :
tranchee ancien chemin de fer_charbonnage_esperance_2008.jpg

pont st-nicolas-2008.jpg   Le pont de la rue Saint-Nicolas en 2008, pendant la construction de l'immeuble à usage mixte à l'angle de la rue des Noyers.

charbonnage_esperance saint-nicolas_rue delchef-1972.jpg   Le siège « Saint-Nicolas » de l'Espérance en 1972, vu de la rue Delchef. Ci-dessous, ce que cet endroit est devenu après la disparition des activités minières (photo de 2014) :
rue delchef-liege- 2014.jpg

 

 

charbonnage_esperance saint-nicolas_vue cour.jpgLe siège Saint-Nicolas du charbonnage de l'Espérance.

charbonnage_esperance st-nicolas-tremie-rue en glain-1972.jpgLe pont-roulant.

esperance_st-nicolas-wagonnets.jpgLes wagonnets sortant du puits.

esperance_st-nicolas-machinerie belle-fleur.jpg   La machinerie d'une belle-fleur (surnom donné au chevalement à molettes, la structure qui sert à descendre et remonter les mineurs et le minerai, via une cage d'ascenseur).

 

charbonnage_esperance saint-nicolas_rue de l'esperance-rue en bois-1971.jpg   L'entrée, en 1971, à l'intersection de la rue de l'Espérance et de la rue en Bois (cette dernière a été coupée en deux à la fin des années 1960 par la construction de l’autoroute, et ce tronçon est devenu la rue de Montegnée). Ci-dessous, le même endroit en 2014 :
rue de montegnee-liege-2014.jpg                                À gauche, un ravel (L210) a remplacé la ligne de chemin de fer.

charbonnage_esperance st-nicolas-pont cite des moulins.jpgLa houillère vue depuis la rue André Winands.

charbonnage_esperance st-nicolas-rue en glain-1972.jpg   En 1972, depuis le pont enjambant le chemin de fer. Ci-dessous en 2014, avec le ravel et la végétation qui a repris ses droits :
ravel_montegnee_2014.jpg

 

charbonnage_esperance st-nicolas- rue de l'esperance_liege_1982.jpgUne autre entrée rue de l'Espérance, devenue ce qui suit :rue de l'esperance-liege-2014.jpg 

La « bure aux choux » a fermé en 1974, mais les installations sont restées à l'abandon un peu plus de dix ans. Les deux photos qui suivent ont été prises en 1982 ; chacune est accompagnée de la vue correspondante en 2014 :
charbonnage_esperance st-nicolas-voie ferree_1982.jpg

ravel_montegnee_glain_2014.jpg

charbonnage_esperance st-nicolas-rue des hotteuses_1982.jpg

rue des hotteuses-liege-2014.jpg

charonnage_esperance st-nicolas-belle_fleur.jpg   Ce chevalement du siège de l'Espérance Saint-Nicolas sera la dernière belle-fleur métallique de la région liégeoise ; elle sera détruite en 1985 :
belle-fleur_esperance st-nicolas-1985.jpg

 

vestiges-charonnage_esperance-2012.jpgDes vestiges du charbonnage toujours visibles dans le terrain en friche.

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  Au début de cet article, il a été fait mention du déménagement à Glain de certains services du CHC. Le nouvel hôpital sera construit sur le site « Bure aux femmes » de l'ancien charbonnage Patience et Beaujonc, que voici :
charbonnage_petience-beaujonc-bure aux femmes-glain.jpg

site patience beaujonc-cheminee-2014.jpgLe site Patience et Beaujonc de nos jours.


