18/06/2016

La rue et la place des Bons Enfants

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La rue des Bons Enfants en 2016.


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Plan actuel de Liège. Le trait rouge représente la rue des Bons Enfants.


plan 1649.jpg  La configuration des lieux en 1649 (gravure de Julius Milheuser), avec le couvent des Bons Enfants (1), proche de l'église Saint-Hubert (2). Autres points de repère : la collégiale Sainte-Croix (3), le couvent Sainte-Claire (4), l'église Saint-Séverin (5), la collégiale Saint-Martin (6), la bras de la Meuse devenu le boulevard de la Sauvenière (7), la collégiale Saint-Jean (8) et la place aux Chevaux devenue la place de la République française (9).

 
* * * * *

 
  La rue des Bons Enfants et la place y attenant tirent leur nom d'un couvent établi là autrefois.


  Petite histoire du couvent des Bons Enfants

 
  Sources :

  - Théodore GOBERT, Liège à travers les âges : les rues de Liège, Culture et Civilisation, Bruxelles, édition 1975-78.

  - Léon HALKIN, La Maison des Bons-Enfants, bulletin de l'Institut archéologique liégeois, tome LXIV, 1940.

  
  Décédée en 1231, Élisabeth de Thuringe est canonisée en 1235. Une de ses filles, duchesse de Brabant*, lui dédie une chapelle qu'elle fait construire à Liège vers 1245, à proximité de l'église paroissiale Saint-Hubert**. Elle y annexe un hôpital pour les pauvres et un prieuré de chanoines réguliers de Saint-Augustin.

* Sophie de Thuringe a épousé en 1240 le duc Henri II de Brabant, lequel se réconciliera avec le prince-évêque liégeois Robert de Thourotte et conclura avec lui un traité d'alliance en 1244.
** Cette église n'existe plus ; elle se trouvait à la jonction des actuelles rues Saint-Hubert et Mont Saint-Martin.


  L'hôpital Sainte-Élisabeth tombe rapidement en décadence : les biens de l'institution ont été dilapidés, et l'immoralité des gens qu'on y assiste a fini par gagner les religieux. Les mœurs se sont relâchées, et l'établissement est devenu un lieu de débauche.

  Le prince-évêque Henri de Gueldre (de 1247 à 1274) prend les mesures nécessaire pour rétablir la règle monastique et transforme l'hôpital Sainte-Élisabeth en Maison des Bons Enfants, destinée à héberger, nourrir et éduquer de jeunes indigents jusqu’à leur puberté.

  À la fin du XIVe ou début du XVe siècle (la date est incertaine), la Maison Sainte-Élisabeth est confiée aux Frères de la Vie commune. Ceux-ci doivent veiller, sous le « joug monastique », au bien-être matériel et à la formation spirituelle des jeunes élèves qu'ils admettent comme pensionnaires*.

* La Maison des Bons Enfants est en réalité un pensionnat, dont les bénéficiaires vont recevoir l'instruction dans une école du voisinage. Les religieux aident toutefois les écoliers à répéter leurs leçons.

 
Mais les mœurs se relâchent à nouveau ! Cette mauvaise réputation fait fuir les pensionnaires. Les prieurs ont des concubines ; ils n'hésitent pas, pour l'argent, à transformer le couvent en tripot, où l'on se livre aux plaisirs du jeu, de l'ivrognerie et du sexe.

  Une nouvelle fois, l'autorité épiscopale se voit obligée d'intervenir avec la plus grande énergie. Le prince-évêque Jean de Heinsberg, en 1424, décide de réformer le couvent. Comme il veut y réintroduire des chanoines réguliers de Saint-Augustin, il fait appel à l'établissement de Bethléem, près de Louvain, d'où arrive en 1428 le chanoine Olivier de Champs, chargé de mener à bien cette mission d'épuration et de réorganisation.

  Le couvent réformé conserve son appellation de Maison des Bons Enfants, mais il ne redevient pas un lieu d'éducation, pour peu qu'il l'ait été auparavant. Olivier de Champ inaugure une ère de ferveur religieuse, de fidélité aux devoirs du cloître et de spiritualité ascétique.

  Le couvent Sainte-Élisabeth prospère tellement, dans la seconde moitié du XVIe siècle, que le nombre de ses religieux s’accroît et que la Maison des Bons Enfants ne suffit plus. Sous le règne de Jean de Hornes, les chanoines de Saint-Augustin acquièrent le prieuré bénédictin de Saint-Léonard, situé dans un faubourg de la ville. Ils y déménagent en 1489, puis vendent leurs ancien locaux, en 1493, à des religieuses franciscaines venues de Hasselt.

  Achat précipité, car ces religieuses franciscaines (dites aussi Sœurs de Hasque) trouvent les bâtiments trop exigus ; elles les cèdent aussitôt à des Frères cellites, qui leur laissent en échange leur couvent situé à proximité de la collégiale Saint-Paul (dans l'actuelle rue Sœurs de Hasque).

