22/02/2017

Les premières gares des Guillemins

          Ce fragment de la gravure de Julius Milheuser nous transporte en 1649 dans le faubourg d'Avroy :vue liege milheuser 1649.jpg1. Le cours principal de la Meuse à l'époque (devenu les boulevards d'Avroy et Piercot)  / 2. Le chemin d'Avroy à Saint-Gilles (l'actuelle rue Saint-Gilles) / 3. Le Grand Jonckeu (l'actuelle rue Louvrex) / 4. L'église Sainte-Véronique / 5. La rue Sainte-Vérone (l'actuelle rue Sainte-Véronique) / 6. La rue Neuville (l'actuelle rue Hemricourt) / 7. Le Petit Jonckeu (l'actuelle rue du Plan Incliné) / 8. La ruelle du Saint-Esprit (l'actuelle rue de Serbie) / 9. La rue des Hours (l'actuelle rue Paradis).

  La coche rouge désigne un prieuré de Frères Guillemites (Guillemins), lequel finira par donner son nom au quartier.


prieure guillemites 1796.jpg  Le prieuré des Guillemins à la fin du XVIIIe siècle (dessin de JJ Van den Berg, bibliothèque de l'université de Liège).

  Cet établissement religieux trouve ses origines au XIIIe siècle. Le territoire d'Avroy est alors essentiellement champêtre, couvert de bois, champs et prairies. Très peu peuplé, il comporte cependant quelques demeures seigneuriales, dont un manoir appartenant à Gérard de Bierset, grand chantre de Saint-Lambert. Bâti sur un promontoire au centre d'un étang, le château est aussi appelé la « Maison de la Motte ».

  Dans sa propriété, Gérard de Bierset fonde un asile de retraite pour ecclésiastiques séniles, infirmes ou sans revenus. Son œuvre ne lui survivra pas longtemps. En 1287, le prince-évêque Jean de Flandre installe en ces lieux une petite communauté de l'ordre bénédictin des Guillemites, ordre fondé au siècle précédent par saint Guillaume de Malavalle.

  Je ne vais pas détailler l'histoire de ce couvent. Sachons cependant que les bâtiments souffrent pendant les troubles révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle, et qu'ils sont fort dévastés quand l'administration française* les vend en 1798 comme biens nationaux.

* La principauté de Liège a été rattachée à la France de 1795 à 1814, tout comme le reste de l'actuelle Belgique connue précédemment sous le nom de Pays-Bas autrichiens.


plan 1827.jpg
  Le plan ci-dessus, sur lequel vous pouvez cliquer pour l'agrandir, provient des services de l'urbanisme liégeois et date de 1827 : 1. L'actuelle avenue Blonden* / 2. L'actuel boulevard d'Avroy* / 3. L'église Sainte-Véronique / 4. La rue Neuville / 5. La rue Jonckeu / 6. La ruelle du Saint-Esprit. La coche désigne l'emplacement de l'ancien couvent des Frères Guillemites, et la flèche préfigure la future rue de la Station (actuelle rue des Guillemins).

* De 1853 à 63, un chantier colossal modifiera le cours du fleuve, transformant certains de ses tronçons en boulevards et avenues.

plan_1883.jpg  Cet autre plan, issu aussi des services de l’urbanisme, nous reporte cette fois en 1883. Une urbanisation intense s'est développée à la suite du développement des chemins de fer.

 
Dès 1838, une voie ferrée relie Bruxelles déjà à Ans, mais les trains ne peuvent accéder à la cuvette liégeoise à cause de la trop forte déclivité. C'est grâce au plan incliné imaginé par l'ingénieur Henri Maus que le problème est résolu et qu'une première gare est construite en 1842 dans le quartier. Pour descendre, il faut faire confiance aux freins du convoi ; pour remonter, c'est tout un système de treuil et de câbles qui est sollicité, exemple unique à l'époque !

  Cette gare primitive (du « temporaire en bois » qui va durer près de vingt ans) apparaît sur la gauche du document qui suit, une lithographie gouachée signée J-B GRATRY. Cette vue de 1845 montre le quartier des Guillemins depuis Cointe. Outre la station, remarquez le plan incliné, et dans le lointain, l'hôpital militaire Saint-Laurent et la basilique Saint-Martin :

gratry 1845.jpgVoici ce qu'est devenu le paysage en 2007, pendant la construction de la gare Calatrava :panorama guillemins_liege_2007.jpg


station plan incline 1843.jpg  Le plan incliné imaginé par Henri Maus se compose en réalité de deux tronçons d’égale longueur, avec un palier intermédiaire établi à la station du Haut-Pré, où se trouve la machinerie. Ce sont ces installations que l’on voit sur la lithographie ci-dessus, datée de 1843. Elles seront démolies en 1879, devenues inutiles vu l'amélioration de la puissance des locomotives.


plan incline_liege_1849.jpg
Le plan incliné en 1849 dans le Bas-Laveu.


bas-laveur_liege_avant A602.jpg  Le même endroit avant que l’autoroute ne surplombe les voies ferrées au début des années 1970 (voir cet autre article).


bas-laveur_liege_2015.jpgLa descente autoroutière surplombant le chemin de fer (entre les colonnes, masqué par la végétation).