Liens de référence :

http://users.skynet.be/claude.warzee/saint-nicolas/index.htm

http://books.google.be/books?id=9K39b37jn0QC&pg=PA169&lpg=PA169&dq=de+bruyn+andre+charbonnage+esp%C3%A9rance+bonne+fortune&source=bl&ots=hwOgiZfvRU&sig=IdmGSBfdhgIPppwOgOGVhup2f_M&hl=fr&sa=X&ei=x4UtU625Jcyg7AbT_oDYBg&ved=0CEQQ6AEwBA#v=onepage&q=de%20bruyn%20andre%20charbonnage%20esp%C3%A9rance%20bonne%20fortune&f=false

http://www.chc.be/files/files/ESPhist.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_anonyme_des_Charbonnages_de_l%27Esp%C3%A9rance_et_Bonne-Fortune

 

 

 

 

13/03/2014

L'ancienne place Verte (devenue place Foch en 1919)

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtelSituation de cette place sur un plan des années 1960.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   La place Saint-Lambert au début des années 1970, avec la place du maréchal Foch délimitée par le pourtour rouge. Ci-dessous, l'état des lieux de nos jours :
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À l'époque de la place Verte


histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel                      Gravure de Julius Milheuser, publiée en 1649 à Amsterdam par Johannes Blaeu.

   L'ancestrale place Verte (1) est autrefois un terre-plein surélevé que délimite une bordure de pierre. Elle doit son appellation aux rangées d'arbres qui y sont plantés, petite osasis de verdure au cœur même de la Cité, à deux pas de la cathédrale Saint-Lambert (2)*. De l'autre côté, elle fermée par les bâtiments de l'Official (3)**, qui la séparent de la place aux Chevaux (4)***.

* Cette impressionnante cathédrale sera détruite à la suite des événements révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle.

** Le terme « Official », sous l'Ancien Régime, désigne un magistrat ecclésiastique et la cour de justice qui relève de son autorité.

*** La place aux Chevaux est devenue la place de la République française ; elle borde à l'époque un des bras de la Meuse (voir aussi http://users.belgacom.net/cwarzee/opera/index.htm).

 

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   Cette gravure nous reporte au milieu du XIXe siècle. Dans le fond, on aperçoit les tilleuls de la place Verte. Celle-ci constitue, sous le règne de Léopold 1er, un haut lieu aristocratique connu pour ses prestigieux hôtels particuliers.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   Au cours du XIXe siècle, les anciens bâtiments de l'Official sont vendus, transformés, réaffectés, puis finalement démolis. Après 1863, c'est l'établissement de ventes publiques présenté sur le document ci-dessus qui sépare la place Verte du quartier du théâtre créé quelque quarante-cinq ans plus tôt.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel  La salle de ventes est démolie en 1881 pour être remplacée par une bâtisse monumentale conçue par l'architecte Hubert Bernimolin. Destiné à devenir un hôtel, le nouvel immeuble est luxueux et extravagant. Aristide Cralle, son propriétaire, cherche visiblement à attirer sur lui toute l'attention publique.

   En 1882, alors que le bâtiment est toujours en construction, on transforme la place Verte : on élargit la voirie devant le futur hôtel, abaisse le niveau du terre-plein et abat les arbres qui justifiaient l'appellation du lieu ! Ne subsiste désormais qu'une pelouse entourée d'un large trottoir asphalté.

   Ruiné par sa folie des grandeurs, Aristide Cralle se suicide en 1885. Vendu, son immeuble est mis en location et connaîtra plusieurs affectations avant d'être connu, dès 1900, sous le nom d'Hôtel Continental, avec au rez-de-chaussée un café-restaurant appelé la Taverne Grüber.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   La place Verte qui ne l'est plus du tout, au tout début du XXe siècle. Ci-dessous, dans le cadre rouge, le même endroit en 2006 :
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histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   La place Verte à l'époque de Léopold II (fin de règne à sa mort en 1909). Inauguré en 1891, « Au Phare » (l'établissement au store rayé blanc et rouge) est un café-restaurant élégant, justifiant son appellation par une lanterne à feu tournant située sur le toit, au-dessus du fronton triangulaire. L'intérieur présente un site enchanteur de grottes et rochers, avec un étang rempli de poissons rouges et des tables en marbre. Autres attractions : vingt-cinq billards, des bals et concerts, puis même des séances cinématographiques...