  Les Cellites ne séjournent guère longtemps aux Bons Enfants. En 1496, ils vendent l'immeuble aux Sépulcrines de Nieuwstad (près de Sittard aux Pays-Bas). Jeanne Schaetzen, prieure de cette communauté, et treize de ses religieuses fuient la guerre entre les ducs de Gueldre et de Clèves ; elles viennent s'installer aux Bons Enfants pour s'adonner à la vie contemplative et surtout se consacrer à l'éducation des jeunes filles.

  Le couvent des Sépulcrines va subsister jusqu'aux événements révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle. Les liégeois n'arrêteront pas de l'appeler le couvent des Bons Enfants.

 
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  Sur ce plan de 1737, qui respecte les dénominations officielles, la flèche rouge désigne le couvent des Filles du Saint-Sépulcre.


  Dès le début du régime français (1975-1814), les Sépulcrines sont expulsées, et leur couvent est transformé en caserne, avant d'abriter les bureaux du gouvernement départemental.


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  Le plan ci-dessus date nous reporte en 1827. Nous sommes à l'époque du régime hollandais. L'ancien couvent est maintenant le siège du gouvernement provincial (l'hôtel de la Province) ; il le restera après 1830 dans les premières années de la Belgique indépendante.

  Le 31 mars 1845, un incendie ravage une partie du bâtiment, ce qui accélère la décision prise dès 1842 de déménager les services provinciaux dans une nouvelle aile du palais des princes-évêques (voir autre article).

  Ce qui reste des Bons Enfants est vendu au chanoine Habets, curé de Sainte-Croix, lequel installe là, sous la direction des Filles de la Croix, un refuge pour les repenties puis pour un quartier pour jeunes délinquantes. Ce dernier est ouvert en 1847. On y reçoit des jeunes filles condamnées en justice ; on les initie « aux travaux manuels de leur sexe ».

  La maison pénitentiaire est remplacée en 1870 par une école primaire tenues par les mêmes religieuses. Mais le chantier du chemin de fer de ceinture (voir autre article) nécessite de nombreuses expropriations et démolitions. L'ancien couvent et l'église Sainte-Élisabeth elle-même sont sacrifiés sur l'autel de la modernisation. Une partie de l'espace dégagé devient un square public, lequel se bordera de maisons et deviendra en 1910 la place des Bons Enfants, avec un terre-plein garni d'une pelouse et de massifs floraux.


bons enfants_liege_1920.jpg  La place des Bons Enfants vers 1920. À remarquer, à l'arrière-plan, le tunnel ferroviaire sous Pierreuse, aujourd'hui dissimulé en dessous de l'extension moderne du palais de justice :
cadran_liege_google.jpg                      La place des Bons Enfants, à droite, est devenue un espace piétonnier.

 


  Les bouleversements de la fin des années 1970


  Dans le courant des années 1970, un plan d'aménagement du centre-ville entraîne une totale métamorphose du tissu urbain, et la place Saint-Lambert subit de nombreuses démolitions. C'est tout un patrimoine qui est implacablement sacrifié en quelques années.

  Le saccage s’étend jusqu’à la gare du Palais et au site du Cadran (voir cette autre page). La deuxième partie de la décennie voit disparaître les bâtiments qui entourent la place des Bons Enfants, tout comme ceux de la rue de Bruxelles, qu'on élargit en voie rapide.


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La rue de Bruxelles et ses alentours au début des années 1970.


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Au tout début des années 1980.

cadran_liege_1975.jpg  Au carrefour du Cadran (photo de 1975), la rue de Bruxelles en provenance de la place Saint-Lambert se prolonge par la rue de l'Académie (l'immeuble marqué d'une flèche vous aidera à vous situer sur la photo suivante). La rue qu'on aperçoit en bas à gauche est la rue Sylvestre qui mène à la rue Haute-Sauvenière. Le bus sort de la rue Léon Mignon. À droite, s'ouvre la rue des Anglais.


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Le même endroit en 2009.

chantier gare du palais_liege_1974.jpg  La rue de Bruxelles et la gare du Palais, vues en 1974 depuis la rue Fond Saint-Servais. Dans le fond à droite, entre les deux buildings situés au carrefour du Cadran, on distingue des immeubles de la place des Bons Enfants.

chantier gare du palais_liege_1976.jpg  Des démolitions ont commencé dès 1975 du côté des Bons Enfants ; on le constate par la différence d'arrière-plan entre les deux buildings.


  Voici quelques photos du site des Bons Enfants en 1974-1975, mêlées à des vue plus récentes pour permettre la comparaison :

bons enfants_liege_1975 (1).jpg  Le building marqué « STOCK » (immeuble-parking) est celui de gauche sur les vues précédentes. La rue Léon Mignon* est entrecoupée par la place des Bons Enfants.

* Du nom du sculpteur belge (Liège 1847 – Schaerbeek 1898) qui s'est notamment rendu célèbre par sa statue « Le dompteur de taureau » (Li torè), installée aux Terrasses depuis 1881.

 
Le trait rouge vous aidera à vous situer sur la photo suivante :
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La rue Léon Mignon dans l'autre sens.
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bons enfants_liege_1974 (1).jpgbons enfants_liege_1974 (2).jpg  La place des Bons Enfants. La chaussée qui vient des rues Saint-Hubert et Mont Saint-Martin se prolonge au-delà de la rue Léon Mignon par une courte rue des Bons Enfants, jusqu'à la rue Agimont* (voir aussi la toute première pohoto de cet article).