 

plan 1845.jpg  Revenons-en à la première gare avec ce plan de 1845. Elle aurait brièvement porté le nom de « station de la Neuville* » parce qu’elle était située à proximité du hameau ainsi nommé, lequel se trouvait du côté des rues Hemricourt et de Joie.

* La « Neuve Villa », appellation qui rappelle une résidence champêtre dont il est fait mention dans des documents du XVIe siècle.


gare_guillemins_liege_1845.jpg  Ce dessin nous reporte vers 1850. Sur la gauche, est représentée la première gare des Guillemins. Si l'on s'en réfère à l'hôtel de l'Univers déjà présent, elle se situait au début de la rue du Plan Incliné.

  En réalité, la gare était située plus en retrait par rapport à la rue du Plan Incliné, comme en témoigne ce plan parcellaire de 1860 :

plan_1860.jpg
  Les trois photos qui vont suivre datent des années 1850-60 (sur les première et troisième, on aperçoit les installations du charbonnage de La Haye, sur la colline de Saint-Gilles). Aidez-vous des repères chiffrés pour passer d’une photo à l’autre. Le bâtiment principal de la gare, mis en évidence dans le dessin de 1850, se retrouve finalement dans l’ovale rouge :
Gare des Guillemins milieu XIXe.jpg

gare_guillemins_liege_1863.jpggare_guillemins_liege_1861.jpg
Voici en 2009 ce qui correspond à l’assemblage des trois photos anciennes précédentes. Sur la colline, la houillère a fait place à un building :
place des guillemins_liege_2009.jpg

 

  Le caractère provisoire de la première station, construite en bois, s’explique par l’espoir que nourrit l’édilité liégeoise d’obtenir une gare plus proche du centre-ville*. Hubert-Guillaume Blonden, directeur des Travaux publics de la ville de Liège dès 1857, rêve par exemple de l’établir sur l’île de Commerce (actuelles Terrasses).

* Il faudra attendre 1877 pour qu’une gare soit installée près du palais de justice de la place Saint-Lambert, sur la ligne du chemin de fer de ceinture reliant Vivegnis aux Guillemins.


plan_1859.jpg
  Ci-dessus, le projet de station ferroviaire sur l’île de Commerce, imaginé par Blonden en 1859. Lien Donum : http://donum.ulg.ac.be/handle/2268.1/1489.

  Pour des raisons techniques, l’État continue de privilégier le site des Guillemins. Une gare « en dur » y est construite en 1863-64, selon les plans de l’architecte Lambeau, également concepteur des gares de Namur (1864) et de Charleroi-Sud (1874).


construction gare guillemins_liege_1863.jpg  La photo ci-dessus a été prise pendant la construction de la gare en 1863. L’armature en bois va aider à l’installation d’une imposante statue féminine symbolisant l’industrie.

 
gare_guillemins_liege_debut XXe (2).jpg  La gare à l’aube du XXe siècle, avec la statue qu’on a pris l’habitude d’appeler « Guillemine ». À remarquer la grande verrière en éventail qui éclaire la salle des pas perdus. L’architecte Lambeau s’est inspiré des exemples français de Paris-Est et Paris-Nord.

  La gare des Guillemins est agrandie en 1881-82, grâce à l'ajout des ailes droite et gauche ; elle est encore transformée en vue de l'Exposition universelle et internationale de 1905, quand on augmente le nombre des voies et ouvre les passages souterrains.


gare_guillemins_liege_1903.jpg
1903 ▲ et 1907 ▼
gare_guillemins_liege_1907.jpg

gare_guillemins_liege_1905.jpg
Lors de l’Exposition universelle et internationale de 1905.


place des guillemins_liege_debut XXe (2).jpg
La place des Guillemins au début du XXe siècle, vue depuis la rue du Plan Incliné.


rue et gare des guillemins_liege_1907.jpgDepuis la rue des Guillemins en 1907.

 


  La gare « Belle Époque » disparaîtra dès 1956 pour être remplacée en 1958 par un bâtiment moderne à la mode du temps… Cette tranche d’histoire fera l’objet d’un autre article.

 

gare_guillemins_liege_annees 1910s.jpg
Dans les années 1910.


gare_guillemins_liege_1975.jpg
Vers 1975.


place des guillemins_liege_2007.jpg
En 2007.


place des guillemins_liege_2014.jpg
En 2014.