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   À gauche du Phare, l'ancien hôtel de Méan (remontant à 1622) est devenu « La Populaire » en 1894, maison du peuple créée par le POB (parti ouvrier belge, ancêtre du PS).

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtelLors de manifestations sociales au début du XXe siècle.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtelCi-dessus, la place Saint-Lambert et la place Verte vers 1900 ; ci-dessous, la même perspective en 2000 :histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel

 

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   Découvrons la place Verte dans l'autre sens. La voici à la fin du XIXe siècle. Le bâtiment marqué d'une flèche (là où commence la place Saint-Lambert) est le Grand Bazar fondé en 1885 par Auguste Tiriard. À droite de la photo, il s'agit d'un autre grand magasin, d'abord appelé « À la place Verte », ouvert là en 1881 par François Vaxelaire et Jeanne Claes, les propriétaires du Bon Marché de Bruxelles.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   En 1904, le Grand Bazar s'agrandit dans l'immeuble situé à sa gauche, un hôtel particulier conçu en 1853 par l'architecte Jean-Pierre Cluysenaer, qui s'est inspirée du palais des Procuraties de Venise. Le bâtiment d'origine a été démoli ; il sera reconstruit dans le style néo-Renaissance de l'ensemble. Sur la gauche de la photo, c'est le Grand Hôtel.


                                                   À l'époque de la place Foch

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   En 1919, la place Verte devient la place du maréchal Foch, Liège honorant ainsi le vainqueur de la « Grande Guerre »*. Un monument de la Victoire trônera quelque temps en son centre.

* La rue à gauche de l'Hôtel Continental (là où se trouve actuellement la Fnac) prend, elle, le nom de Joseph Joffre, artisan de la victoire alliée lors de la bataille de la Marne.

 

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   Sur cette vue de la fin des années 1930, l'ancien Hôtel Continental porte l'enseigne « SARMA » (acronyme de Société anonyme pour la revente d'articles de masse). Cette chaîne de grands magasins s'est installée là en 1933 et a d'abord entrepris des travaux pour adapter le bâtiment à sa nouvelle affectation.

 

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   Ci-dessus, la place Foch vers 1920. En 1923, le Grand Hôtel cessera ses activités pour faire place à un magasin de l'Union Coopérative.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtelEn 1959, le « Phare » sera transformé en grand magasin. L'immeuble d'origine laissera la place à un bâtiment plus moderne en béton, et le commerce occupera aussi les locaux de l'ancien Grand Hôtel.


histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   À l'avant-plan, la place Foch dans les années 1930. Ci-dessous, le même endroit dans les années 1950, puis dans la première partie des années 1970 :
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Dans l'autre sens en 1974 :

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histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtelPhoto de 1972. À droite du Sarma : la rue de l'Official qui masque la petite place Saint-Michel.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel  Le même endroit trois ans plus tard, dans le cadre des démolitions qui saccagent la place Saint-Lambert et ses environs :
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histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtelLe Sarma en novembre 1976. Il sera démoli en 1982 (dia ci-dessous) :histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtelL'espace « libéré » par les démolitions restera pendant des années un terrain vague servant de parking.

Lien vers d'autres photos de la destruction du Sarma : http://lavilledeliegeetcesquartiers.blogspot.be/2012/03/d....

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel  Son implantation d'origine n'existant plus, l'enseigne Sarma a déménagé dans les bâtiments abandonnés par le mythique Grand Bazar, qui a cessé ses activités en juin 1977.


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histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   Depuis 1999, le nom de « place Verte », en souvenir du passé, a été attribué à ce petit espace du quartier Opéra, au pied de la rue Haute-Sauvenière.