* Du nom d'un propriétaire local d'autrefois.

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Le même endroit en 2009.

 
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Et en 2016.

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La courte rue des Bons Enfants vers la rue Agimont.




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La place des Bons Enfants d'hier ▲ et d'aujourd'hui ▼
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bons enfants_liege_1975 (4).jpg  Les immeubles de la place des Bons Enfants entre la rue Saint-Séverin (à gauche) et la rue Léon Mignon (à droite). Ils ont été démolis dans la seconde partie des années 1970.

 
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Un mur de briques rouges et une pelouse ont très longtemps caractérisé l'endroit.

 
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En 2014, a commencé la réalisation d'un projet immobilier destiné à revaloriser le lieu.

 


bons enfants_liege_1975 (3).jpg  C'est en 1975 que vont avoir lieu les premières destructions contiguës à la place des Bons Enfants. Remarquez les palissades sur la droite de la photo, à l'angle des rues Saint-Séverin et Mont Saint-Martin.


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Cet angle, le voici à la fin du XIXe siècle. On l'appelait le tournant Saint-Hubert.


mont saint-martin_liege_1974-75.jpg  Le revoici en 1975 du côté du Mont Saint-Martin. Tous les bâtiments que longe la palissage vont bientôt disparaître.


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Le même endroit en 2009, pendant le chantier de l'hôtel cinq étoiles Crowne Plaza.


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De l'autre côté en 1975, à l'angle de la rue Saint-Hubert (là où se trouvait autrefois l'église du même nom).


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En 2006 ▲ et 2009 ▼
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cadran bons enfants_liege_1980.jpg  Le chantier d'aménagement du quartier en 1980. Le tunnel du chemin de fer de ceinture passe sous la place des Bons Enfants.

cadran bons enfants_liege_1996.jpg  Le Cadran et la place des Bons Enfants en 1996, à la veille de subir de nouveaux bouleversements… mais ce sera une autre histoire.

 

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15/06/2016

L'îlot Saint-Michel

place saint-lambert_liege_2003.jpg  L'îlot Saint-Michel est l'ensemble de bâtiments modernes que l'on voit dans le fond à droite de la photo ci-dessus, prise en 2003 pendant la construction des galeries Saint-Lambert. Édifié à l'ouest de la place Saint-Lambert, inauguré en septembre 1999, le complexe comporte des commerces, des bureaux et des logements.

 

À l'origine du projet

  Dans les années 1960, responsables politiques et techniciens s’accordent pour adapter le centre de Liège à la circulation automobile. Le plan Lejeune* est adopté en 1968. Il prévoit de transformer la place Saint-Lambert en carrefour de voies rapides, ainsi que de créer en sous-sol une importante gare des bus et deux mille places de parking.
* Jean Lejeune, échevin des travaux publics. Historien, il est néanmoins partisan du « tout à l'automobile », influencé par les idées du groupe architectural l'Équerre.

 
Le plan d'aménagement suppose de nombreuses démolitions. Concernant le sujet de cet article, c'est presque tout le quartier situé entre la place Saint-Lambert et la rue Haute-Sauvenière qui va disparaître dans le courant des années 1970 (à gauche du trait rouge sur la carte postale qui suit) :
place saint-lambert-liege-vue aerienne 1970.jpg

place saint-lambert_liege_debut annees 1970.jpg Ci-dessus, la place Saint-Lambert et ses alentours au début des années 1970. Ci-dessous, en 2004 :
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place saint-lambert_liege_chantier 1979.jpgCi-dessus, l'ampleur des destructions en 1979. Ci-dessous, ce que l'endroit est devenu en 2004 :place saint-lambert_liege_MET 2004.jpg

  Les difficultés financières, les désaccords politiques, ainsi que le mécontentement des défenseurs du patrimoine, des commerçants et des habitants en général, vont bloquer longtemps les projets de reconstruction.

  Projets divers qui se succèdent en vain jusqu'en 1984, quand l’architecte Claude Strebelle* se voit officiellement investi de la mission de redessiner complètement la configuration du centre-ville, en tenant compte de tous les acteurs concernés. En 1985, il réalise un premier schéma directeur non contraignant, qui rompt avec les idées précédentes, et qui aboutira, au fil des années, des nécessités et des négociations, à ce qui existe aujourd'hui.
* Claude Strebelle (Bruxelles 1917 - Liège 2010) a aussi été, dans les années 1970, l'architecte coordinateur qui a dirigé l’implantation de l'université de Liège dans le domaine du Sart-Tilman.

 chantier place saint-Lambert_liege_1980.jpg  Le chantier de la place Saint-Lambert vers 1980. Une partie de tout ce béton enfoui inutilement (il était initialement question d'une importante gare des bus) sera récupéré pour devenir le parking Saint-Lambert, situé sous l'actuel îlot Saint-Michel.

place saint-lambert_liege_1992.jpg  La place Saint-Lambert en 1992. Il y a presque deux décennies qu'a commencé la « saga » de la place-Lambert !