 


http://users.belgacom.net/cwarzee/guillemins/index.htm

 

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10:48 Écrit par Claude WARZÉE dans Guillemins et environs | Commentaires (3) |  Facebook |

27/01/2016

La place de Bronckart et ses alentours

Quand le pointeur de la souris prend la forme d'une main au contact d'une illustration, cliquer sur celle-ci permet de l'agrandir dans une nouvelle fenêtre.

vue aerienne_bing maps.jpg                                                    Vue aérienne obtenue grâce à Bing Maps.


place de bronckart_liege_1979.jpg  Vue aérienne d'André Drèze (extraite de l'ouvrage « Liège / Cent vues aériennes d'une ville millénaire », publié en 1980 à l'occasion du millième anniversaire de la principauté de Liège.

               Cette partie du faubourg d'Avroy, la voici en 1649 sur une gravure due à Julius Milheuser :milheuser liege 1649.jpg  À cette époque, l'endroit est très champêtre, couvert de cultures, vergers et pâturages. Dix hectares de ces terres appartiennent au couvent des Frères Guillemites (le cercle rouge), établi là depuis le XIIIe siècle. Situons quelques points de repère : 1. Le cours principal de la Meuse (devenu les boulevards d'Avroy et Piercot)  / 2. La rue Sainte-Vérone (l'actuelle rue Sainte-Véronique) / 3. Le Grand Jonckeu (l'actuelle rue Louvrex) / 4. L'église Sainte-Véronique / 5. La rue Neuville (l'actuelle rue Hemricourt) / 6. Le Petit Jonckeu (l'actuelle rue du Plan Incliné) / 7. La ruelle du Saint-Esprit (l'actuelle rue de Serbie) / 8. La rue des Hours (l'actuelle rue Paradis).


  Le couvent des Guillemites (Guillemins) a souffert pendant les troubles révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle, et il est fort dévasté quand l'administration française* vend le domaine en 1798 comme bien national. C'est la famille Fabry qui acquiert tous ces terrains, appelés le clos des Guillemins. Au début du XIXe siècle, elle en revendra certaines parcelles aux familles Crombet et Simonon.
* La principauté de Liège a été rattachée à la France de 1795 à 1814, tout comme le reste de l'actuelle Belgique connue précédemment sous le nom de Pays-Bas autrichiens.

plan_sud_liege_1827.jpg   Sur ce plan de 1827, le cercle rouge désigne l'emplacement de l'ancien couvent des Guillemites, et les numéros reprennent les mêmes points de repère que ceux de la gravure de Milheuser. Les terres d'Avroy sont toujours rurales et peu peuplées, à l'exception du quai de Meuse. L'urbanisation des lieux ne va pas tarder, avec le développement du chemin de fer et la création de nouvelles voiries.

plan_sud_liege_1845.jpg  Depuis 1842 (le plan ci-dessus date de 1845), une station de chemin de fer est établie aux Guillemins (le quartier a adopté le nom de l'ancien couvent). Une nouvelle rue a été percée pour la relier au quai d'Avroy. D'abord appelée la rue de la Station (1), elle deviendra la rue des Guillemins en 1863. Le Petit Jonckeu a été rectifié et élargi, et le chemin urbain (2) qu'il constitue préfigure la future rue du Plan Incliné.

plan_sud_liege_1883.jpg  Comme en témoigne le plan ci-dessus, daté de 1883, une quarantaine d'années a suffi pour métamorphoser la configuration des lieux.

  De 1853 à 1863, le cours de la Meuse a été déplacé et simplifié. Les terrains récupérés, dès la fin des années 1870, ont permis la création du parc d'Avroy et du quartier bourgeois des Terrasses (voir ces autres articles).

  En 1863, on a construit une nouvelle gare dans l'axe de la rue des Guillemins. Cette fois, il s'agit d'un bâtiment en dur, en gros blocs de pierre de France, avec un impressionnant vitrail en façade (voir ce lien).

  Quant au quartier qui nous intéresse ici, à l'emplacement de l'ancien domaine des Frères Guillemins, il s'est urbanisé dès le milieu du XIXe siècle.

  Reportons-nous en 1852. Malgré les polémiques à ce sujet, il est de plus en plus probable que la gare principale de Liège restera celle des Guillemins (Liège n'aura sa gare centrale qu'avec Liège-Palais en 1877). Pour donner de la plus-value à leurs biens, les propriétaires du clos des Guillemins (dont principalement la famille Fabry) proposent à la Ville de céder les terrains nécessaires à la création d'un réseau de voiries. Le projet est accepté en 1854. Il prévoit un axe principal qui relie la rue de la Station (rue des Guillemins) à la place Sainte-Véronique, axe entrecoupé par une place carrée à chaque coin de laquelle s'ouvre une autre artère.

  Naissent ainsi :

- La rue Fabry, réalisée en 1857. Elle porte ce nom à la demande de la famille Fabry qui a cédé le terrain, pour honorer son ancêtre Jacques-Jospeh de Fabry, bourgmestre de Liège lors des événements révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle, favorable aux idées françaises et opposé au pouvoir tyrannique du prince-évêque.

