17/07/2014

La rue Léopold (quartier de la Madeleine)

   Cette artère aux immeubles cossus, appelée aussi à devenir la plus commerçante de la ville, a été percée dans le dernier quart du XIXe siècle (nous y reviendrons) à travers le quartier de la Madeleine, un quartier ancien et vétuste qu'il était temps d'assainir.

  Voici un plan de 1843 pour aider le lecteur à s'orienter dans les rues d'antan. La flèche préfigure la future rue Léopold, percée dans l'axe d'un nouveau pont des Arches (inexistant donc sur ce document) :
plan madeleine liege 1843.jpg


  Les deux illustrations qui suivent (un dessin et une photo au contenu identique) montrent l'endroit de la place Saint-Lambert où s'ouvre aujourd'hui la rue Léopold :
place saint-lambert-liege-avant 1876.jpg

rues grande tour et souverain-pont_liege-avant 1876.jpg La flèche rouge désigne la rue de Bex* ; la verte, la rue Grande Tour** ; la bleue, la rue Souverain-Pont***.

* Pierre de Bex (1594-1651), bourgmestre et grignoux notoire, décapité pour s'être opposé au pouvoir absolu du prince-évêque. Cette voirie était appelée rue Petite Tour avant 1863.
** Allusion à la grande tour (128 m) de l'ancienne cathédrale Saint-Lambert, tour qui se trouvait à l'entrée dela rue Souverain-Pont.
*** Allusion à un pont qui surplombait autrefois un vivier, antérieur (souverain) au pont des Arches !

  Aidons-nous de ce même fléchage sur les deux vues suivantes, qui nous proposent les lieux au début du XXe siècle puis en 2009 :

rue leopold-liege-debut XXe.jpg

rue leopold-liege-2007.jpg  La flèche verte ne figure plus sur cette photo de 2009. Une zone arborée a remplacé tout un alignement d'immeubles, rasés au début des années 1980. Se trouve là, actuellement, une gare des bus en plein air :
place maigret-liege-2009.jpg  À côté de l'espace réservé aux arrêts de bus, l'endroit a été aménagé en une petite place appelée la place du Commissaire Maigret* (une statue du célèbre policier a été installée assise sur un banc).

* Les aventures du commissaire Jules Maigret ont été imaginées par Georges Simenon, écrivain né rue Léopold à Liège en 1903 (mort à Lausanne, en Suisse, en 1989).

 


HISTORIQUE

 

  Le quartier populaire de la Madeleine remonte aux origines de Liège. Il tire son nom d'une église dédiée à sainte Madeleine, église probablement créée dans la seconde moitié du XIIe siècle, bien que Jean d'Outremeuse, le chroniqueur-romancier, en imagine l'existence quelque deux siècles plus tôt.

eglise de la madeleine-liege-1800.jpgL'église de la Madeleine vers 1800, dessin de JJ Van den Berg, bibliothèque de l'Ulg.


  Au XIXe siècle, le quartier est tombé en pleine décadence. Gobert parle d'« une population serrée, compacte, grouillant dans une agglomération de rues tortueuses, de venelle et d'impasses obscures, bondée d'habitations ouvrières manquant d'air de lumière ». La Légia traverse les lieux à ciel ouvert, charriant tous les déchets des habitants et répandant d'immondes puanteurs*.

* Ce tronçon pollué du ruisseau est d'ailleurs surnommé depuis longtemps le « merdecoul » (!), appellation déformée en « merchoul », nom qu'on a aussi attribué autrefois à cette partie du quartier. « Merchoul » n'a donc rien à voir avec « mère qui tchoûle », allusion à sainte Madeleine, la patronne de l'église locale (la pécheresse Marie-Madeleine s'est repentie en pleurs aux pieds de Jésus).


En 1849, une épidémie de choléra met en évidence l'état sanitaire pitoyable du quartier de la Madeleine. En 1850, le conseil communal vote un plan d'assainissement, mais celui-ci suppose de nombreuses expropriations qui irritent les propriétaires concernés et risquent de menacer l'avenir financier de la Ville. Il faut attendre 1858 et l'incendie de l'ancienne église de la Madeleine, abandonnée depuis les événements révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle, pour que le projet soit réexaminé et enfin exécuté en partie, avec l'établissement d'une place publique à l'emplacement des ruines de l'église.

place de la madeleine-liege-1860.jpgLa place de la Madeleine entre 1860 (sa création) et 1876 (le percement de la rue Léopold).

 

 

  En 1859, il est décidé de construire un nouveau pont des Arches, légèrement plus en amont que le précédent, et le relier à la place Saint-Lambert par une large artère, laquelle participerait à la mise en ordre générale du quartier de la Madeleine et permettrait une communication aisée entre le centre-ville et Outremeuse.

  Le premier tronçon de cette artère, du nouveau pont à la rue Sur Meuse (devenue le tronçon nord de la rue de la Cathédrale), est aménagé rapidement. En 1863, le conseil communal le baptise « rue Léopold », en hommage au premier roi des Belges ; il est prévu que cette appellation s'appliquera à l'entièreté de la voirie quand elle se sera prolongée jusqu'à la place Saint-Lambert.

  Ce prolongement se fera hélas attendre plus de 10 ans. Le percement de la rue Léopold à travers le quartier de la Madeleine commencera en juillet 1976.

demolition pont des arches-liege-1859.jpg  Démolition en 1859 du pont des Arches troisième du nom. Ce pont, côté centre-ville, se trouvait à la hauteur de la rue Neuvice.

histoire de liège,place saint-lambert,rue leopold,quartier de la madeleine,rue de bex,rue grande tour,pont des arches  Le pont des Arches quatrième du nom, construit en 1860 (on l'appellera aussi quelque temps le pont Léopold). À droite : les moulins de Bèche et de Saucy, au confluent de la Meuse et d'un bras de l'Ourthe.

plan-chantier rue leopold-liege-fin XIXe.jpg  Plan du chantier de réaménagement du quartier de la Madeleine, avec en rouge le tracé des transformations à effectuer.
Plan figurant dans la revue « Si Liège m'était conté », n° 53, 1974, dans un article signé Jean Brose.

 

percement rue leopold-liege-1876.jpgLe début du chantier en 1876, côté place Saint-Lambert.

percement rue leopold-liege-1877.jpg1877. À gauche, on reconnaît l'église Sainte-Catherine (dont la façade se trouve en Neuvice) et dans le fond, l'église Saint-Pholien en Outremeuse.

destruction quartier madeleine-liege-aout 1876.jpg

demolition quartier madeleine-liege-1876.jpgIl ne subsiste rien de cet endroit, traversé par la rue Léopold, comme en témoigne la photo ci-dessous, où seul le clocher de Sainte-Catherine sert de point de repère :
rue leopold-liege-2014.jpg

 

chantier rue leopold-liege-1880.jpg  Photo prise vers 1880. À gauche, on aperçoit une aile de l'hôtel de ville. À l'avant-plan, ce sont les fondations des immeubles de la rue Léopold.


  Rue Derrière la Madeleine, rue des Tourneurs, rue du Casque, rue du Stockis... toutes rues qui ont disparu et dont voici quelques souvenirs :
demolition quartier madeleine-liege.jpg

rue de la cloche-liege-avant 1876.jpg

rue du stockis-liege-avant 1876.jpg

. . . . .

 

place saint-lambert_liege-debut XXe.jpg  À la fin du XIXe siècle, la place Saint-Lambert est devenue la plaque tournante d’un trafic important, le point de concentration d’un commerce très actif et l’aire de distribution d’artères très animées.

rue leopold-liege-crmsf-debut XX.jpg  La rue Léopold vers 1905. Depuis 1878, le bâtiment au coin de la rue Léopold et de la rue de Bex (à gauche) s'appelle le « Drapeau belge ». Il s'agit d'un magasin de tissus.

  Ci-dessous, le même endroit dans les années 1960 :
rue de bex-rue leopold-trams-annees 1960.jpg

 

 

rue leopold-liege-1900.jpg
La rue Léopold en 1900 ▲ et dans les années 1960 ▼
rue leopold-tram-liege.jpg

 

rue leopold-pont des arches-liege-1965.jpgDepuis le pont des Arches, dans les années 1960 ▲ et 1970 ▼rue leopold-pont des arches-liege-1970.jpg

 

 

rue leopold-liege-aux economes.jpgAu début du XXe siècle ▲ et en 2009 ▼rue leopold-liege-bing maps-2009.jpg

 

 

rue leopold-liege-1960.jpgVers 1960 ▲ et en 1976 ▼rue leopold-liege-1976.jpg


rue leopold-liege-1984.jpgEn 1984 ▲ et 2009 ▼place Commissaire Maigret-liege-2009.jpg

 

place saint-lambert_liege-1988.jpgEn 1988 ▲ et 2006 ▼place saint-lambert-rue leopold-liege-2006.jpg

 

 

rue leopold-liege-2009.jpgEn 2009 ▲ et le 27 janvier 2010 ▼explosion-rue leopold-liege-2010.jpg

explosion-rue leopold-liege-27 01 2010.jpg

  Autres renseignements sur la page « Place Saint-Lambert » (série 7) du site « Liège, photos d'hier et d'aujourd'hui ».



Bibliographie :

- Théodore GOBERT, Liège à travers les âges, les rues de Liège, nouvelle édition Culture et Civilisation, 1975.