  En 1994, un appel d'offres est lancé pour l’aménagement de ce terrain en friche urbaine depuis des années. C'est le groupe immobilier CODIC* qui remporte le marché en 1996 et débute le chantier en octobre 1997.
* Également maître d'ouvrage du centre commercial Belle-Île.

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Codic choisit de développer quatre bâtiments différents, construits autour de voiries piétonnes, confiés à divers bureaux d’architecture (Bruno Albert, François Lemaire, Philippe Gérard, Bernard Herbecq, Quang Tuan Linh) sous la houlette de l’architecte coordonnateur Claude Strebelle. L’aménagement des jardins-terrasses est confié à l’architecte-paysagiste Jean-Noël Capart. Le maître de l'ouvrage fait appel aux entrepreneurs Galère et Wust.

  Voici une série de photos du chantier de l'îlot Saint-Michel en 1998 :

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Le chantier de l'îlot Saint-Michel vu depuis la rue Clémenceau.


ilot saint-michel_liege_2000.jpg  L'îlot Saint-Michel tout neuf en décembre 2000, vu depuis le dernier étage de l'ancien Grand Bazar de la place Saint-Lambert.

  Nous verrons plus loin que l'appellation « Saint-Michel » trouve son origine dans l'histoire du quartier. En avril 2011 pourtant, l'endroit est rebaptisé » « Espace SainMichel ». « Sain » sans « t » : il ne s'agit évidemment pas d'une faute de frappe, mais d'une allusion à la santé, pour lancer un projet original : offrir au consommateur une façon différente et agréable de faire son shopping, dans « un espace respectueux de l’environnement où l’accent est mis à différents niveaux pour le bien-être de tous ».

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Les rues piétonnes de l'Espace SainMichel

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1 : la rue Saint-Michel / 2 : la place Saint-Michel / 3 : la rue de la Populaire / 4 : la rue de l'Official.

 
Ces appellations font référence à des voiries ou bâtiments aujourd'hui disparus.

 

  La rue et la place Saint-Michel

 

  Découvrons les lieux avant les démolitions qui ont caractérisé les années 1970 (la flèche désigne l'ancienne place Saint-Michel) :

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place saint-lambert_liege_annees 1950.jpg  La place Saint-Lambert et la place du Maréchal Foch dans les années 1950. Tout l'espace au-delà du trait rouge est aujourd'hui occupé par l'îlot Saint-Michel. À la pointe de la flèche, se trouve la rue Joffre qui existe toujours.

  Vous trouverez davantage de renseignements sur la place Foch (anciennement place Verte) en cliquant ICI.

rue joffre-liege.jpg  Dans le cadre rouge, la rue Joffre au début des années 1960, avec l'équivalent en 2007. Dans le cadre bleu : la rue de l'Official, dont nous reparlerons plus loin.

rue de l'official-liege-1961.jpg  La rue de l'Official en 1961. À droite, juste après l'enseigne BP, s'ouvre la rue Saint-Michel, qui mène à la petite place du même nom.

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La place de la République française en 1976. C'est derrière les arbres qu'aboutit la rue de l'Official.

rue haute sauveniere-liege-fin annees 1960.jpg
On accède aussi à la place Saint-Michel en empruntant la rue Haute-Sauvenière.

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La place Saint-Michel à la fin des années 1960.


  Selon le chroniqueur médiéval Jean d'Outremeuse*, un château Saint-Michel aurait existé dès le VIIIe siècle sur la colline où se trouvent la rue et la collégiale Sainte-Croix. Une chapelle, en ses murs, consacrée à l'archange-chevalier**, aurait donné son nom à l'édifice.

* Chroniqueur liégeois du XIVe siècle, connu pour son imagination débordante.
** Le prince des anges qui a terrassé le dragon (Satan).


 
En réalité, le culte de Saint-Michel est très répandu à Liège au Moyen Âge, et une église paroissiale est érigée en Haute-Sauvenière au début du XIe siècle. On la voit ci-dessous (désignée par la flèche) sur un fragment de la gravure de Milheuser (1649) :

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  Modifiée à plusieurs reprises, cette église est réédifiée au début du XVIIIe siècle. Elle présente alors une forme hexagonale, comme le montre le document ci-dessous datant de 1720 :
eglise saint-michel-liege-1720.jpg

  On sait le sort réservé aux bâtiments religieux à la suite des événements révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle. L'église Saint-Michel est désaffectée dès 1801, servant notamment d'atelier de carrosserie. Vendue en 1824, elle est démolie peu de temps après. Le terrain devenu libre finit par appartenir à la famille Desoër de Solières, propriétaire aussi de l'immeuble Renaissance italienne situé à l'angle de la rue Haute Sauvenière.

hotel desoer-liege-1919.jpg  Construit au milieu du XVIe siècle, l'hôtel Desoër de Solières porte en fait le nom de la famille qui l'a possédé au XIXe siècle. La photo ci-dessus nous le montre au début du XXe siècle, avant qu'il ne soit vendu en 1919 à un particulier qui le transforme en maison de commerce.