- La rue de Chestret, réalisée aussi en 1857 et baptisée ainsi en 1866, en hommage à Jean-Remy de Chestret, lui aussi bourgmestre de Liège à la fin du XVIIIe siècle et chef (avec Fabry) des patriotes liégeois hostiles au prince-évêque.

- La rue de la Paix, appelée ainsi en 1866 pour rappeler que la paix est indispensable à l'essor du commerce et de l'industrie. Cette rue sera rebaptisée rue de Rotterdam lors de la fusion des communes de 1977.

- La place de Bronckart, qui n'est ouverte qu'en 1863 et bâtie dès 1866. Elle porte d'abord le nom de place des Guillemins, puisque cet emplacement était au cœur de l'ancien domaine de Frères Guillemites. Elle est rebaptisée en 1885*, peu après le décès d'Émile Joseph de Bronckart, politicien liégeois qui s'est énormément dévoué pour le développement de l'enseignement primaire.
* 1885 est la date généralement retenue, notamment dans « Les rues de Liège » de Théodore Gobert. Constatons néanmoins que le plan de 1883 que nous commentons utilise déjà la mention « place de Bronckart ».

- La rue Simonon, appelée ainsi en 1866 du nom de Charles-Nicolas Simonon (1174-1847), auteur wallon (dictionnaire et poèmes).

- La rue du Midi, nommée ainsi en 1866 et rebaptisée rue des Ixellois en 1947, pour rendre hommage à la commune d'Ixelles qui a recueilli des enfants liégeois pendant la seconde guerre mondiale.

- La rue Dartois, qui porte le nom de Jean Dartois (1754-1848), ciseleur et graveur renommé. L'appellation est adoptée dès 1857, mais il faudra attendre une quinzaine d'années pour que la voie soit opérationnelle et constructible, vu les travaux pour rehausser le terrain puis le niveler.

Il est temps de présenter quelques illustrations :

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place des guillemins_liege_2013.jpg


rue et gare des guillemins_liege_1907.jpg  Cette carte postale de 1907 nous montre la deuxième gare des Guillemins, celle construite en 1863-64, agrandie en 1881-82 et embellie encore en 1905, à l'occasion de l'Exposition universelle. La photo qui suit permet la comparaison avec la troisième gare (1958-2007) :
rue des guillemins_liege_2005.jpg


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*Ce petit clocher n'existe plus de nos jours.

place de bronckart et rue fabry_liege (2).jpg  La même perspective lors de la construction d'un immeuble à l'angle et de la place de Bronckart et de la rue Fabry. Le tram électrique est probablement un véhicule de l'actuelle ligne n°20, créée en 1895 entre la place Sainte-Véronique et la place du Batty à Cointe.

place de bronckart_liege_1962 (1).jpg

  À nouveau la même perspective, en 1962 ▲ puis de nos jours ▼rue fabry_liege_2014.jpg


* * * * *

place de bronckart_liege_1909.jpg  La place de Bronckart sur une carte postale colorisée affranchie en 1909. Dès 1866, le conseil communal a voté un règlement urbanistique concernant les constructions à venir sur ce site, imposant l'uniformité des façades*. Il a fallu trois décennies pour que l'ensemble soit bâti.
* Façades classées depuis 1985.


À remarquer le pylône de distribution téléphonique, toujours existant dans les années 1950 :place de bronckart_liege_debut annes 1950.jpg


* * * * *

rue dartois_liege_debut XXe.jpg
La rue Dartois au début du XXe siècle, vue depuis la rue des Guillemins.

rue dartois_liege_1962.jpg
En 1962, avec la rue des Guillemins.

rue dartois_liege_1962 (2).jpg
En direction de la place de Bronckart, en 1962 ▲ et 2007 ▼rue dartois_liege_2007.jpg

place de bronckart_liege_1970.jpg
La rue Dartois et la place de Bronckart en 1970 ▲ et en 2006 ▼place de bronckart_liege_2006.jpg

* * * * *

place de bronckart rue simonon_liege_1970.jpg
Dans le fond de cette photo de 1970, s'ouvre la rue Simonon, qu'on retrouve ci-dessous en 2006 :place de bronckart rue simonon_liege_2006.jpg

rue des ixellois_liege_1970.jpg
La rue des Ixellois en 1970 ▲ et 2006 (dans le fond de la place de Bronckart) ▼rue des ixellois_liege_2006.jpg


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08/11/2014

Le chantier de la gare Calatrava - Liège Guillemins

  La nouvelle gare des Guillemins, à Liège, est l’œuvre de l'architecte espagnol Santiago Calatrava Valls. Sa construction a marqué la première décennie du XXIe siècle.

1960... gare des Guillemins Liège.jpg  La gare des Guillemins précédente datait de 1958. On la voit ci-dessus dans les années 1960 et ci-dessous vers 1975 :
1975...gare des Guillemins Liège.jpg


 L'évolution du chantier de la gare Calatrava
:

 

2003-08-08 chantier gare des Guillemins Liège.jpg8 août 2003.