- Jean BROSE, le quartier de la Madeleine et la création de la rue Léopold, revue communale « Si Liège m'était conté », 1974.

24/06/2014

Les origines de l'avenue Rogier

histoire de liège,charles rogier,avenue Rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden  La rue des Guillemins à l'aube du XXe siècle. À l'angle de l'avenue Blonden, le bistrot s'appelle le café de la Belle Vue. Serait-ce celle que les clients peuvent admirer depuis la terrasse de l'établissement ? Celle que vous découvrez sur la photo qui suit, avec le parc d'Avroy et l'avenue Rogier, quartier somptueux conçu une vingtaine d'années plus tôt par Hubert Guillaume Blonden, directeur des travaux publics de la ville de Liège :
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Voici l'équivalent en 2007 de ces deux cartes postales anciennes :histoire de liège,charles rogier,avenue Rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden

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  L'avenue Rogier porte le nom du célèbre avocat liégeois qui a joué un rôle essentiel lors de l’indépendance de la Belgique en 1830 :
histoire de liège,charles rogier,avenue Rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden  Réalisé en 1878 par le peintre liégeois Charles Soubre (1854-1889, professeur à l'académie des Beaux-Arts), ce tableau représente le départ pour Bruxelles, en 1830, des volontaires liégeois emmenés par Charles Rogier. On reconnaît, à l'arrière-plan, les colonnes de la première cour du palais de justice.

 

 

HISTORIQUE

 

  Découvrons les lieux tels qu'ils étaient en 1861 :histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden

1. La rue de la Station (rue des Guillemins dès 1863).

2. L'avenue d'Avroy (boulevard d'Avroy dès 1900).

3. Le bassin de Commerce, vaste plan d'eau de quatre hectares servant de port fluvial. L'étang du parc d'Avroy en est une réminiscence.

4. Chenal d'accès au bassin de Commerce, devenu l'avenue Blonden.

5. L'île de Commerce, terrain vague promis en vain à un grand avenir économique.

6. Chenal d'accès au bassin de Commerce, devenu le boulevard Piercot.

7. L'église Saint-Jacques.

8. Le Grand Séminaire et l'Évêché.

9. Le lieu-dit Paradis.

10. Le cours de la Meuse, rectifié depuis les travaux gigantesques de 1853-63, qui ont aussi abouti à la création du bassin de Commerce et au creusement de la Dérivation.

11. Le pont de Commerce (actuel pont Albert 1).

12. Le jardin d'Acclimatation (Boverie).

13. La Dérivation de la Meuse, canal creusé en remplacement de divers bras de la Meuse et de l'Ourthe.

 

  La flèche indique le sens du regard pour découvrir le bassin de Commerce tel qu'il est représenté sur la peinture ci-dessous, qui date de 1872 :
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  Ce bassin s’avère très vite mal adapté aux besoins des bateliers, contraints à de nombreuses manœuvres difficiles. Les bourgeois d’Avroy, en outre, se plaignent de l’aspect inesthétique de cette zone aux eaux sales le long de leur promenade favorite. Quant à l’île de Commerce au nom prometteur, elle reste inexploitée, les débats s’éternisant à propos de son affectation définitive.

  Plusieurs plans urbanistiques sont proposés pour réaménager les lieux. En 1868, les autorités communales adoptent celui de leur directeur des travaux publics, Hubert Guillaume Blonden, qui prévoit la suppression du bassin inadapté et le rattachement de l'île à la terre ferme, dans l'intention d'établir à ces endroits un grand parc public et un quartier résidentiel bourgeois. Diverses tracasseries administratives, financières et judiciaires entraînent d’importants retards : le projet de Blonden, remanié, ne sera réalisé qu’à partir de 1876.

 

histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden  Cette illustration provient du journal satirique « Le rasoir » (feuille liégeoise ayant publié de nombreuses caricatures politiques de 1859 à 1889). Évoquant la statue de Charlemagne sise en Avroy, elle se moque de Blonden qui agit en maître incontesté, menant le conseil communal par le bout du nez.

 

histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerce,  Le comblement du bassin de Commerce est terminé en 1879. L’espace récupéré est utilisé pour ouvrir au public un vaste parc dessiné par le paysagiste allemand Édouard Keilig, déjà sollicité à Bruxelles, dès 1861, pour l’aménagement du bois de la Cambre.

histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerce,  Au cœur du nouveau quartier luxueux prévu par Blonden, que longe l'avenue Rogier, se trouvent les Terrasses, squares aménagés en jardins classiques autour de deux bassins d’eau. Nous traiterons de ce sujet dans un autre article.

 

histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerceLe boulevard d'Avroy, le parc d'Avroy et l'avenue Rogier à la fin du XIXe siècle▲ et en 2009 ▼histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerce

histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerce  En 1887.

histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerce  L'avenue Rogier est incontestablement un quartier huppé. L'ensemble qu'elle constitue avec les boulevards d'Avroy et de la Sauvenière rivalise avec les Champs-Élysées de Paris, eux aussi en plein essor à cette époque. Hubert Guillaume Blonden est fier de son œuvre : les grands boulevards liégeois, depuis la place du Théâtre jusqu'au lieu-dit Paradis, sont plus longs que la célèbre avenue de la capitale française (2200 mètres contre 1910).

histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerceAvant 1904, avec les charrettes à tonneaux des services de l'arrosement (comprenez : les services de lavage des chaussées).

 

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histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerceEn 1900 ▲ et 2007 ▼histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commercePour rappel, le monument national à la Résistance a été inauguré en 1955.

 

  En 1905, Liège célèbre le jubilé de l’indépendance du pays en même temps qu’elle vit à l’heure de l’Exposition universelle ; il est décidé, dans ces circonstances, d’ériger un mémorial Charles Rogier à l'extrémité du parc d’Avroy, lieu de passage incontournable quand on arrive de la gare des Guillemins.

histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerceLe monument et l'avenue Charles Rogier en 1906 ▲ et 2006 ▼histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerce

 

histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerce  Ce groupe en bronze a été réalisé par l’artiste bruxellois Camille-Marc Sturbelle. Une anecdote : la sculpturale femme nue qui représente la Patrie aurait eu comme modèle une certaine Elvire, sœur de Henri Herd, mieux connu sous le pseudonyme de Constant-le-Marin, athlète impressionnant célèbre au tout début du XXe siècle pour ses victoires en lutte gréco-romaine.

 

histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerce  Cette carte postale, émise à l'époque de l'Exposition universelle de 1905, met en valeur les « constructions modernes » de l'avenue Rogier et des Terrasses. Ci-dessous, cinquante-cinq ans plus tard, les maisons de maître commencent à laisser la place à d'autre types d'immeubles à la mode :
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histoire de liège,charles rogier,avenue rogier,avroy,rue des guillemins,parc d'avroy,square d'avroy,terrasses,avenue blonden,hubert guillaume blonden,bassin de commerce  En 1930, la Belgique célèbre le centenaire de son indépendance en organisant une double exposition internationale, à Liège et à Anvers. À cette occasion, on réaménage le carrefour proche du monument Rogier. L'habitude d'une fontaine est restée, comme en témoignent les deux photos qui suivent, prises en 1959 et 1969 :
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15/06/2014

Le monument Zénobe Gramme

monument zenobe gramme-liege-expo 1905.jpg

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  Ce monument, établi à la jonction entre le pont de Fragnée et le pont de Fétinne, célèbre la mémoire de l'illustre inventeur de la dynamo électrique.

 

zenobe_gramme_dynamo.jpg  Zénobe Théophile GRAMME naît en 1826 à Jehay-Bodegnée, près de Liège en Belgique, et meurt à Bois Colombe près de Paris en 1901. Dès son enfance, il est très attiré par le travail manuel et surtout la menuiserie. Il s'installe à Paris à partir de 1856. Son habileté de menuisier lui permet d'être engagé par deux entreprises faisant usage de l'électricité, notamment chez Ruhmkorff, le célèbre constructeur d'instruments scientifiques. C'est en 1868 qu'il construit la première dynamo à courant continu, point de départ de l'industrie électrique moderne.

  Gramme n'est pas un homme de science, mais un technicien, un bricoleur de génie. Il conçoit sa dynamo parce qu'il en a l'idée ; quand plus tard, on lui expliquera savamment le fonctionnement de sa machine, il dira que s'il lui avait fallu savoir tout cela, il ne l'aurait jamais inventée.

  On décrit souvent cet inventeur comme un personnage silencieux et pensif. Sa fameuse réplique « dji tûse Hortense » (je pense Hortense), faite à sa femme qui lui reprochait ses longues méditations, est restée célèbre.

(http://mpimichelet.free.fr/gramme.html).

monument zenobe gramme-liege-2007.jpg  Le monument Gramme est l’œuvre du sculpteur belge Thomas Vinçotte, en collaboration avec l'architecte liégeois Charles Soubre. Il a été inauguré le 7 octobre 1905, dans le cadre de l'Exposition universelle qui se tient à Liège cette année-là.

statue zenobe gramme-liege.jpg  Au centre de l'ensemble statuaire, posé sur un haut socle, trône le buste en bronze de Zénobe Gramme, qui tient sa dynamo. Une femme (symbole probablement d'une muse inspiratrice ou de la récompenses bien méritée) se tient à côté, ses mains enserrant des palmes glorieuses et des foudres électriques.