  Ci-dessous, une enfilage de trois photos qui constituent une vue panoramique de la place Saint-Michel dans les années 1950 (agrandissez l'image en cliquant dessus) :

place saint-michel_liege_annees 1950.jpgOuvert en octobre 1954, le cinéma Caméo deviendra le Clichy en 1973, lequel fermera en 1976.

place saint-lambert_liege_demolitions annees 1970.jpg  Au cours des années 1970, le côté occidental de la place Saint-Lambert est dévasté par les démolitions dont nous avons parlé plus haut.

place saint-michel_liege_demolitions 1978.jpgL'hôtel Desoër de Solières en 1978, complètement abandonné.

place saint-michel_liege_terrain vague 1981.jpg  1981. Le quartier Saint-Michel et la place Foch ont disparu, et cette friche urbaine va servir de parking pendant une quinzaine d'années. À droite de l'hôtel Desoër, l'hôtel de Bocholtz* vient d'être restauré pendant une dizaine d'années, à la suite de son acquisition en 1967 par le groupe Paribas.

* Autre demeure patricienne de style Renaissance, aménagée du milieu du XVIe siècle par Arnold de Bocholtz, chanoine de la cathédrale de Liège. Le bâtiment a été acheté en 2013 par François Fornieri, patron de la firme pharmaceutique Mithra, dans le dessein d'en faire un « centre d'émulation pour le monde culturel, politique et scientifique ».

hotel de bocholtz-liege-1980.jpgL'hôtel de Bocholtz en 1980 (Paribas) ▲ et 2007 (Dexia)▼hotel de bocholtz-liege-2007.jpg

 

place saint-michel_liege_1985.jpg  Au milieu des années 1980, une aile de l'hôtel Desoër de Solières est squattée par le centre d'expression artistique « La Courte Échelle », à la recherche de locaux. C'est la Communauté française qui est alors propriétaire des lieux, mais ceux-ci restent à l'abandon, faute de moyens financiers pour les restaurer.

  En septembre 1995, le bâtiment est fortement endommagé par un incendie. Propriété depuis peu de la Région wallonne, il fait l'objet de travaux d'urgence pour l'empêcher de s'effondrer partiellement, puis il faut attendre 2001 pour que débute une réelle restauration, selon le projet élaboré par le bureau d'architecture Philippe Greisch.

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La rue Haute-Sauvenière à la fin des années 1990, avec l'hôtel Desoër en attente de restauration.

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Le chantier de restauration de l'hôtel Desoër en mars 2002.

hotel desoer-liege-inauguration 2003.jpg  L'inauguration en mai 2003. L'architecte a réussi à conserver la façade d'origine et lui a ajouté une audacieuse extension contemporaine.

  Ci-dessous, deux photos de l'actuelle place Saint-Michel (2005 et 2007). L'hôtel Desoër abrite désormais un Espace Wallonie, centre d'accueil, d'information et de culture :
place saint-michel_liege_2005.jpg

place saint-michel_liege_2007.jpg

 
Quant à la rue Saint-Michel actuelle (dont le tracé ne correspond plus à celui d'antan), elle constitue l'artère principale du complexe, reliant la place Saint-Lambert à la rue Haute Sauvenière. La voici en 1999, puis en 2005 :
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rue saint-michel_liege_2005.jpg


 

La rue de la Populaire

rue de la populaire-liege-2014(1).jpg  La rue de la Populaire vue depuis la place de la République française▲ et depuis l'intérieur de l'îlot Saint-Michel ▼
rue de la populaire-liege-2014(2).jpg

Cette voirie ne rappelle pas une rue d'autrefois, mais un bâtiment emblématique de l'ancienne place du Maréchal Foch (appelée place Verte avant 1919, voir l'article consacré spécifiquement à ce sujet).

place verte-liege-debut XXe(2).jpg  Ci-dessus, la place Verte à l'aube du XXe siècle. L'immeuble qui arbore un drapeau noir est La Populaire, maison du peuple et siège du POB (parti ouvrir belge, ancêtre du PS, le parti socialiste). Ci-dessous, le même endroit de nos jours :
ilot saint-michel_liege_google maps.jpg

  La société coopérative La Populaire est fondée en 1887. Le 1er mai 1894 (jour symbolique), elle s'installe définitivement place Verte, dans l'ancien hôtel de Méan* existant depuis 1662. Elle comporte un café, une salle de réunion et un magasin où « les travailleurs socialistes peuvent se fournir en denrées alimentaires aux meilleures conditions ». En 1898 , l'architecte Paul Tombeur réaménage les lieux et y ajoute une vaste salle des fêtes.

*
Ironie du sort, le parti du peuple établit son siège dans l'immeuble d'une des familles les plus aristocratiques de l'Ancien Régime (dont est même issu le dernier prince-évêque François-Antoine-Marie-Constantin de Méan).

café le phare avant 1894.jpg  À gauche du document ci-dessus, on découvre l'immeuble de Méan avant l'installation de la coopérative La Populaire, et même avant les transformations dues à l'architecte Paul Tombeur. Il est mitoyen d'un élégant café-restaurant appelé Au Phare (inauguré en 1891, avec une lanterne à feu tournant située sur le toit).

populaire-liege-1912.jpg  Le 3 juin 1912, La Populaire sert de refuge à des manifestants qui revendiquent le suffrage universel. La gendarmerie intervient et ouvre le feu. Le bilan du drame est lourd : quatre morts (trois militants socialistes et un enfant) et une vingtaine de blessés ! Les petits ronds blancs, sur la carte postale ci-dessus, sont les impacts des balles tirées par la maréchaussée.