 

2003-12-06 chantier gare des Guillemins Liège.jpg6 décembre 2003.

 

2004-08-28 chantier gare des Guillemins Liège.jpg28 août 2004.

 

2004-10-23 chantier gare des Guillemins Liège.jpg23 octobre 2004.

2004-12-31 chantier gare des Guillemins Liège.jpg31 décembre 2004.

2005-04-30 chantier gare des Guillemins Liège.jpg30 avril 2005.

2005-06-18 chantier gare des Guillemins Liège.jpg18 juin 2005.

2006-07-01 chantier gare des Guillemins Liège.jpg1er juillet 2006.

2006-10-07 chantier gare des Guillemins Liège.jpg7 octobre 2006.

2007-06-07.jpg7 juin 2007.

2007-08-18 chantier gare des guillemins Liège.jpg18 août 2007.

2007-08-18 vieille gare des GuilleminsLiège.jpg18 août 2007.

2007-08-20 vieille gare des Guillemins Liège.jpg20 août 2007.

2007-08-30 démolition vieille gare des Guillemins Liège.jpg30 août 2007.

2007-09-22 chantier gare des Guillemins Liège.jpg22 septembre 2007.

2008-03-28 chantier gare des Guillemins Liège.jpg23 mars 2008.

2008-08-09 chantier gare des Guillemins Liège.jpg9 août 2008.

2012-08-11 chantier gare des Guillemins Liège.jpg11 août 2012.

24/06/2014

Les origines de l'avenue Rogier

histoire de liège,charles rogier,avenue Rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden  La rue des Guillemins à l'aube du XXe siècle. À l'angle de l'avenue Blonden, le bistrot s'appelle le café de la Belle Vue. Serait-ce celle que les clients peuvent admirer depuis la terrasse de l'établissement ? Celle que vous découvrez sur la photo qui suit, avec le parc d'Avroy et l'avenue Rogier, quartier somptueux conçu une vingtaine d'années plus tôt par Hubert Guillaume Blonden, directeur des travaux publics de la ville de Liège :
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Voici l'équivalent en 2007 de ces deux cartes postales anciennes :histoire de liège,charles rogier,avenue Rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden

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  L'avenue Rogier porte le nom du célèbre avocat liégeois qui a joué un rôle essentiel lors de l’indépendance de la Belgique en 1830 :
histoire de liège,charles rogier,avenue Rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden  Réalisé en 1878 par le peintre liégeois Charles Soubre (1854-1889, professeur à l'académie des Beaux-Arts), ce tableau représente le départ pour Bruxelles, en 1830, des volontaires liégeois emmenés par Charles Rogier. On reconnaît, à l'arrière-plan, les colonnes de la première cour du palais de justice.

 

 

HISTORIQUE

 

  Découvrons les lieux tels qu'ils étaient en 1861 :histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden

1. La rue de la Station (rue des Guillemins dès 1863).

2. L'avenue d'Avroy (boulevard d'Avroy dès 1900).

3. Le bassin de Commerce, vaste plan d'eau de quatre hectares servant de port fluvial. L'étang du parc d'Avroy en est une réminiscence.

4. Chenal d'accès au bassin de Commerce, devenu l'avenue Blonden.

5. L'île de Commerce, terrain vague promis en vain à un grand avenir économique.

6. Chenal d'accès au bassin de Commerce, devenu le boulevard Piercot.

7. L'église Saint-Jacques.

8. Le Grand Séminaire et l'Évêché.

9. Le lieu-dit Paradis.

10. Le cours de la Meuse, rectifié depuis les travaux gigantesques de 1853-63, qui ont aussi abouti à la création du bassin de Commerce et au creusement de la Dérivation.

11. Le pont de Commerce (actuel pont Albert 1).

12. Le jardin d'Acclimatation (Boverie).

13. La Dérivation de la Meuse, canal creusé en remplacement de divers bras de la Meuse et de l'Ourthe.

 

  La flèche indique le sens du regard pour découvrir le bassin de Commerce tel qu'il est représenté sur la peinture ci-dessous, qui date de 1872 :
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  Ce bassin s’avère très vite mal adapté aux besoins des bateliers, contraints à de nombreuses manœuvres difficiles. Les bourgeois d’Avroy, en outre, se plaignent de l’aspect inesthétique de cette zone aux eaux sales le long de leur promenade favorite. Quant à l’île de Commerce au nom prometteur, elle reste inexploitée, les débats s’éternisant à propos de son affectation définitive.

  Plusieurs plans urbanistiques sont proposés pour réaménager les lieux. En 1868, les autorités communales adoptent celui de leur directeur des travaux publics, Hubert Guillaume Blonden, qui prévoit la suppression du bassin inadapté et le rattachement de l'île à la terre ferme, dans l'intention d'établir à ces endroits un grand parc public et un quartier résidentiel bourgeois. Diverses tracasseries administratives, financières et judiciaires entraînent d’importants retards : le projet de Blonden, remanié, ne sera réalisé qu’à partir de 1876.