07/03/2014

Aménagement du Cadran : l'espace Saint-Séverin

cadran-liege-projet_altiplan-2014.jpg   La presse vient d'annoncer la construction d'un immeuble de standing sur l'un des terrains vagues du Cadran, entre les rues Saint-Séverin et Léon Mignon :
cadran-liege-chantier_2014.jpg
cadran-liege-futur_espace_saint-severin_2014.jpg   L'école mise en évidence sur cette photo est un des sites du Centre d'enseignement secondaire Léon Mignon. Elle porte le nom du sculpteur belge (Liège 1847 – Schaerbeek 1898) qui s'est notamment rendu célèbre par sa statue « Le dompteur de taureau » (Li torè), installée aux Terrasses depuis 1881.

leon_mignon-liege-debut_XXe.jpgL'école d'armurerie Léon Mignon au tout début du XXe siècle ▲ et à la fin des années 1970 ▼histoire de liège,histoires de liège,cadran,saint-séverin,espace saint-severin,bons enfants,leon mignon,gare du palais,rue de bruxelles

 

cadran-bons_enfants-liege-2014.jpg   À l'emplacement désigné par le rectangle rouge, existaient naguère les bâtiments que l'on voit sur la photo suivante, bâtiments précédés de la petite place des Bons Enfants :
cadran-saint_severin-leon_mignon-liege-1978.jpg  La place des Bons Enfants avant les démolitions de la fin des années 1970. Revoyons la situation des lieux sur un plan d'époque :
plan-cadran-liege-1960.jpg   Le cercle désigne l'emplacement où va s'élever bientôt l'espace Saint-Séverin (dans 15 à 18 mois, promet-on). 1 = l'ancienne place des Bons Enfants / 2 = la rue Léon Mignon / 3 = la rue Saint-Séverin.

cadran-bons_enfants-liege-1975.jpgLa rue Léon Mignon et la place du Cadran (la flèche) en 1975. Ci-dessous, dans l'autre sens :cadran-bons_enfants-leon_mignon-liege-1975.jpg

cadran-google_maps-2009.jpgLe même endroit en 2009.

 

rue_de_bruxelles-cadran-liege-1974.jpg   Dès 1974, le site ferroviaire de la gare du Palais va subir une totale métamorphose, avec l'électrification de la ligne, la mise à quatre voies des quais et la destruction de la station de 1905 au profit d'une infrastructure souterraine. Pour favoriser l'accès routier à la place Saint-Lambert, qui se prépare elle aussi à une profonde mutation, les immeubles de la rue de Bruxelles et du Cadran seront détruits de 1977 à 1979.

gare_du_palais-liege-1982.jpg   Dia personnelle du tout début des années 1980. Tous les immeubles de la rue de Bruxelles ont été rasés, ainsi que les buildings du Cadran. C'est à l'emplacement du rectangle rouge, sur la droite de la photo, que s'élèvera prochainement l'espace Saint-Séverin.

cadran-liege-chantier_gare_palais-1980.jpg   Le tunnel ferroviaire sous l'ancienne place des Bons Enfants (photo de 1980). Ci-dessous, l'aspect de cet endroit du Cadran au terme de ce chantier :
cadran-liege-1996.jpg

cadran-bons_enfants-chantier-tunnel_ferroviaire-1999.jpg   Un nouveau chantier éventre le Cadran en 1999-2000. À droite, il s'agit du tunnel de chemin de fer passant sous le terrain du futur espace Saint-Séverin.

 *  *  *  *  *


Vues complémentaires concernant l'avancement du chantier de l'espace Saint-Séverin :histoire de liège,histoires de liège,cadran,saint-séverin,espace saint-severin,bons enfants,leon mignon,gare du palais,rue de bruxelleshistoire de liège,histoires de liège,cadran,saint-séverin,espace saint-severin,bons enfants,leon mignon,gare du palais,rue de bruxelleshistoire de liège,histoires de liège,cadran,saint-séverin,espace saint-severin,bons enfants,leon mignon,gare du palais,rue de bruxelles



03/03/2014

Mes deux livres chez Noir Dessin Production

Cliquez sur les couvertures pour accéder à davantage de renseignements
et découvrir des extraits des livres :


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L'histoire d'anciens bras de la Meuse devenus grands boulevards.

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Une promenade historique le long des boulevards Kleyer, Hillier et Sainte-Beuve.