place foch-liege-vers 1920.jpg  Après la première guerre mondiale (la place Verte est devenue la place du Maréchal Foch), l’histoire de La Populaire (la flèche) se confond avec celle de l’Union coopérative de Liège, qui acquiert le Grand Hôtel (l'imposant immeuble blanc à l'angle de la place Saint-Lambert), pour en faire le siège de ses magasins dès 1923.

places saint-lambert et foch_liege_annees 1930.jpg  Carte des années 1930, avec l'ancien Grand Hôtel devenu les Grands Magasins de l'Union coopérative, lesquels rivalisent « avec les grandes enseignes bourgeoises situées en face ».

populaire-liege-question royale.jpg  La Populaire pendant la Question royale, les socialistes prônant de voter « non » lors de la consultation populaire du 12 mars 1950, organisée par le gouvernement avant de se prononcer sur le retour au pouvoir du roi Léopold III.

la populaire-liege-annees 1960.jpg  La Populaire au début des années 1960, avec son café-restaurant proposant des prix démocratiques. À la fin de la décennie précédente, la coopérative a acquis le café Au Phare et l'a remplacé par un immeuble moderne qui complète les Grands Magasins établis dans l'ancien Grand Hôtel.

place saint-lambert_phare_liege_1968.jpg  Dans les années 1960, les Grands Magasins de l'Union coopérative ont d'ailleurs adopté le nom de Phare. En couleurs sur la gauche de la carte postale ci-dessous :
place saint-lambert_liege_annees 1960.jpg  À remarquer « l'homme au bouclier » sur le toit de l'immeuble, publicité pour la Prévoyance sociale, société coopératives d'assurances créée en 1907.

rue de l'official-liege-1972.jpg  La Populaire et le Phare en 1972, à la veille d'être démolis dans le cadre des délires urbanistiques de cette décennie.

populaire-pare-liege-milieu annees 1970.jpg  La Populaire a été détruite en 1974. La façade a été démontée pierre par pierre, et tous ses éléments sont conservés dans un entrepôt communal, en attente d'une hypothétique reconstruction !

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La démolition du Phare vers 1975.

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Fin des années 1970 ▲ et en 2006 ▼
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La rue de l'Official

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La voici dans l'autre sens, prolongée au-delà des escaliers par la rue de la Populaire.

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  Ci-dessous, le même endroit en 1974, juste avant les démolitions qui vont marquer la suite de cette décennie :
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  Quelle est l'origine de l'appellation « Official » ?

 
Sous l'Ancien Régime, ce mot désigne un magistrat ecclésiastique ainsi que le tribunal relevant de sa juridiction. Replongeons-nous au milieu du XVIIe siècle grâce à la gravure de Julius Milheuser :
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  Les bâtiments compris entre la place aux Chevaux et la place Verte, les voici reproduits par le dessinateur Alfred Ista :
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La rue de l'Official en 1961, vue depuis la place du Maréchal FOCH ▲ et depuis la place de la République française ▼
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02/06/2016

Les anciens remparts d'Outremeuse, du pont d'Amercœur à la tour en Bêche

plan 1574.jpg  Ce chapitre s'intéresse aux anciens remparts d'Outremeuse compris entre le pont d'Amercœur (1) et la tour en Bêche (2), remparts établis le long de l'Ourthe qui leur servait de fossé. La gravure ci-dessus, qui nous reporte en 1574, est due au cartographe flamand Frans Hogenberg (cliquez ICI pour ouvrir ce document au format PDF).


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   La même ligne de fortification en 1649 (gravure de Julius Milheuser). Elle borde les terres de Bêche*, principalement champêtres à l'époque de ce document.

* Ces terrains s'appellent ainsi parce qu'ils se terminaient autrefois en forme de pointe, de bec (bètch en wallon).



  Le pont et la porte d'Amercœur

plan_1737.jpg  Ce plan de 1737 est l’œuvre du révérend père Christophe Maire. Au bout de l'axe principal qui traverse Outremeuse (les rues Chaussée des Prés, Puits-en-Sock et Entre-deux-Ponts*), le pont d'Amercœur franchit l'Ourthe et constitue le point de départ du chemin vers l'Allemagne.

* La rue Entre-deux-Ponts (entre les ponts Saint-Julien et d'Amercœur) est aujourd'hui absorbée par la rue Puits-en-Sock.


pont et porte d'amecoeur_liege_1770.jpg  Il a existé un pont d'Amercœur dès le XIe siècle ; l'ouvrage a maintes fois été remplacé pour avoir subi les fureurs des crues, de la foudre ou de la guerre. Le dessin ci-dessus nous montre la situation en 1770. Le pont en pierre a été construit en 1741. Quant à la porte fortifiée, elle a été érigée de 1539 à 1541*. Le bastion a dû être réparé à la suite des bombardements effectués en juin 1691 par l'artillerie française du marquis de Boufflers**.