 

zenobe gramme 18 ans.jpg

zenobe gramme 40 ans.jpg  Sur les côtés, les statues en pierre représentent Gramme à 18 ans, quand il exerce son premier métier de menuisier ; et à 40 ans, quand il médite sur sa fameuse invention.

pont de fragnee-liege-expo 1905.jpg  Le pont de Fragnée a été construit dans le cadre de l'Exposition universelle de 1905, dont on aperçoit les installations aux Vennes-Fétinne et dans le parc de la Boverie. Le cercle rouge, dans l'encart, signale l'emplacement du monument dédié à Zénobe Gramme.

pont de fragnee-liege-après 1905.jpg  La flèche désigne le monument Zénobe Gramme. Cette vue nous reporte un peu après 1905. L'Exposition universelle est démontée, mais les terrains ne sont pas encore rebâtis.

 

monument zenobe gramme-liege-eglise saint-vincent avant 1930.jpgDans la première partie des années 1920, avec l'ancienne église Saint-Vincent.

square zenobe gramme-eglise saint-vincent_liege 1950.jpg  L'église Saint-Vincent que l'on connaît actuellement date de 1930. Due à l'architecte Robert Toussaint, elle est caractérisé par sa structure en béton et son dôme cuivré. Ci-dessous, le même endroit en avril 2007 :
fetinne-monument gramme-eglise st-vincent_liege_2007.jpg

 

monument zenobe gramme-liege-debut XXe.jpgDans les années 1920 ▲ et en 2007 ▼

pont de fragnee-liege-2007.jpg

 

pont de fragnee-liege-reconstruction 1946.jpgLors de la reconstruction du pont de Fragnée dès 1946.

square zenobe gramme-liege fragnee-1937.jpgEn 1937 ▲ et dans les années 1960 ▼square zenobe gramme-pont de fragnee-liege-annees 1960.jpg

 
À la fin des années 1960, le site du monument Gramme subira une profonde modification à la suite de la jonction entre les quais Gloesener et Mativa, jonction qui nécessite le creusement d'un tunnel sous le monument et la construction d'un nouveau pont sur l'Ourthe. Ci-dessous, le chantier en 1968 :
chantier pont gramme-liege-1968.jpg

fetinne-liege-2007.jpgEn 2007.

05/06/2014

Vues aériennes exceptionnelles de Liège au lendemain de la seconde guerre mondiale

  Ces vues proviennent d'un dossier complet qui concernait l'emplacement éventuel à Liège de la haute autorité Schuman (CECA). Elles m'ont été fournies par Pierre MARDAGA, qui les tient de son grand-oncle, député à l'époque.


Cliquez dessus pour les découvrir en meilleure résolution :
quais de la Batte-meuse-liege-fin_annees_1940.jpg

boverie-meuse-derivation-liege-fin annes 1940.jpg

30/05/2014

Le Trink-Hall du parc d'Avroy

  Dès 1880, le parc d’Avroy se voit doter d’un trink-hall (parfois orthographié « trinck-hall », mots d’origine germanique désignant au départ une salle de dégustation dans une station thermale). Il s’agit d’un café de style mauresque, décoré d’arabesques et flanqué de deux coupoles cuivrées. Le bâtiment correspond aux goûts de la clientèle bourgeoise de l’époque, qui apprécie ce dépaysement à l’orientale.

parc d'avroy_trink-hall-liege-fin XIXe.jpg   Cette carte postale colorisée présente le parc d'Avroy et l'avenue Rogier à la fin du XIXe siècle. La flèche permet de repérer les coupoles du Trink-Hall.

trink-hall_parc d'avroy-liege-dessin fin XIXe.jpgCarte postale de 1896.

parc d'avroy-statue charlemagne-dessin fin XIXe.jpg  Le parc d'Avroy à la fin du XIXe siècle, avec le Trink-Hall et le monument équestre de Charlemagne (œuvre du statuaire Louis Jehotte), installé là depuis 1868. Ce dessin provient de la revue « Si Liège m’était conté », revue trimestrielle publiée par les autorités communales dans les années 1960 et 70.

terrasses-parc d'avroy-liege-fin XIXe.jpg  Cette carte postale de la fin du XIXème siècle nous montre, à l’arrière de la balustrade des Terrasses et de l’avenue Rogier, le parc d’Avroy dont la végétation naissante ne masque ni le Trink-Hall mauresque ni l’église du Saint-Sacrement.

 

trink-hall_parc d'avroy-liege-1887.jpgCi-dessus, le Trink-Hall en 1887. Ci-dessous, en 1890 :

trink-hall_parc d'avroy-liege-1890.jpg

 

trink-hall_parc d'avroy-liege-sans kiosque.jpg  Remarquez l'inscription sous la coupole de gauche. La grande salle, en effet (photo suivante), éclairée par de hautes verrières, comporte huit billards pour accueillir les amateurs du genre :
trink-hall_parc d'avroy-liege-salle billards.jpg

 

trink-hall_promenade d'avroy-liege-debut XXe.jpg   Ci-dessus, la promenade d'Avroy à l'aube du XXe siècle. Ci-dessous, à titre de comparaison, le même endroit en 2006 :
trink-hall_parc d'avroy-liege-2009.jpg

 

trink-hall_parc d'avroy-liege-debut XXe.jpg  Très vite, un kiosque à musique est érigé dans le parc, près de la façade arrière du Trink-Hall. Le décor est idéal pour assurer le confort des auditeurs qui viennent écouter les concerts organisés par la Ville. Ce nouvel édicule, aux colonnes en fonte gracieusement inclinées vers l’extérieur, finira par détrôner son prédécesseur établi depuis 1852 à la hauteur de la rue Darchis.

 

trink-hall_parc d'avroy-liege-1901.jpg

trink-hall_parc d'avroy-liege-1902.jpg

trink-hall_parc d'avroy-liege-carte colorisee.jpg

trink-hall_kiosque_parc d'avroy-liege-1902.jpg

trink-hall_kiodque_parc d'avroy-liege-1905.jpg

trink-hall_etang du parc d'avroy-liege-debut XXe.jpgCi-dessus vers 1900. Ci-dessous en 2006 :

parc d'avroy-etang-liege-2006.jpg

trink-hall_parc d'avroy-liege-1905.jpg

  Le Trink-Hall est voué à la gastronomie, mais aussi aux divertissements. Depuis 1885, y ont lieu des séances de cinématographie (les premières à Liège, paraît-il).

  Le local de cinématographie est victime d'un incendie en 1908, et le sinistre endommage d'autres parties du bâtiment, ce qui nécessite des travaux de restauration en 1910.

trink-hall-liege-incendie_1908.jpg   Cette photo datant de 1908 est répertoriée aux archives du Vieux-Liège comme « le Trink-Hall après l'incendie de 1908 », mais je m’avoue incapable de reconnaître de quelle partie du bâtiment il s'agit !

trink-hall-avroy-liege-restauration 1910.jpg

  Les travaux de restauration de 1910, effectués par la firme Herzé et frère. Le bâtiment est alors « mis provisoirement à la disposition du syndicat d'initiative du pays de Liège, de la société des Amis du Vieux-Liège et des groupes de boys-scouts » (dixit Gobert).

  Dès 1914, le Trink-Hall est utilisé comme bureau de ravitaillement. En 1918, il subit de nouvelles dégradations quand les Allemands, à des fins militaires, font arracher les éléments métalliques de sa toiture.

obusier allemand 1914 avroy liege.jpg  À propos de la guerre, la tradition veut que la batterie d’obusiers installée en Avroy par les Allemands, en août 1914, était du type « Grosse Bertha » de 420 mm (un arbre entouré de chaînes rappelle cet emplacement). L’objectif de ces canons géants : frapper les forts de Flémalle et Hollogne. Cependant, les spécialistes militaires opteraient plutôt de nos jours pour des engins de 305, plus légers et plus facilement transportables depuis la gare des Guillemins où ils sont arrivés par rails.

trink-hall_parc d'avroy-liege-1910.jpg

   Le sort s’acharne sur le Trink-Hall. Il a certes recouvré dès 1921 les parures cuivrées de sa célèbre toiture, mais après les inondations catastrophiques de l’hiver 1925-1926, il ne retrouvera jamais son prestige d'antan. Le bâtiment va se délabrer au fil du temps et atteindre un tel niveau de vétusté que les autorités communales, en 1961, décident sa démolition parce qu’il « dépare incontestablement un des coins les plus agréables de la ville ».

trink-hall_parc d'avroy-liege-inondation 1925-1926.jpgPendant les inondations de l'hiver 1925-1926.