02/03/2014

Le charbonnage de La Haye (Saint-Gilles et Laveu)

    En 1819, la société minière de La Haye* abandonne la fosse du Bois Mayette et continue d’exploiter le sous-sol à partir d’un autre siège situé sur le dessus de la rue Saint-Gilles, près de la rue Chauve-Souris (un ancien puits dit « bure du Procureur » qui prend désormais l'appellation de « Nouvelle-Haye »).
* Cette société tire son nom de « Haie Sanctus », le lieu-dit de la première implantation de la houillère.

   Les maîtres de La Haye s’emploient à moderniser l’équipement, mettant à profit les progrès réalisés en matière de mécanique et de machinerie à vapeur. L’entreprise connaît un essor prodigieux. En 1838, elle absorbe le site rival du Champay.

houillere-la_haye-saint_gilles-liege-1840.jpg   La ville de Liège vue en 1840 depuis les hauteurs de Saint-Gilles, œuvre du lithographe français Édouard Hostein (1804-1889). À l’avant-plan droit, l’artiste a représenté les installations de la houillère de La Haye. Ces bâtiments dissimulent le terril de coteau qui descend jusqu’au quartier du Laveu.


En 1857, trois ans avant sa constitution en société anonyme, le charbonnage est en pleine prospérité. Une annexe est créée au Bas-Laveu pour servir au triage et au lavage de la houille. Au siège d’extraction saint-gillois, on creuse un puits de service au fond duquel commence un long tunnel débouchant dans la vallée, au niveau de l’actuelle rue Louis Boumal*.
* poète et militant wallon (1890-1918).

charbonnage-la_haye-saint_gilles-liege.jpg   Le charbonnage de La Haye au début du XXe siècle, dominant la ville de Liège et particulièrement le quartier du Laveu.

charbonnage-la_laye-paire_laveu.jpg   La paire du Laveu à l’aube du XXe siècle, à proximité de la gare des Guillemins. De nos jours, sont établis là un supermarché et un grand magasin de bricolage.

  
Monsieur Louis Motoul, un habitant du quartier, m'a fait parvenir les commentaires suivants: « En haut à droite, ce sont les maisons de la rue du Laveu (1). Devant elles, s'étire le mur d'enceinte du charbonnage (2), avec une entrée en face du café qui existe toujours et qui s'appelle "La belle équipe" depuis pas mal de temps. Le bâtiment au toit à quatre pans abritait l'administration de la houillère. En bas à gauche, on aperçoit les terrains où passe aujourd'hui la rue Louis Boumal ».

 

charbonnage-la_haye-saint_gilles-laveu.jpg  Le quartier du Laveu au début du XXe siècle, avec ses serres et cultures maraîchères, ainsi que l’orphelinat Saint-Jean-Berchmans de la rue des Wallons, géré par des Salésiens depuis 1891 (l’actuel centre scolaire Don Bosco).


  Pendant une soixantaine d'années, la houillère a répandu ses résidus miniers sur le versant de la colline (la flèche sur la vue ci-dessus). Mais le 5 mai 1881, d'énormes masses de déblais s'effondrent sur la rue du Haut-Laveu (aujourd’hui rue Henri Maus), renversant quelques arbres et maisons. Les autorités communales liégeoises interdisent désormais tout déversement sur ce terril de coteau.

  Un petit chemin de fer Decauville est alors aménagé pour acheminer les résidus vers le terril Piron que la société de La Haye possède au Bois Saint-Gilles.

plan-voie ferree-la_haye-piron.jpg   Ce plan nous reporte à la charnière des XIXe et XXe siècles. Outre les renseignements déjà inscrits, notons le site principal du charbonnage de La Haye (1), le futur boulevard Kleyer (2), l’allée des Grands Champs (3), le sentier qui deviendra la rue de la Houillère en 1910 (4) et le terril Piron (5). Le trait sinueux indiqué par la flèche représente la voie ferrée empruntée par les wagonnets qui font la navette entre les deux sièges du charbonnage.