 

histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden  Cette illustration provient du journal satirique « Le rasoir » (feuille liégeoise ayant publié de nombreuses caricatures politiques de 1859 à 1889). Évoquant la statue de Charlemagne sise en Avroy, elle se moque de Blonden qui agit en maître incontesté, menant le conseil communal par le bout du nez.

 

histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerce,  Le comblement du bassin de Commerce est terminé en 1879. L’espace récupéré est utilisé pour ouvrir au public un vaste parc dessiné par le paysagiste allemand Édouard Keilig, déjà sollicité à Bruxelles, dès 1861, pour l’aménagement du bois de la Cambre.

histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerce,  Au cœur du nouveau quartier luxueux prévu par Blonden, que longe l'avenue Rogier, se trouvent les Terrasses, squares aménagés en jardins classiques autour de deux bassins d’eau. Nous traiterons de ce sujet dans un autre article.

 

histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerceLe boulevard d'Avroy, le parc d'Avroy et l'avenue Rogier à la fin du XIXe siècle▲ et en 2009 ▼histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerce

histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerce  En 1887.

histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerce  L'avenue Rogier est incontestablement un quartier huppé. L'ensemble qu'elle constitue avec les boulevards d'Avroy et de la Sauvenière rivalise avec les Champs-Élysées de Paris, eux aussi en plein essor à cette époque. Hubert Guillaume Blonden est fier de son œuvre : les grands boulevards liégeois, depuis la place du Théâtre jusqu'au lieu-dit Paradis, sont plus longs que la célèbre avenue de la capitale française (2200 mètres contre 1910).

histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerceAvant 1904, avec les charrettes à tonneaux des services de l'arrosement (comprenez : les services de lavage des chaussées).

 

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histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerceEn 1900 ▲ et 2007 ▼histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commercePour rappel, le monument national à la Résistance a été inauguré en 1955.

 

  En 1905, Liège célèbre le jubilé de l’indépendance du pays en même temps qu’elle vit à l’heure de l’Exposition universelle ; il est décidé, dans ces circonstances, d’ériger un mémorial Charles Rogier à l'extrémité du parc d’Avroy, lieu de passage incontournable quand on arrive de la gare des Guillemins.

histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerceLe monument et l'avenue Charles Rogier en 1906 ▲ et 2006 ▼histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerce

 

histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerce  Ce groupe en bronze a été réalisé par l’artiste bruxellois Camille-Marc Sturbelle. Une anecdote : la sculpturale femme nue qui représente la Patrie aurait eu comme modèle une certaine Elvire, sœur de Henri Herd, mieux connu sous le pseudonyme de Constant-le-Marin, athlète impressionnant célèbre au tout début du XXe siècle pour ses victoires en lutte gréco-romaine.

 

histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerce  Cette carte postale, émise à l'époque de l'Exposition universelle de 1905, met en valeur les « constructions modernes » de l'avenue Rogier et des Terrasses. Ci-dessous, cinquante-cinq ans plus tard, les maisons de maître commencent à laisser la place à d'autre types d'immeubles à la mode :
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histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerce  En 1930, la Belgique célèbre le centenaire de son indépendance en organisant une double exposition internationale, à Liège et à Anvers. À cette occasion, on réaménage le carrefour proche du monument Rogier. L'habitude d'une fontaine est restée, comme en témoignent les deux photos qui suivent, prises en 1959 et 1969 :
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17/05/2014

Le lieu-dit Paradis (ou Petit Paradis) et l'ancien chenal de Commerce

La chapelle du Paradis


  Le lieu-dit Paradis (ou Petit Paradis) se trouve à l’extrémité de l’avenue Blonden. Ce nom d’apparence religieuse ne provient pas de l’ancienne chapelle qui a disparu à la fin du XIXème siècle, mais d’une agréable propriété champêtre citée dès le XIIIème siècle, dite du « Paradis terrestre ».

chapelle paradis-liege-1850.jpg   La chapelle du Paradis en 1850, à l’angle du quai* et de la rue de Fragnée. Elle tire donc son appellation du quartier et non l’inverse. Ses origines remontent au milieu du XVIIème siècle : le terrain appartient alors à Henry Bonhomme, verrier réputé et bourgeois pieux qui désire y faire ériger un oratoire dédié à la Vierge ; le projet est accepté par les autorités épiscopales en 1647.
* Le quai de Fragnée ne s'appellera le quai de Rome qu'après 1923.

paradis-avenue blonden-liege-1962.jpg  Sur cette photo de 1962, le contenu du dessin de 1850 trouverait sa place dans le carré rouge. Ci-dessous, le même endroit en avril 2014, pendant le chantier de réaménagement des quais de la Meuse :
paradis-avenue blonden-chantier 2014.jpg