 

  Les quatre photos qui suivent ont été prises en mai 1962 et témoignent de l'abandon des lieux à cette époque :

trink-hall_parc d'avroy-liege-1962a.jpg

trink-hall_parc d'avroy-liege-1962b.jpg

trink-hall_parc d'avroy-liege-1962c.jpg

trink-hall_interieur abandonne-liege-1962.jpg

 

projet trink-hall-liege-1963.jpg   Maquette du nouveau Trink-Hall qui sera construit en 1963 (© Bureau d’Études Age-Satin). « Souhaitons à ce nouveau-né de l’architecture moderne (dit un texte d’époque) de rendre à ce coin pittoresque et reposant toute sa popularité d’antan ». L’établissement redevient un endroit chic, où l’on organise des mariages, soirées dansantes et réunions d’affaires. Avec l’obligation que le café du rez-de-chaussée et les terrasses soient librement accessibles aux promeneurs du parc.

trink-hall_parc d'avroy-liege-annees fin 60 debut 70.jpg  Le Trink-Hall au début des années 1970. Sous la frondaison, à droite, on distingue l’escalier du kiosque à musique modernisé la décennie précédente. C’est cet escalier que l’on retrouve sur la photo ci-dessous, prise le 1er mai 1968 (année de contestation notoire). Dès l’origine, le kiosque a servi de point de ralliement pour le cortège du parti socialiste le jour de la fête des travailleurs :
kiosque parc d'avroy-liege-mai 1968.jpg

 

 

madcafe-liege-2009.jpg   Depuis 1982, le bâtiment abrite le Musée d’Art Différencié (MAD), géré par le CREAHM (Créativité et Handicap Mental). Les jours de beau temps, la terrasse du MAD Café ( la photo ci-dessus date de 2009) permet aux promeneurs de se désaltérer ou de se restaurer. Diverses activités sont organisées dans ce cadre arboré, et le kiosque voisin accueille à nouveau des concerts, notamment lors des fêtes de la Musique ou du 21 juillet (fête nationale).

  Il existe un projet de rénovation et d’extension du MAD, dû à l’Atelier d’Architecture Beguin-Massart. On le prétend possible pour 2015 :
mad_cafe-liege-projet beguin massart_1.jpg

mad_cafe-liege-projet beguin massart_2.jpg

17/05/2014

Le lieu-dit Paradis (ou Petit Paradis) et l'ancien chenal de Commerce

La chapelle du Paradis


  Le lieu-dit Paradis (ou Petit Paradis) se trouve à l’extrémité de l’avenue Blonden. Ce nom d’apparence religieuse ne provient pas de l’ancienne chapelle qui a disparu à la fin du XIXème siècle, mais d’une agréable propriété champêtre citée dès le XIIIème siècle, dite du « Paradis terrestre ».

chapelle paradis-liege-1850.jpg   La chapelle du Paradis en 1850, à l’angle du quai* et de la rue de Fragnée. Elle tire donc son appellation du quartier et non l’inverse. Ses origines remontent au milieu du XVIIème siècle : le terrain appartient alors à Henry Bonhomme, verrier réputé et bourgeois pieux qui désire y faire ériger un oratoire dédié à la Vierge ; le projet est accepté par les autorités épiscopales en 1647.
* Le quai de Fragnée ne s'appellera le quai de Rome qu'après 1923.

paradis-avenue blonden-liege-1962.jpg  Sur cette photo de 1962, le contenu du dessin de 1850 trouverait sa place dans le carré rouge. Ci-dessous, le même endroit en avril 2014, pendant le chantier de réaménagement des quais de la Meuse :
paradis-avenue blonden-chantier 2014.jpg

 

 

chapelle paradis-liege-inondation 1881.jpg   La vue ci-dessus date de la grande crue de 1880 : le bateau est supposé amarré le long du quai de Fragnée (l’actuel quai de Rome). La chapelle du Paradis est abandonnée, devenue inutile depuis la construction en 1874 de l’église Sainte-Marie des Anges de la place des Franchises. Délabrée, elle sera détruite en 1881. Ci-dessous, la même vue en 1962 et 2014 :
paradis-avenue blonden-meuse--liege-1962.jpg

paradis-avenue blonden-liege-meuse-2014.jpg


chapelle paradis-liege-1881.jpgLa chapelle du Paradis abandonnée après 1874. Les deux photos qui suivent témoignent de l'évolution du lieu au début du XXe siècle :paradis-liege-debut XXe.jpg   La maison garnie d’une tourelle fait partie des embellissements apportés au quartier en vue de l’Exposition universelle de 1905. À l’autre coin de la rue de Fragnée, le bâtiment avec loggia date de 1916, même s’il se donne des airs plus anciens.

paradis-liege-1954.jpg   La résidence Petit Paradis est le premier immeuble en hauteur du quartier ; elle remplace la maison à tourelle depuis 1937 (mais la photo date des années 1950).

 

Le chenal de Commerce

 

  À la fin du XIXe siècle, le plan urbanistique d'Hubert Guillaume Blonden* modifie profondément cet endroit de la ville, avec notamment la création du parc d'Avroy, de l'avenue Rogier, des Terrasses et du boulevard Frère-Orban.
* Ingénieur et directeur des travaux publics de 1857 à 1880.

  Dans le cadre de ces transformations pharaoniques, un chenal portuaire est aménagé dès 1878 le long du redressement de la Meuse, côté rive gauche, du Paradis jusqu’au boulevard Piercot.

petit paradis-liege-chenal de commerce 1904.jpg  Ci-dessus, la Meuse et le chenal sur une carte postale affranchie en 1904. Ci-dessous, la même perspective en août 2013, lors du chantier de réaménagement des quais et de l'avenue Blonden :chantier-amenagement des quais-paradis-liege-2013.jpg

 

chenal-paradis-liege-1909.jpg  Le chenal latéral est séparé de la Meuse par une jetée servant de débarcadère ; il est réservé aux bateaux transportant des marchandises, car le transport de passagers par bateaux-mouches s’effectue sur le cours principal du fleuve, régulé par un barrage à aiguilles.

chenal-paradis-liege-entree 1897.jpg  L’entrée du chenal du côté Paradis en 1897. La maison dotée d’une tour crénelée est celle de l’éclusier. Dans le fond à gauche, s’alignent les immeubles bourgeois du boulevard Frère-Orban.

maison eclusier-paradis-liege.jpg

maison eclusier-chenal paradis-liege-debut XXe.jpg
Gros-plan sur la maison de l’éclusier, qui a l’aspect d’un petit manoir.

chenal paradis-liege-peniche voile.jpg  Une péniche s’approche de l’entrée du chenal. À la fin du XIXe et début du XXe siècle, beaucoup d’embarcations naviguent encore à la voile.

chenal paradis-bateau mouche.jpg   Le bateau-mouche à vapeur, lui, emprunte le cours normal du fleuve ; son embarcadère est situé un peu plus loin sur la jetée, près de l’évêché.

bateau mouche-meuse-liege-1903.jpg  À l'époque, les bateaux-mouches sont affectés au transport en commun de passagers et assurent des liaisons régulières avec d'autres localités comme Visé, Seraing, Huy, Dinant... De nos jours (ci-dessous), le « Pays de Liège » propose des croisières touristiques ou festives :
bateau pays de liege.jpg

 

maison eclusier-paradis-liege-1909.jpg  La passerelle d’accès à la maison de l’éclusier est un pont tournant qui pivote quand il faut laisser passer les bateaux.
chenal paradis-liege-maison eclusier-pont tournant.jpg

chenal-paradis-liege-pont tournant-peniche 1904.jpg

chenal-paradis-liege-remorqueur vapeur.jpg  Le pont tournant a ouvert la voie à un remorqueur à vapeur, venu tracter les péniches non motorisées. Un chemin, le long de la berge, permet aussi le halage par des chevaux de trait.

bateaux mouches-meuse-liege-debut XXe.jpg   Les bateaux-mouches sur la Meuse à la hauteur du Petit-Paradis. De la colline, à l’horizon, émergent l'église Saint-Gilles et les belles-fleurs des charbonnages de La Haye. Ci-dessous, le même endroit au début des années 1960 :
meuse-paradis-liege-annees 1960.jpg

 

chenal paradis-liege-debut XXe.jpgLe chenal de Commerce à proximité du pont éponyme (aujourd'hui le pont Albert 1er).

chenl et pont de Commerce-liege-debut XXe.jpg  Une arche du pont de Commerce enjambe le chenal du côté des Terrasses (voir aussi photo suivante, qui date des années 1920) :
terrasses-chenal de commerce-liege-1920.jpg

 

 

ecluses-chenal-boulevard frere orban-liege-debut XXe.jpg  Le chenal portuaire le long du boulevard Frère-Orban, photographié au début du XXe siècle depuis le pont de Commerce. Ci-dessus, le même endroit en 2014 :
boulevard frere orban-liege-2014.jpg

 

quai-eveche-liege-debarcadere debut XXe.jpg  La flèche désigne le débarcadère des bateaux-mouches, que l'on voit aussi sur les deux documents suivants :
debarcadere bateaux-mouches_liege-eveche.jpg

bateaux mouches-boulevard frere orban-liege-debut XXe.jpg


La fin du chenal

 
  Inondant un tiers de la ville, les crues exceptionnelles de l’hiver 1925-1926 se sont moquées des améliorations apportées au réseau hydrographique à la fin du XIXe siècle. Dès 1928, des fonds sont libérés, avec l’aide d’une Commission nationale, pour entreprendre de nouveaux travaux d’approfondissement, d’élargissement et d’endiguement du fleuve.

  Pour stabiliser le cours de la Meuse, un pont-barrage est construit en 1930 au niveau de l’île Monsin, zone qui accueille, dès 1937, le port autonome de Liège. La nouvelle infrastructure est bientôt reliée au port d’Anvers grâce à l’inauguration du canal Albert en 1939, dans le cadre de l’Exposition universelle de l’Eau que la déclaration de guerre a interrompue.