 

charbonnage-la_haye-saint_gilles-1908.jpgLe siège d'extraction de La Haye au sommet de la rue Saint-Gilles. Idem ci-dessous :charbonnage_la haye-saint_gilles_1911.jpg

 

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Des mineurs de la houillère La Haye en 1893.

charbonnahe-la_haye-cite_ouvriere-saint_gilles-liege.jpg  Le siège d'extraction de la rue Saint-Gilles vu depuis la rue Saint-Laurent. La construction des maisons ouvrières que l'on voit sur la gauche a été initiée par la direction de la houillère, soucieuse de loger les mineurs à proximité des puits. Ces habitations ont aujourd’hui disparu, elles étaient accessibles par un chemin qui s'ouvrait rue de La Haye. Ci-dessous, ce qui subsiste de ce chemin :
rue_la_haye-liege-2013.jpg

 

eglise saint-gilles-liege-début_XXe.jpg   Voici l'église Saint-Gilles au début du XXe siècle, en grande partie masquée par les bâtiments de l'ancienne abbaye (voir autre note consacrée à ce sujet). Les flèches symbolisent un petit sentier appelé le chemin des Patients (du latin « patiens », « qui souffre », car c'est par là que les condamnés à mort étaient autrefois conduits au gibet des Grands Champs). De 1882 à 1930, le charbonnage de La Haye y a fait passer la voie de chemin de fer qui reliait ses deux implantations. Ci-dessous, le même endroit en 2006 :
boulevard_hillier_liege.jpg

wagonnets-charbonnage-la_haye-saint_gilles-liege-1929.jpg   La voie ferrée dans les années 1920. Les enfants déjouaient la surveillance des gardes et s’amusaient à sauter sur les wagonnets en marche.

terril-piron-grands_champs-saint_nicolas-1953.jpg   Le terril Piron en 1953, vu depuis le fond de la rue Bois Saint-Gilles. De ce côté, ce terril de coteau présente des versants abrupts ; au niveau du boulevard Kleyer et des Grands Champs, il se fond dans le paysage parce qu’il présente l’aspect d’un plateau contigu, comme le montre la photo qui suit :
terril_piron_saint-nicolas.jpg

charbonnage-la_haye-piron-1927.jpg   Le site Piron du charbonnage de La Haye en 1927, trois ans avant sa fermeture, entre les actuelles rues de la Houillère et de la Justice. Ci-après, deux vues qui témoignent de l'évolution du lieu, la première datant de 1949, la seconde de 1970 :
charbonnage-ja_haye-piron-vestiges_1949.jpg

charbonnage-piron-vestiges_1970.jpg

 

Revenons-en au siège d'extraction du haut de la rue Saint-Gilles. Au lendemain de la première guerre mondiale, un transporteur aérien métallique est mis en service pour acheminer le charbon du siège vers la station de triage-lavage du Laveu. Opérationnelle jour et nuit, cette bruyante passerelle mécanisée franchit la rue Henri Maus et surplombe une partie du quartier.

charbonnage-la_haye_plan_transportreur_aerien.jpg1 = la rue Saint-Laurent / 2 = la rue Saint-Gilles / 3 = la cité minière aujourd'hui disparue / 4 = la rue de La Haye 5 = le siège d'extraction du charbonnage La Haye / 6 = le transporteur aérien en direction de Bas-Laveu.

charbonnage-la_haye-transporteur-saint_gilles-laveu-1930.jpg  Vue du transporteur aérien en 1930. La société de La Haye, dans la troisième décennie du XXe siècle, est contrainte à de lourds investissements pour améliorer sa productivité et assurer sa survie. Sur la paire du Laveu, une station plus performante de triage-lavage a été construite en 1927. Les deux photos suivantes remontent à la construction de ces nouvelles installations :

charbonnage-la_haye_laveu_1927.jpg

charbonnage-la_haye-triage-lavage-laveu-1927.jpg
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Le charbonnage de La Haye a aussi utilisé un terril de coteau à la hauteur de la rue Boulboul (devenue en 1946 la rue Bel Horizon). Ce crassier est indiqué d'une flèche sur les deux vues qui suivent, la première prise en 1959 depuis le boulevard Kleyer (à la hauteur de la rue du Laveu), la seconde prise en 1968 depuis le haut de la rue Henri Maus (près de la rue Chauve-Souris).