 

 

chapelle paradis-liege-inondation 1881.jpg   La vue ci-dessus date de la grande crue de 1880 : le bateau est supposé amarré le long du quai de Fragnée (l’actuel quai de Rome). La chapelle du Paradis est abandonnée, devenue inutile depuis la construction en 1874 de l’église Sainte-Marie des Anges de la place des Franchises. Délabrée, elle sera détruite en 1881. Ci-dessous, la même vue en 1962 et 2014 :
paradis-avenue blonden-meuse--liege-1962.jpg

paradis-avenue blonden-liege-meuse-2014.jpg


chapelle paradis-liege-1881.jpgLa chapelle du Paradis abandonnée après 1874. Les deux photos qui suivent témoignent de l'évolution du lieu au début du XXe siècle :paradis-liege-debut XXe.jpg   La maison garnie d’une tourelle fait partie des embellissements apportés au quartier en vue de l’Exposition universelle de 1905. À l’autre coin de la rue de Fragnée, le bâtiment avec loggia date de 1916, même s’il se donne des airs plus anciens.

paradis-liege-1954.jpg   La résidence Petit Paradis est le premier immeuble en hauteur du quartier ; elle remplace la maison à tourelle depuis 1937 (mais la photo date des années 1950).

 

Le chenal de Commerce

 

  À la fin du XIXe siècle, le plan urbanistique d'Hubert Guillaume Blonden* modifie profondément cet endroit de la ville, avec notamment la création du parc d'Avroy, de l'avenue Rogier, des Terrasses et du boulevard Frère-Orban.
* Ingénieur et directeur des travaux publics de 1857 à 1880.

  Dans le cadre de ces transformations pharaoniques, un chenal portuaire est aménagé dès 1878 le long du redressement de la Meuse, côté rive gauche, du Paradis jusqu’au boulevard Piercot.

petit paradis-liege-chenal de commerce 1904.jpg  Ci-dessus, la Meuse et le chenal sur une carte postale affranchie en 1904. Ci-dessous, la même perspective en août 2013, lors du chantier de réaménagement des quais et de l'avenue Blonden :chantier-amenagement des quais-paradis-liege-2013.jpg

 

chenal-paradis-liege-1909.jpg  Le chenal latéral est séparé de la Meuse par une jetée servant de débarcadère ; il est réservé aux bateaux transportant des marchandises, car le transport de passagers par bateaux-mouches s’effectue sur le cours principal du fleuve, régulé par un barrage à aiguilles.

chenal-paradis-liege-entree 1897.jpg  L’entrée du chenal du côté Paradis en 1897. La maison dotée d’une tour crénelée est celle de l’éclusier. Dans le fond à gauche, s’alignent les immeubles bourgeois du boulevard Frère-Orban.

maison eclusier-paradis-liege.jpg

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Gros-plan sur la maison de l’éclusier, qui a l’aspect d’un petit manoir.

chenal paradis-liege-peniche voile.jpg  Une péniche s’approche de l’entrée du chenal. À la fin du XIXe et début du XXe siècle, beaucoup d’embarcations naviguent encore à la voile.

chenal paradis-bateau mouche.jpg   Le bateau-mouche à vapeur, lui, emprunte le cours normal du fleuve ; son embarcadère est situé un peu plus loin sur la jetée, près de l’évêché.

bateau mouche-meuse-liege-1903.jpg  À l'époque, les bateaux-mouches sont affectés au transport en commun de passagers et assurent des liaisons régulières avec d'autres localités comme Visé, Seraing, Huy, Dinant... De nos jours (ci-dessous), le « Pays de Liège » propose des croisières touristiques ou festives :
bateau pays de liege.jpg

 

maison eclusier-paradis-liege-1909.jpg  La passerelle d’accès à la maison de l’éclusier est un pont tournant qui pivote quand il faut laisser passer les bateaux.
chenal paradis-liege-maison eclusier-pont tournant.jpg

chenal-paradis-liege-pont tournant-peniche 1904.jpg

chenal-paradis-liege-remorqueur vapeur.jpg  Le pont tournant a ouvert la voie à un remorqueur à vapeur, venu tracter les péniches non motorisées. Un chemin, le long de la berge, permet aussi le halage par des chevaux de trait.

bateaux mouches-meuse-liege-debut XXe.jpg   Les bateaux-mouches sur la Meuse à la hauteur du Petit-Paradis. De la colline, à l’horizon, émergent l'église Saint-Gilles et les belles-fleurs des charbonnages de La Haye. Ci-dessous, le même endroit au début des années 1960 :
meuse-paradis-liege-annees 1960.jpg

 

chenal paradis-liege-debut XXe.jpgLe chenal de Commerce à proximité du pont éponyme (aujourd'hui le pont Albert 1er).