 Toutes ces circonstances rendent obsolètes le barrage à aiguilles à proximité du pont de Commerce et le chenal éclusé qui longe le boulevard Frère-Orban depuis 1878.

chenal-boulevard frere orban-liege-remblayage (3).jpgCette vue date de la fin des années 1930. La résidence Petit Paradis vient d'être érigée en 1937, année où l'on a inauguré la tour civile du mémorial interallié de Cointe (l'église du Sacré-Cœur l'a été l'année précédente). Remarquez que le chenal de Commerce a été comblé et que l'on réaménage cette rive de la Meuse. Rive que la photo suivante propose en 2009 :
meuse-pont albert-boulevard frere orban-liege-2009.jpg

  Les deux photos qui suivent montrent le remblayage progressif du chenal dans le courant des années 1930 :
chenal-boulevard frere orban-liege-remblayage fin annees 1930 (1).jpg

chenal-boulevard frere orban-liege-remblayage-fin annees 1930 (2).jpg

 

chenal remblaye-liege-sept 1944.jpg  Le document ci-dessus date de septembre 1944. Le pont de Commerce ayant été saboté dès le début de la guerre, les soldats américains du génie aménagent des pontons supportés par des canots pneumatiques. On distingue, à l’arrière-plan, la résidence Petit Paradis de 1937. Les camions, à droite, sont stationnés sur l’ancien chenal récemment comblé. Ci-dessous, la même rive de la Meuse en 1979 :
vue aerienne heliport-liege-1979.jpg

 

futur port de plaisance-liege.jpg  Seule, cette partie de l'ancien chenal n’a pas été comblée, en prévision d’y établir un port de plaisance (l’actuel port des yachts), que l'on découvre ci-après en 1962, 1977 et 2014 :
port de plaisance-liege-1962.jpg

port de plaisance-liege-1977.jpg

port de plaisance-liege-2014.jpg

 
Revenons-en au lieu-dit Paradis :

paradis-liege-tunnel routier 1968 (1).jpg  Cet endroit est choisi, en 1968-69, pour installer la centrale à béton qui sert à la construction simultanée des tunnels routiers du Petit Paradis, du pont roi Albert 1er et de l’Évêché.

paradis-liege-tunnel routier 1968 (2).jpg  1968-1969. Lors des terrassements nécessités par la réalisation du tunnel routier Petit Paradis (on aperçoit dans le fond l’avenue Blonden et le boulevard Frère-Orban), les ouvriers ont dû s’attaquer, au marteau-piqueur, à des fondations témoignant des anciennes berges de la Meuse et de ses installations portuaires.

 

chantier-paradis-liege-2014.jpg  L'histoire serait-elle un éternel recommencement ? La photo ci-dessus date d'août 2013, pendant le chantier de réaménagement des quais de la Meuse, du Paradis aux Prémontrés (Évêché).


D'autres photos de ce chantier sur http://liege-photos.skynetblogs.be/quais-de-la-meuse/

 

Cet article constitue un des chapitres du livre présenté ci-dessous, lequel raconte l'histoire des anciens bras de la Meuse devenus grands boulevards :

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14:48 Écrit par Claude WARZÉE dans Guillemins et environs, Quais de la Meuse | Commentaires (2) |  Facebook |

07/05/2014

Le Bois d'Avroy (Cointe, Haut-Laveu)

monulphe decouvrant liege-jean ubaghs-1889.jpg  C'est une légende relative aux origines de Liège qui a inspiré l'artiste liégeois Jean Ubaghs quand il a réalisé cette peinture en 1889.

  La scène se déroule au milieu du VIe siècle. Monulphe, évêque de Tongres-Maastricht, est en déplacement dans son diocèse lorsqu'il tombe en admiration devant une magnifique vallée boisée que traverse un fleuve aux multiples bras ; il prophétise que l'humble bourgade qui y est blottie deviendra une cité illustre.

  Ci-dessous, on retrouve cet épisode dans un extrait de la bande dessinée « Pays de Liège, vie d'une Église », réalisée par Michel Dusart et Vink, éditée en 1984 par l'ISCP-CDD, diocèse de Liège :
saint-monulphe prophetisant sur liege.jpg

  Liège, autrefois, est effectivement entourée d'épaisses forêts, dont celle d'Avroy* sur la rive gauche.
* (Le mot « Avreû », en dialecte wallon, viendrait du latin « arboretum », lieu couvert d’arbres).

  L'antique forêt d'Avroy est défrichée dans la vallée dès le Xe siècle, et dès le XVIe sur les hauteurs, pour faire place aux cultures et pâturages.

  Sur les collines de Cointe et Saint-Gilles, divers lieux-dits rappellent l'existence de cette forêt d'antan, laquelle portait à certains endroits un nom spécifique : le Bois l'Évêque, le Bois d'Avroy, le Bois Saint-Gilles...

plan bois d'avroy-liege-avant 1907.jpg  Ce plan des hauteurs occidentales de Liège nous reporte au tout début du XXe siècle. Le Bois d'Avroy est caractérisé par la houillère éponyme et le domaine de la famille de Laminne (1). Le boulevard de Cointe (2), qu'on appellera Kleyer après 1921, s'arrête au sommet des rues de Joie (3) et des Wallons (4). La rue Bois d'Avroy, à l'époque (5), mène aux Grands Champs (6). Le prolongement du boulevard de Cointe jusqu'à la rue Henri Maus (7), après 1907, modifiera cette configuration.

 

 

 

Le domaine de la famille de Laminne

 


  Il s’agit du vaste domaine que se constitue progressivement la famille de Laminne dès le début du XIXe siècle, à la jonction du Bois l’Évêque et du Bois Saint-Gilles, dans le périmètre des actuels boulevard Keyer, rue des Bruyères, ruelle des Waides et rue Julien d’Andrimont. La propriété comprend des jardins potagers, des pâturages et des houblonnières. Le sous-sol, lui, est riche en charbon, et les de Laminne, impliqués dans le développement industriel de la région, s’investissent dans les charbonnages en plein essor.

  À la fin du XIXe siècle, les maîtres du lieu font construire un élégant château de style Louis XVI, serti dans un parc digne de leur condition :
chateau de laminne-bois d'avroy-liege-fin XIXe.jpg

 

château de laminne-bois d'avroy-liege-après 1944.jpg   Cette vue représente le château de Laminne, au Bois d’Avroy, après les bombardements de mai 1944. Depuis les morcellements du domaine en 1910 et 1912, ces terrains appartiennent à la houillère du Bois d’Avroy (voir titre suivant), et la gentilhommière est habitée par le directeur du charbonnage.

  Au début des années 1960 en effet, le charbonnage a été mis en liquidation et ses biens vendus. À l’emplacement de l’ancien château, sont créés l’école et l’internat Saint-Joseph, gérés par des Sœurs de la Miséricorde. Cet établissement est devenu, depuis 1975, un internat autonome de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

internat-cointe-2013.jpgL'internat de Cointe vu depuis le bloc C des buildings de la rue Julien d'Andrimont.

 

boulevard Keler-bois d'avroy-villa de laminne-liege-1935.jpg  Le boulevard Kleyer en 1935, à l'intersection avec les rues Bois l'Évêque et des Bruyères. La villa qui émerge de la butte boisée a été construite au début du XXe siècle pour servir d'habitation familiale au chevalier Louis de Laminne (1882-1966). La propriété se prolonge, à l’arrière, par quatre hectares de jardins et de bois. C’est ce qui reste du domaine plus vaste ayant appartenu à cette famille au siècle précédent.

  En mai 1944, la villa est endommagée par les bombardements. Sommairement réparée, elle abrite jusqu’en 1947 quelques religieuses du Sacré-Cœur dont le couvent tout proche vient de brûler (voir autre article à ce sujet). Elle renaît dès 1951 pour devenir la résidence familiale de Willy de Laminne (1921 - ), fils de Louis de Laminne, ingénieur puis directeur chez Ferblatil.

villa de laminne-bois d'avroy-liege-fin annees 1950.jpg  La villa de Laminne à la fin des années 1950.


  Désertée en 1975, dégradée par un incendie dans les années 1980, la propriété reste à l’abandon jusqu’en 1990, quand une société immobilière acquiert le terrain dans l’ambition d’y aménager un gigantesque complexe de prestige, composé de trois groupes de logements, avec parvis animés de fontaines, piscine, courts de tennis, club house et parc luxueux.

villa de laminne abandonnée-bois d'avroy-liege-1990.jpgArticle de presse de 1990, montrant la villa de Laminne à l'abandon.

projet residence bois d'avroy-liege.jpgLe projet ambitieux de la société Codrim (1990).

chantier residence bois l'eveque-liege-1992(1).jpg

chantier residence bois l'eveque-liege-1992(2).jpg  La faillite de la société Codrim, en 1992, provoque l’abandon du chantier commencé en bordure de boulevard. Jusqu’en 1999, un début d’ossature en béton, abîmé par les intempéries et envahi par la végétation, défigure le paysage.

residence bois l'eveque-google maps-2009.jpg  En 1995, l’entrepreneur Gillard, engagé depuis le début pour les travaux de construction, rachète le terrain et recherche des partenaires financiers sérieux. Les transactions aboutissent à la création de la SA Immo-Légia, ce qui permet la reprise des activités dès 2000. Un nouveau projet, moins excessif est mis en chantier. Terminée en 2001, la résidence Bois l’Évêque comporte des appartements de standing et des espaces pour professions libérales.