* Une porte d'Amercœur est citée dans certains documents antérieurs à ces dates, mais sans jamais lui conférer une telle ampleur défensive.
** Louis IV voulait punir la principauté de Liège de s'être alliée aux ennemis de la France.


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  L'ancienne porte fortifiée du pont d'Amercœur a inspiré l'entrée du Vieux Liège lors de l'Exposition universelle de 1905.


amercoeur_liege_1845.jpg  Revenons-en à l'Outremeuse d'antan. À l'avant-plan, les prés Saint-Denis. Puis, à droite de la porte d'Amercœur, les remparts des Récollets, avec la route d'un moulin que fait tourner le bras de l'Ourthe appelé le bief des Grandes Oies. À l'arrière-plan, ce sont les bâtiments du premier hôpital de Bavière et le clocher de l'église Saint-Nicolas-au-Pont (voir cet autre article).

  Le dessin ci-avant a été publié sous le titre « Porte et pont d'Amercœur vers 1845 ». La date pose problème. La porte est identique à celle représentée au XVIIIe siècle, et cet ouvrage a été complètement démoli en 1819, sous le régime hollandais, pour être remplacé dès 1821 par un autre en briques rouges, établi sur les anciennes fondations. En voici une représentation en 1828 (quelle est encore l'utilité d'un pareil système défensif quand on voit avec quelle facilité on accède à la berge ?) :
porte d'amercoeur_liege_1828.jpg
pont d'amercoeur_liege_1850.jpg  Le pont d'Amercœur en 1850. À gauche, il ne reste que les soubassements de la porte fortifiée, définitivement détruite en 1846.

 
  En 1853, commence le chantier de la Dérivation de la Meuse (voir cet autre article), canal destiné à remplacer en Outremeuse les nombreux bras de l’Ourthe.

  À la suite de l'approfondissement de l'ancien lit de l'Ourthe devenu un tronçon de la Dérivation, le pont d'Amercœur doit être remplacé ; il est démoli en 1858, et on lui substitue un ouvrage mieux adapté, inauguré en janvier 1859.

  Le nouveau pont ne comporte qu'une seule pile. Au départ, le tablier est en bois* ; c'est en 1876 que la société John Cockerill est chargée de réaliser une structure métallique.

* Condition exigée par les autorités militaires, pour que l'ouvrage soit plus facile à faire sauter, précaution probablement prise vu l'essor du nationalisme allemand et le climat international troublé.


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▲ Le pont d'Amercœur au début du XXe siècle ▼
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  Dès avant le premier conflit mondial, l'édilité communale réclame à l'État un pont plus large, mieux adapté aux besoins du trafic. Elle reçoit en 1913 un refus justifié par des raisons budgétaires, puis les années de guerre apportent d'autres préoccupations. Le pont de 1876, qui survit aux hostilités, servira jusqu'à la fin des années 1920, quand il sera remplacé par un ouvrage métallique en arc.


pont d'amercoeur_liege_construction 1927.jpg  La photo ci-dessus montre l'assemblage des arcs métalliques. À remarquer, à l'arrière-plan, le pont provisoire mis en place pendant le chantier qui va durer de juin 1927 à août 1929.


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Un passage de tramways sur le pont provisoire.

pont d'amercoeur_liege_1927-29.jpg  ▲ Le nouvel ouvrage ne comporte qu'une seule arche supérieure pour soutenir un tablier de 60 mètres de portée ; il ne présente guère d'intérêt artistique▼
pont d'amercoeur_liege_apres 1929.jpg


 Voici quatre photos prises en 1975-76, la dernière étant suivie d'une vue actuelle :pont d'amercoeur_liege_1975.jpgpont d'amercoeur_liege_1976 (1).jpgpont d'amercoeur_liege_1976 (2).jpgpont d'amercoeur_liege_1976 (3).jpgpont d'amercoeur_liege_2016.jpg

 

pont d'amercoeur_liege_1979 (2).jpg  Nous sommes en 1979. Le pont d'Amercœur va bientôt être remplacé lors de la modernisation des quais de la Dérivation. Le chantier, attribué à la société Franki, durera jusqu'en 1981.


pont d'amercoeur_liege_1979 (3).jpg
Une passerelle enjambe la Dérivation pour faire passer les câbles de chantier.


pont d'amercoeur_liege_1979 (4).jpg
Un pont provisoire est établi le temps de démonter l'ancien et construire le nouveau.


pont d'amercoeur_liege_chantier 1979.jpg  Vue aérienne permettant de voir l'ancien pont, le pont provisoire, la passerelle et les travaux d'aménagement des quais.


pont d'amercoeur_liege_demolition pont en arc.jpg
Le démontage de l'ancien pont en 1980.


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▲ La construction du nouveau pont et les tests de charge en 1980 ▼
pont d'amercoeur_liege_1980 (2).jpg


chantier quais de la dérivation_liege_1981.jpgL'aménagement de tunnels routiers pour améliorer la circulation sur les quais (photo de 1981).


pont d'amercoeur_liege_bing maps.jpg

Vue aérienne actuelle réalisée grâce à Bing Maps.


 

 La ligne de remparts devenue le quai de l'Ourthe


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Le quai de l'Ourthe en 2004.