chenl et pont de Commerce-liege-debut XXe.jpg  Une arche du pont de Commerce enjambe le chenal du côté des Terrasses (voir aussi photo suivante, qui date des années 1920) :
terrasses-chenal de commerce-liege-1920.jpg

 

 

ecluses-chenal-boulevard frere orban-liege-debut XXe.jpg  Le chenal portuaire le long du boulevard Frère-Orban, photographié au début du XXe siècle depuis le pont de Commerce. Ci-dessus, le même endroit en 2014 :
boulevard frere orban-liege-2014.jpg

 

quai-eveche-liege-debarcadere debut XXe.jpg  La flèche désigne le débarcadère des bateaux-mouches, que l'on voit aussi sur les deux documents suivants :
debarcadere bateaux-mouches_liege-eveche.jpg

bateaux mouches-boulevard frere orban-liege-debut XXe.jpg


La fin du chenal

 
  Inondant un tiers de la ville, les crues exceptionnelles de l’hiver 1925-1926 se sont moquées des améliorations apportées au réseau hydrographique à la fin du XIXe siècle. Dès 1928, des fonds sont libérés, avec l’aide d’une Commission nationale, pour entreprendre de nouveaux travaux d’approfondissement, d’élargissement et d’endiguement du fleuve.

  Pour stabiliser le cours de la Meuse, un pont-barrage est construit en 1930 au niveau de l’île Monsin, zone qui accueille, dès 1937, le port autonome de Liège. La nouvelle infrastructure est bientôt reliée au port d’Anvers grâce à l’inauguration du canal Albert en 1939, dans le cadre de l’Exposition universelle de l’Eau que la déclaration de guerre a interrompue.

 Toutes ces circonstances rendent obsolètes le barrage à aiguilles à proximité du pont de Commerce et le chenal éclusé qui longe le boulevard Frère-Orban depuis 1878.

chenal-boulevard frere orban-liege-remblayage (3).jpgCette vue date de la fin des années 1930. La résidence Petit Paradis vient d'être érigée en 1937, année où l'on a inauguré la tour civile du mémorial interallié de Cointe (l'église du Sacré-Cœur l'a été l'année précédente). Remarquez que le chenal de Commerce a été comblé et que l'on réaménage cette rive de la Meuse. Rive que la photo suivante propose en 2009 :
meuse-pont albert-boulevard frere orban-liege-2009.jpg

  Les deux photos qui suivent montrent le remblayage progressif du chenal dans le courant des années 1930 :
chenal-boulevard frere orban-liege-remblayage fin annees 1930 (1).jpg

chenal-boulevard frere orban-liege-remblayage-fin annees 1930 (2).jpg

 

chenal remblaye-liege-sept 1944.jpg  Le document ci-dessus date de septembre 1944. Le pont de Commerce ayant été saboté dès le début de la guerre, les soldats américains du génie aménagent des pontons supportés par des canots pneumatiques. On distingue, à l’arrière-plan, la résidence Petit Paradis de 1937. Les camions, à droite, sont stationnés sur l’ancien chenal récemment comblé. Ci-dessous, la même rive de la Meuse en 1979 :
vue aerienne heliport-liege-1979.jpg

 

futur port de plaisance-liege.jpg  Seule, cette partie de l'ancien chenal n’a pas été comblée, en prévision d’y établir un port de plaisance (l’actuel port des yachts), que l'on découvre ci-après en 1962, 1977 et 2014 :
port de plaisance-liege-1962.jpg

port de plaisance-liege-1977.jpg

port de plaisance-liege-2014.jpg

 
Revenons-en au lieu-dit Paradis :

paradis-liege-tunnel routier 1968 (1).jpg  Cet endroit est choisi, en 1968-69, pour installer la centrale à béton qui sert à la construction simultanée des tunnels routiers du Petit Paradis, du pont roi Albert 1er et de l’Évêché.

paradis-liege-tunnel routier 1968 (2).jpg  1968-1969. Lors des terrassements nécessités par la réalisation du tunnel routier Petit Paradis (on aperçoit dans le fond l’avenue Blonden et le boulevard Frère-Orban), les ouvriers ont dû s’attaquer, au marteau-piqueur, à des fondations témoignant des anciennes berges de la Meuse et de ses installations portuaires.

 

chantier-paradis-liege-2014.jpg  L'histoire serait-elle un éternel recommencement ? La photo ci-dessus date d'août 2013, pendant le chantier de réaménagement des quais de la Meuse, du Paradis aux Prémontrés (Évêché).


D'autres photos de ce chantier sur http://liege-photos.skynetblogs.be/quais-de-la-meuse/

 

Cet article constitue un des chapitres du livre présenté ci-dessous, lequel raconte l'histoire des anciens bras de la Meuse devenus grands boulevards :

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14:48 Écrit par Claude WARZÉE dans Guillemins et environs, Quais de la Meuse | Commentaires (2) |  Facebook |