 

 

 

La houillère du Bois d'Avroy

 


  Le défrichage des collines occidentales de Liège, au Moyen Âge, libère certes des terrains pour permettre aux cultivateurs d’y développer leurs activités, mais il met aussi à jour de nombreux endroits où l’on trouve de la houille. Au début, le charbon est ramassé à ciel ouvert là où la veine affleure, puis à partir du XIIIe siècle, se généralise l’utilisation de puits appelés « bures », que concèdent moyennant redevance les grands propriétaires terriens (dont les princes-êvêques et abbayes).

  Quand les profondeurs atteintes exigent de se débarrasser des eaux d’infiltration, on creuse des areines, galeries d’écoulement qui ont leur orifice de sortie dans le fond de la vallée. Un document du XIVe siècle, par exemple, mentionne les eaux en provenance des Bois l’Évêque et d’Avroy, lesquelles débouchent dans les campagnes des Guillemins, où elles irriguent des cultures et alimentent les douves de demeures seigneuriales, avant d’aller se jeter dans la Meuse via un fossé longeant l’actuelle rue Paradis.

 

bures-charbonnages-liege-cointe-sclessin-1831.jpg  Ce dessin de Pol Schurgers présente la situation des anciennes bures en 1831, par rapport aux voiries actuelles. Les numéros indiquent les grands charbonnages de la fin du XIXe siècle : le Bois d’Avroy (1), le Val Benoît (2), le Perron (3), le Grand-Bac (4) et le Piron (5).

  Dès la fin du XVIIIe siècle, l’évolution des pompes à vapeur permet d’exploiter le sous-sol à des profondeurs de plus en plus importantes. Les petites concessions se regroupent pour s’organiser en sociétés plus puissantes. Ainsi, une association d’industriels (Rossius, de Laminne, Élias, Rosen, Cockerill et autres) aboutit dès 1827 au développement du site houiller du Bois d’Avroy, encastré dans le domaine appartenant à la famille de Laminne.

bois d'avroy-liege-houillere fin XIXe.jpg                                  Ci-dessus et ci-dessous, la houillère du Bois d’Avroy d'antan.
houillere bois d'avroy-liege-fin XIXe.jpg  
  Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le charbon est acheminé dans la vallée, à proximité de la gare des Guillemins, à l’aide d’un plan incliné automoteur aménagé entre les rues de Joie et Bois l’Évêque : les berlines pleines qui descendent, entraînées par leur poids, font remonter les berlines vides. Quant aux matériaux stériles (on appelle ainsi les terres extraites contenant peu de minerai utile), ils sont déversés sur le terril de la rue du Terris.

houillere bois d'avroy-liege-plan 1832.jpg  Le chemin marqué 1, du Bois l’Évêque aux Grands Champs de Saint-Gilles, préfigure le boulevard Kleyer. En 2, on reconnaît la configuration de l’actuelle rue Bois d’Avroy, avec en 3 la houillère du même nom. En 4, le cercle représente le terril qui a donné son nom à la rue du Terris*, dont la configuration autrefois (5) était bien différente de celle d’aujourd’hui. * Le mot wallon « tèrris » a été francisé en « terri » ou « terril » pour désigner un crassier où l’on entasse les déchets d’extraction à proximité d’un puits de mine.

  Au début du XIXe siècle, la ruelle de Joie (6) n’est qu’un sentier bordé de taillis, et la rue Bois l’Évêque s’appelle toujours le thier du Boute-li-cou (7)*.
* Expression wallonne signifiant « boute le cul », allusion pittoresque à la partie du corps que l’on met en évidence en se penchant pour gravir cette pente raide.

  Le tracé coloré en gris est le plan incliné construit pour acheminer les bennes vers la vallée. En (8), c’est la paire Sainte-Véronique, étape où le charbon est épierré mais aussi vendu au détail, à l’emplacement de l’actuelle rue des Abeilles.


  En 1885, est constituée la SA Charbonnage du Bois d’Avroy, qui absorbe deux ans plus tard les houillères du Val Benoît, du Grand Bac et du Perron. Bientôt, le puits du Bois d’Avroy ne sert plus qu’au personnel et à la logistique. Chargé dans des wagonnets que tracte une petite locomotive à benzine, le charbon est sorti de la mine par une galerie située à quatre-vingts mètres de profondeur et aboutissant au lieu-dit Sous-les-Vignes, au pied de la colline à Tilleur, près de voies ferrées et de la Meuse. Le système du plan incliné, du côté du Laveu, est d’ailleurs supprimé à la suite de l’aménagement de la colline de Cointe en prévision de l’Exposition universelle de 1905.

 

houillere bois d'avroy-liege.jpg   Le dessin ci-dessus représente le charbonnage du Bois d’Avroy vers 1910-1920. Le site cessera ses activités en 1939, vingt ans avant celui du Val Benoît.

  En septembre 1961, l’Office national de l’emploi* installe un centre de préformation dans les bâtiments de l’ancien charbonnage, dont une grande partie, quelques années plus tard, sont remplacés par des locaux plus modernes. Au départ, les apprentissages se prodiguent notamment dans les domaines de la tôlerie, du soudage, de l’ajustage, de la maçonnerie et de la menuiserie.
* Au départ, c’est l’ONEM qui organise certaines formations. Le Forem n’apparaîtra qu’en 1989, après la régionalisation de l’institution.

forem abandonne-liege-bois d'avroy-2012.jpg  Désertés par le Forem depuis février 2012, les lieux sont actuellement en vente. Les bâtiments marqués d’une flèche datent de l’époque du charbonnage (on les retrouve donc sur le dessin précédant cette photo). À l’emplacement de la croix, se trouvait le local de machinerie de la dernière belle-fleur opérationnelle.

 

 

 

L'actuel domaine du Bois d'Avroy

 


  Au lieu-dit Bois d’Avroy, un vaste complexe d’immeubles à appartements est érigé de 1967 à 1979 sur les terrains champêtres qui jouxtent la houillère d’antan. Un chemin existant donne naissance en 1970 à la rue Julien d’Andrimont, du nom d’un bourgmestre de Liège au XIXe siècle.

bois d'avroy-liege-fin annees 1950.jpg  Le Bois d’Avroy à la fin des années 1950. Autour des prairies concernées par le projet immobilier (1), on peut identifier la villa de Laminne (2), le dessus des rues de Joie et des Wallons (3), le boulevard Kleyer (4), la rue Bois d’Avroy (5) et le site du charbonnage abandonné (6).

 
Ci-dessous, les différents blocs du domaine résidentiel en 2009 (le Forem est toujours en activité), traversé par la rue Julien d'Andrimont :
domaine du bois d'avroy-liege-bing maps.jpg

bois d'avroy-liege-1967.jpgL'entrée du Bois d'Avroy au milieu des années 1960. Ci-dessous, le même endroit actuellement :bois d'avroy-liege-2014.jpg

 

publicite baudoux-journal la meuse-liege.jpg  C’est un certain Jean Baudoux, promoteur à Marcinelle, qui entame ce chantier colossal après avoir acheté en 1966 une partie des terrains du charbonnage en liquidation. Il agit pour le compte de l’Office national des pensions*, à la recherche d’un profitable investissement financier.
* Il s’agit à l’époque de la Caisse nationale de pension pour employés, intégrée depuis lors dans l’Office national des pensions pour travailleurs salariés.

 Quatre blocs d’immeubles sont prévus. La société Baudoux tombera en faillite pendant l’édification du second, que devra terminer une autre firme carolorégienne. Dans la seconde moitié des années 1970, les blocs restants seront construits par une association momentanée d’entrepreneurs dans laquelle figure la firme liégeoise Moury.

domaine bois d'avroy-liege-2013.jpg  Les blocs A et B vus depuis le toit du bloc C. Ils ont été réalisés de 1967 à 1971 selon les plans des architectes Jean Poskin et Henri Bonhomme, auteurs à la même époque de la Cité administrative et de la tour Kennedy.

 

journal la meuse-novembre 1983.jpg
  Le 8 novembre 1983 vers 1 heure du matin, un tremblement de terre de magnitude 4,9 sur l’échelle de Richter ébranle la région liégeoise, privant de logement de nombreux habitants. Dans le domaine du Bois d’Avroy, des centaines d’appartements sont toujours inoccupés dans les blocs C et D, pourtant terminés depuis cinq ou six ans. Réquisitionnés par les autorités communales, ils vont abriter pendant des mois jusqu’à près de mille sinistrés, la plupart d’origine immigrée, issus des quartiers populaires de Saint-Nicolas, Glain et Montegnée, quartiers les plus touchés vu la vétusté de l’habitat et la fragilité du sous-sol minier. Ci-dessus, le bloc C où la Croix-Rouge accueille les familles victimes du séisme.

  Quand l’Office national des pensions revendra ses biens en 1989, plusieurs sociétés immobilières se succéderont pour réhabiliter les lieux, dégradés par les occupants éphémères de 1983, puis restés longtemps à l’abandon. Actuellement, avec la grande majorité des appartements vendus à des particuliers, le bloc C est devenu une copropriété tout comme les blocs A et B. Le bloc D est en partie occupé par une maison de repos pour personnes âgées.

bois d'avroy-liege-2013.jpgLes blocs A (au milieu) et D (à droite) vus depuis le bloc C.