terril-la_haye-bel_horizon-saint_gilles-1959.jpg

terril-charbonnage-la_haye_saint-gilles_1968.jpg

  Ci-dessous, la même vue en 2012 :residence-terrasses_saint-gilles_decembre_2012.jpg

 

chemin-boulboul-bel_horizon-saint_gilles-1921.jpg   La rue Boulboul (du nom d'une ancienne famille de propriétaires terriens et patrons charbonniers) se poursuivait autrefois par un sentier éponyme qui descendait à flanc de terril vers le Laveu fort champêtre.

terril-la_haye-bel_horizon-saint_gilles-1968.jpg   En bordure du boulevard Kleyer, ce plateau à la végétation sauvage est le dessus du terril en 1968. Quelques années plus tard, la Ville y aménagera un dépôt de matériaux de voirie et une plaine de jeux. Celle-ci se caractérisera par un terrain de football en brique pilée rouge, utilisé tout un temps par le club EY Liège et aujourd’hui à l’abandon. Sur ce site, seul le skate park attire quelques groupes de jeunes.


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   Dès les années 1920, en dépit d’une rationalisation des frais généraux, la société de La Haye connaît une récession. Les puits d’extraction ont été approfondis, mais les couches atteintes se révèlent difficiles à exploiter et n’apportent guère le rendement escompté. Une crise aiguë affecte en outre le secteur charbonnier, à cause des nouvelles charges imposées par la législation et de la concurrence d’autres productions meilleur marché, comme les charbons campinois et allemands.

  Pour tenter de résister à cette crise, les charbonnages de la région fusionnent. La Haye s’associe avec le Horloz de Tilleur en avril 1930, puis ce nouveau groupe s’unit au Gosson de Montegnée-Jemeppe en janvier 1931. Les conditions d’exploitation à Saint-Gilles continuant de coûter trop cher, le siège du Piron ferme dès décembre 1930 ; ceux de Saint-Gilles et du Laveu suivent en août 1934.

rue_henri_maus-liege-dessin_photo-1966.jpg   Le dessin représente le haut de la rue Henri Maus au tout début du XXe siècle, avec le charbonnage de La Haye à l'arrière-plan. Sur la photo de 1966, la flèche indique l'endroit où va bientôt s'élever le premier building d'un vaste projet immobilier.

chauve-souris-chantier_amelinckx-sept_1966.jpg   À l’arrière de la rue Chauve-Souris, le terrain de l’ancienne houillère est longtemps resté à l’abandon. Il est acheté en 1965 par la société immobilière Amelinckx, qui projette d’y construire un complexe d’ immeubles à appartements, intégré dans un environnement de verdure. Telle est l’origine des résidences Plein Vent et Chantebrise. Cette photo a été prise en 1966 lors des premiers travaux de fondation.

 

residences_plein vent_chantebrise_saint-gilles-liege.jpgÀ gauche, la résidence Plein Vent. À droite, la résidence Chantebrise.

site-charbonnage-la_haye_abandon-1968.jpg   Le site de l’ancienne houillère de La Haye en 1968, photographié depuis la résidence Plein Vent en cours de construction. Ci-dessous, la même perspective de nos jours. La résidence Chantebrise a été érigé dès 1977. Haute de quarante-deux mètres, elle est le plus imposant des deux buildings Amelinckx.residence_chantebrise_saint-gilles_liege.jpg

 
Les vues anciennes qui ne mentionnent pas une source particulière proviennent du Centre multimédia
Don Bosco (Laveu). Les plans d'époque m'ont été fournis par Jean-Claude JACOBS.
Les photos couleurs contemporaines sont de moi.