  Le quai de l'Ourthe porte ce nom parce que le tronçon de la Dérivation qu'il longe était autrefois un bras de cette rivière.


plan_1647.jpg  Ce quai a remplacé les anciens remparts qui s'étendaient, en bordure de l'Ourthe, du pont fortifié d'Amercœur (1) à la tour en Bêche (2). Autre points de repère sur cette Eau-forte de 1647, due au graveur suisse Mathieu Merian : l'église et le pont Saint-Nicolas (3) et le pont Saint-Julien (4), dans l'axe Chaussée des Prés, Rue Puits-en-Sock et rue Entre-deux-Ponts.


rempart_beche_liege_1649.jpg  Ce mur d'enceinte, composé de courtines et bastions, date probablement du second quart du XVIe siècle. On le voit ci-dessus (gravure de Julius Melheuser, 1649) après sa reconstruction en 1635.

  Les fortifications subissent d'importants dégâts en juin 1691, à la suite des tirs d'artillerie ordonnés par le maréchal français de Boufflers. En juillet 1794, elles sont la cible des Autrichiens qui bombardent Amercœur avant de quitter Liège pour laisser la place aux troupes
françaises victorieuses.

  Sous le régime hollandais (1815-1830), le gouvernement ordonne le démantèlement de la partie crénelée des remparts, devenus inutiles comme moyen de défense. Le chemin de ronde en terre-plein finit par devenir un quai.

  La voirie ainsi créée est d'abord appelée la rue des Remparts ou quai de Bêche comme sur ce plan communal de 1828 :
plan_1828.jpg
  Au départ, le quai est étroit (deux charrettes ne peuvent pas circuler de front). Il est pavé en 1837, et un parapet est construit en 1844 avec les pierres récupérées du mur d'eau du canal de Sauvenière.

  Puis c'est l'époque du chantier de la Dérivation (1853-63). C'est l'appellation quai de l'Ourthe qui prévaut désormais en souvenir de l'ancien bras de rivière. En 1862-63, il est procédé en divers points à la restauration du mur d'eau ; on en profite pour installer des garde-corps métalliques.


approfondissement derivation_liege_1890.jpg  À la suite des inondations catastrophiques de 1880, de nouveaux aménagements sont apportés au réseau hydrographique liégeois. En 1890, ont lieu des travaux approfondissement et de canalisation de la Dérivation.


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Le quai de l'Ourthe (à gauche) à la fin du XIXe siècle. À l’arrière-plan, le pont d'Amercœur.


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À l'aube du XXe siècle.


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Au début des années 1960.

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Vers 1974-1975.


quai de l'ourthe_liege_1962 (2).jpg  Le quai de l'Ourthe (à gauche) vu depuis le pont de Longdoz au tout début du XXe siècle. La tour Georges Simenon ne sera érigée qu'en 1963.


Quai de l'ourthe_liege_google maps.jpg

Le même endroit de nos jours.


place gobert_liege_1975.jpg  À l'autre extrémité du quai de l'Ourthe, près du pont d'Amercœur, se trouve la place Théodore Gobert*, avec la statue dédié au général Bertrand**. La photo ci-dessus date de 1975-1976.

* Théodore Gobert (1853-1933), historien liégeois et archiviste provincial. Ses écrits sur les rues de Liège et l'histoire régionale lui ont valu une grande renommée.
** http://connaitrelawallonie.wallonie.be/fr/lieux-de-memoir...


chantier_place gobert_liege_1981.jpg  Le chantier du pont d'Amercœur et de ses accès (1979-81) a modifié l'emplacement de la statue et la configuration de la place Théodore Gobert.


pont de longdoz liege_1976.jpg  Le pont de Longdoz* en mars 1976. L'année précédente, ont été décidés d'importants travaux pour remplacer cet ouvrage et moderniser les quais qui y aboutissent. Les deux piles posées en aval, destinées à supporter une passerelle, annoncent un chantier qui va durer jusqu'en 1978.

* Ouvrage métallique construit depuis 1939.


quai de l'ourthe_liege_1975 passerelle chantier.jpg  Le quai de l'Ourthe en 1976. Dans le fond à gauche, on aperçoit la passerelle permettant aux piétons de traverser la Dérivation entre la rue Grétry et la place Sylvain Dupuis (jonction entre les quais de l'Ourthe et de la Boverie).


passerelle longdoz_liege_1976.jpg
Zoom avant sur cette passerelle et le pont de Longdoz qu'on va bientôt démolir.


passerelle longdoz_liege_1976 (2).jpg
La rampe de la passerelle du côté de la place Sylvain Dupuis.


pont villette_liege_1976.jpg  Un pont provisoire est établi à la hauteur des rues Strailhe (quai de l'Ourthe) et Villette (quai de Longdoz). La population le surnomme souvent le pont Villette.


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Le pont Villette en novembre 1976, vu depuis la passerelle.


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Le chantier, en 1978, du tunnel routier entre les quais de l'Ourthe et de la Boverie.


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Le même chantier dans l'autre sens.


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La configurations des lieux actuellement.

 

 

 

(en cours de réalisation)

 

À suivre : la tour en Bêche

 

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12:56 Écrit par Claude WARZÉE dans Outremeuse | Commentaires (6) |  Facebook |