 

23/04/2014

Le pont Kennedy et le quartier Chiroux-Croisiers

plan-liege-1965.jpgExtrait de « Liège en poche », éditions de Rouck, entre 1963 et 1967.


Du pont de la Boverie au pont Kennedy


  L'ancêtre du pont Kennedy est le pont de la Boverie. Cette appellation suggère l'idée de bœufs, de bovins. Autrefois, la rive droite auquel mène l'ouvrage présentait en effet un aspect fort champêtre. Les bras de l'Ourthe délimitaient des îles verdoyantes, connues pour leurs houblonnières, prés fleuris et pâturages.

  Le premier pont de la Boverie est construit de 1834 à 1837, mais l'arche attenant à la rive droite s'écroule au bout de quelques mois, et il faut démolir l'ensemble.

pont de la boverie-liege-fin XIXe.jpg  L'illustration ci-dessus (seconde partie du XIXe siècle) est le deuxième pont de la Boverie, bâti de 1841 à 1843. On l'appelle aussi le pont Neuf, car il est le second en date dans la chronologie des ponts liégeois, huit siècles après le vénérable pont des Arches.

  La société concessionnaire perçoit un péage jusqu'en 1883, année où l'État rachète le bien et instaure la gratuité de passage.

pont de la boverie-liege-1900.jpgCi-dessus, le pont de la Boverie (ou pont Neuf) avant 1903. Ci-dessous, le pont Kennedy en 1975 :pont kennedy-liege-1975.jpg

 


 En vue de l'Exposition universelle de 1905, les autorités communales entreprennent divers chantiers pour moderniser ou embellir la ville. En 1903, on élargit le tablier du pont de la Boverie.

pont de la boverie-liege-avant 1905.jpgCi-dessus, le tablier du pont avant 1903. Ci-dessous, les travaux d'élargissement :pont de la boverie-liege-elargissement avant expo 1905.jpg

 

pont de la boverie-liege-debut_XXe.jpg  Voici le pont élargi grâce à ses trottoirs en encorbellement. De l'autre côté de la Meuse, à droite du quai des Pêcheurs* (Van Beneden après 1920), s'ouvre la rue Grétry**.
* De nombreux pêcheurs de profession sont jadis établis à cet endroit, près du fleuve dont ils tirent leur subsistance.
** André Ernest Modeste Grétry (1741-1813), célèbre musicien d'origine liégeoise, auteur de nombreux opéras. Son cœur est conservé dans le socle de sa statue, située devant l'Opéra de Liège.

pont de la boverie-liege-apres 1905.jpg  Le pont de la Boverie au début du XXe siècle, avec vue cette fois en direction de la rue André Dumont*. Au-delà des toitures, on distingue la flèche de la cathédrale Saint-Paul.
* André Dumont (1809-1857) : professeur de géologie, puis recteur de l'université de Liège. Il a sa statue place du Vingt-Août.

  Ci-dessous, le même endroit en 2009 :
tour pont kennedy-liege-2009.jpg

 

pont de la boverie-escalier bassin natation-liege-debut_XXe.jpg  L'escalier, sur la droite de l'image, descend vers un double bassin de natation flottant, que l'on découvre sur la photo qui suit :
institut zoologie-liege-1905.jpg  Installée à cet endroit dès les origines du pont, cette infrastructure est divisée en deux parties, séparant les hommes et les femmes.

  Étrange piscine, située juste à côté d'un port pour péniches et bateaux-mouches, comme en témoignent les deux vues suivantes :
institut zoologie-liege-bassin natation.jpg

institut zoologie-liege-bateaux mouches-1903.jpg  La façade néoclassique qui s'étire le long du quai des Pêcheurs est celle de l'institut de zoologie de l'université de Liège, bâtiment érigé de 1886 à 1889 selon les plans de l'architecte liégeois Lambert Noppius*, qui les a conçus en collaboration avec plusieurs professeurs dont Édouard van Beneden (le quai prendra ce nom en 1920).
*Lambert Noppius (1827-1889) est également le créateur de l'observatoire de Cointe, de l'institut d'anatomie et de l'institut de pharmacie (jardin botanique).

histoire de liège,pont de la boverie,pont neuf,pont kennedy,chiroux,croisiers,rue andré dumont,institut de zoologie,bibliothèque des chiroux,tour kennedy,évêché  Les bains de la Meuse se disloquent en janvier 1922 à la suite d'une forte baisse des eaux. On les retrouve néanmoins rétablis sur cette vue prise juste avant la seconde guerre mondiale.


  Épargné en 1914-18, le pont de la Boverie est dynamité en 1940. Il sera d'abord remplacé par une passerelle sur bateaux :
pont de la boverie-liege-ruines_1940.jpg

pont provisoire boverie-liege-1946 (2).jpg


 Puis, dès 1946, par un ouvrage « provisoire » constitué d'éléments métalliques pour le moins inesthétiques. Du provisoire qui va subsister plus de dix ans :
pont provisoire boverie-liege-1946.jpg

Meuse-pont provisoire boverie-liege-1955.jpg  Ci-dessus, le pont métallique au milieu des années 1950. Ci-dessous, le contenu du rectangle rouge deux décennies plus tard :
pont kennedy-liege.jpg

 

  C'est en 1958 que commence enfin la construction d'un nouveau pont de la Boverie (troisième du nom), œuvre de l’architecte liégeois Georges Dedoyard*.
* Georges Dedoyard (1897-1988), architecte moderniste, élève de Joseph Moutschen. On lui doit entre autres les bains de la Sauvenière (1942), le pont des Arches (1947), le Bon Marché de la place de la République française (1952), le pont Albert 1er (1957), la tour des finances (vers 1965)...

pont provisoire boverie-liege-fin annees 1950 (1).jpgÀ côté du pont métallique provisoire, commence la construction du nouveau pont en béton.

pont neuf boverie-liege-construction 1958-60 (2).jpg  La construction du pont et l'aménagement de ses abords entraînent de nombreuses démolitions. La rue André Dumont est amputée d'un tronçon (flèche rouge), et la bibliothèque communale des Chiroux* (flèche bleue) est visible vu la disparition des immeubles du quai Paul van Hoegaerden**.
* Les Chiroux, au XVIIème siècle, sont les aristocrates favorables à l'autorité du prince-évêque, en opposition aux Grignoux, petits bourgeois et gens du peuple, qui exigent davantage de libertés communales.
** Paul van Hoegaerden (1858-1922), conseiller communal et sénateur.

 L'avancement du chantier de 1958 à 1960 :pont neuf boverie-liege-construction 1958-60 (1).jpg

pont neuf boverie-liege-construction 1958-60 (3).jpg

pont neuf boverie-liege-construction 1958-60 (4).jpg

pont provisoire boverie-liege-fin annees 1950 (2).jpg

  Le nouveau pont de la Boverie est inauguré en 1960, mais l'aménagement de tunnels routiers se poursuit sur les quais de la Meuse :
pont de la boverie-liege-1960.jpg

pont neuf boverie-liege-construction 1958-60 (5).jpg

Pont et tunnel Kennedy annees 1960.jpg  Le pont de la Boverie (ou pont Neuf) est rebaptisé le pont Kennedy après 1963, en hommage au président américain assassiné à Dallas en novembre de cette année-là.



Le quartier Chiroux-Croisiers

 

histoire de liège,pont de la boverie,pont neuf,pont kennedy,chiroux,croisiers,rue andré dumont,institut de zoologie,bibliothèque des chiroux,tour kennedy,évêché  Nous avons vu que bien des immeubles, dès la fin des années 1950, ont déjà été détruits dans le cadre de l'aménagement des abords du nouveau pont de la Boverie. Dans le courant des années 1960, ce qui reste de la rue André Dumont (trait vert) et de la rue des Croisiers (trait rouge) va disparaître à son tour. D'une part, il est question d'une voie rapide traversant le quartier de la rue André Dumont à la rue Bertholet (voir l'article sur l'avenue Destenay). D'autre part, une importante entreprise de construction obtient l'autorisation d'ériger là tout un complexe moderne comprenant une tour géante d'habitation.

 

histoire de liège,pont de la boverie,pont neuf,pont kennedy,chiroux,croisiers,rue andré dumont,institut de zoologie,bibliothèque des chiroux,tour kennedy,évêché  Le couvent des Croisiers* en 1740 (gravure de Remacle Le Loup). L'église sera détruite en 1817, trente ans avant le reste des bâtiments monacaux.
* L'ordre des chanoines réguliers de la Sainte Croix (ou Croisiers) prend naissance dans le diocèse de Liège au début du XIIIe siècle. Au début, il s'agit d'un ordre à la fois religieux et militaire.

histoire de liège,pont de la boverie,pont neuf,pont kennedy,chiroux,croisiers,rue andré dumont,institut de zoologie,bibliothèque des chiroux,tour kennedy,évêchéCe montage indique l'emplacement de l'ancien couvent par rapport à la situation de 1964.

histoire de liège,pont de la boverie,pont neuf,pont kennedy,chiroux,croisiers,rue andré dumont,institut de zoologie,bibliothèque des chiroux,tour kennedy,évêché   Dans le fond à gauche, ce qui subsiste de la rue des Croisiers vers 1961. Ci-dessous, le même endroit de nos jours :
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histoire de liège,pont de la boverie,pont neuf,pont kennedy,chiroux,croisiers,rue andré dumont,institut de zoologie,bibliothèque des chiroux,tour kennedy,évêchéLa rue André Dumont avant le chantier du pont Kennedy.

 

histoire de liège,pont de la boverie,pont neuf,pont kennedy,chiroux,croisiers,rue andré dumont,institut de zoologie,bibliothèque des chiroux,tour kennedy,évêchéDébut des années 1960 : la rue André Dumont d'antan n'est plus qu'un terrain vague.

histoire de liège,pont de la boverie,pont neuf,pont kennedy,chiroux,croisiers,rue andré dumont,institut de zoologie,bibliothèque des chiroux,tour kennedy,évêchéLa rue André Dumont et la rue des Croisiers en 1967.

histoire de liège,pont de la boverie,pont neuf,pont kennedy,chiroux,croisiers,rue andré dumont,institut de zoologie,bibliothèque des chiroux,tour kennedy,évêché  La rue André Dumont en 1970, avec à droite, l'achèvement du nouveau centre culturel des Chiroux. Ci-dessous, le même endroit en 2014 :
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histoire de liège,pont de la boverie,pont neuf,pont kennedy,chiroux,croisiers,rue andré dumont,institut de zoologie,bibliothèque des chiroux,tour kennedy,évêché   L'ancienne bibliothèque communale des Chiroux au milieu des années 1960. Cette façade est celle du côté de la rue des Croisiers. L'entrée se trouve rue des Chiroux, la petite rue sur la gauche, qui communique avec la rue du Méry.

histoire de liège,pont de la boverie,pont neuf,pont kennedy,chiroux,croisiers,rue andré dumont,institut de zoologie,bibliothèque des chiroux,tour kennedy,évêché  À l'avant-plan, le site des Croisiers en 1966, avec vue en direction du pont Kennedy. Ci-dessous, en 2006 :
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histoire de liège,pont de la boverie,pont neuf,pont kennedy,chiroux,croisiers,rue andré dumont,institut de zoologie,bibliothèque des chiroux,tour kennedy,évêché  C'est la firme Solico-Demarche qui entreprend la construction de la tour Kennedy et des immeubles annexes. Le chantier dure de 1967 à 1970, selon les plans des architectes Jean Poskin et Henri Bonhomme. Les autorités communales ont cédé le terrain et accepté le projet du promoteur à condition que l'ensemble immobilier comprenne des bureaux, une nouvelle bibliothèque et un centre culturel avec salles de spectacles et d'expositions.

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histoire de liège,pont de la boverie,pont neuf,pont kennedy,chiroux,croisiers,rue andré dumont,institut de zoologie,bibliothèque des chiroux,tour kennedy,évêchéLa construction de la tour Kennedy à la fin des années 1960.


  Et pour terminer, une comparaison entre le site au milieu des années 1960 et au début des années 1970 :
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12/04/2014

Les origines de la rue Charles Magnette

histoire de liège,place de la cathédrale,place du roi albert,place de l'université,place du vingt-août,rue de la sirène,rue soeurs de hasque,rue pont mousset, rue saint-martin en isle,émulation  Cette carte postale colorisée représente la place de l'Université au tout début du XXe siècle. Le bâtiment bleuté, à droite, est celui de l'Émulation*.

* La Société libre d'émulation est une académie fondée en 1779 sous la protection du prince-évêque François-Charles de Velbruck, avec pour objectifs de cultiver et d'encourager les Arts, les Lettres et les Sciences. Elle est initialement installée dans la « Redoute », un petit immeuble situé sur la place dite à cette époque du Grand Collège, immeuble agrandi et profondément modifié au cours du XIXe siècle.

 

histoire de liège,place de la cathédrale,place du roi albert,place de l'université,place du vingt-août,rue de la sirène,rue soeurs de hasque,rue pont mousset,rue saint-martin en isle,émulation  À l'emplacement de la flèche, s'amorce aujourd'hui la rue Charles Magnette, artère importante qui mène à la place de la Cathédrale. Au début du XXe siècle, c'est la rue Sœurs de Hasque qui s'ouvre à cet endroit, comme en témoigne la photo ci-dessous datant de 1901 :

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   La rue Sœurs de Hasque (déformation liégeoise pour les Sœurs de Hasselt) tient son nom d'un couvent de religieuses établi là dès le XVe siècle. Nous verrons plus loin ce qu'il reste de cet établissement.

  Diverses personnalités ont vécu dans cette rue : le sculpteur Jean Del Cour (XVIIe siècle), l'architecte Jacques-Barthélemy Renoz (XVIIIe), la mère de Charles Rogier (XIXe), l'avocat et sénateur Charles Magnette (début XXe)...

  Situons les lieux sur ce plan du début du XXe siècle :

histoire de liège,place de la cathédrale,place du roi albert,place de l'université,place du vingt-août,rue de la sirène,rue soeurs de hasque,rue pont mousset,rue saint-martin en isle,émulation1 : place du Roi Albert (actuellement place de la Cathédrale) / 2 : Rue Saint-Paul / 3 : Rue de la Cathédrale / 4 : Place de l'Université (actuellement place du Vingt Août) / 5 : rue Sœurs de Hasque / 6 : rue de la Sirène (du nom d'une ancienne enseigne de taverne) / 7 : jonction des rues Saint-Martin en Isle (du nom d'une ancienne église) et Pont mousset (il existait là autrefois de nombreux petits biez issus d'anciens bras de la Meuse).

 

histoire de liège,place de la cathédrale,place du roi albert,place de l'université,place du vingt-août,rue de la sirène,rue soeurs de hasque,rue pont mousset,rue saint-martin en isle,émulation   Dès le 6 août 1914, Liège est occupée par l'armée allemande. Le 20*, des soldats ennemis se livrent, place de l'Université, à d'effroyables exactions. Ils fusillent dix-sept civils choisis au hasard et incendient toute une série d'édifices. La photo ci-dessus montre les ruines du bâtiment de l'Émulation. Sur la droite, on reconnaît l'entrée de la rue Sœurs de Hasque.

* C'est en souvenir de cet épisode tragique que la place de l'Université, après la guerre, sera rebaptisée place du Vingt Août (on trouve parfois l'orthographe « XX Août »).

histoire de liège,place de la cathédrale,place du roi albert,place de l'université,place du vingt-août,rue de la sirène,rue soeurs de hasque,rue pont mousset,rue saint-martin en isle,émulation                      Autre vue du bâtiment de l'Émulation détruit par la soldatesque allemande.

  La guerre terminée, on songe bien sûr à reconstruire l'Émulation, mais aussi à profiter de la trouée pour ouvrir une nouvelle voie de communication en direction de la place du Roi Albert (le nom officiel, à l'époque, de la place de la Cathédrale). Un premier plan d'expropriation est adopté par le conseil communal dès 1919, mais il suscite tant de critiques que la réalisation du projet va s'éterniser. La photo qui suit, prise pendant les inondations de l'hiver 1925-26, montre toujours un chancre urbain :
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  Dans la zone en attente de réaffectation, se trouve un vestige de l'ancien couvent des Sœurs de Hasque (on l'appelle aujourd'hui la « Maison Renaissance » vu son style architectural). À l'aube des années 1930, la Société d'émulation de Liège, toujours privée de locaux, fait restaurer les lieux pour s'y installer.


  Mais il est question toujours d'un nouvel immeuble de l'Émulation à son emplacement primitif, avec sa façade principale du côté de la place du Vingt Août, en vis-à-vis de l'université. Le projet élaboré par l'architecte Julien Kœning se concrétise dès 1934, quand commence le chantier qui aboutira au somptueux immeuble de style Louis XVI que l'on connaît de nos jours.

histoire de liège,place de la cathédrale,place du roi albert,place de l'université,place du vingt-août,rue de la sirène,rue soeurs de hasque,rue pont mousset,rue saint-martin en isle,émulation  Ci-dessus, la « Maison Renaissance » pendant le chantier du nouvel immeuble de l'Émulation. Ci-dessous, la même bâtisse cachée dans une cour à l'arrière des buildings, accessible par un porche du côté de la rue Charles Magnette :
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histoire de liège,place de la cathédrale,place du roi albert,place de l'université,place du vingt-août,rue de la sirène,rue soeurs de hasque,rue pont mousset,rue saint-martin en isle,émulation   Ci-dessus, le nouveau bâtiment de l'Émulation après son inauguration en 1939. Ci-dessous, dans les années 1950, avec la rue Charles Magnette :
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  Car parallèlement à la construction du nouvel immeuble de l'Émulation, s'est déroulé le percement de la voie de communication entre la place du Vingt Août et celle de la Cathédrale. Voici le plan du projet approuvé en 1937 (on remarquera que la place de la Cathédrale est toujours désignée comme la place du Roi Albert) :
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histoire de liège,place de la cathédrale,place du roi albert,place de l'université,place du vingt-août,rue de la sirène,rue soeurs de hasque,rue pont mousset,rue saint-martin en isle,émulation   La place du Roi Albert au milieu des années 1930. Les immeubles soulignés par le trait rouge sont condamnés ; ceux désignés par la flèche sont ceux de la rue de la Sirène, que l'on retrouve sur la photo suivante :
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histoire de liège,place de la cathédrale,place du roi albert,place de l'université,place du vingt-août,rue de la sirène,rue soeurs de hasque,rue pont mousset,rue saint-martin en isle,émulationCe tronçon de la rue de la Sirène a donc disparu lors du percement de l'actuelle rue Charles Magnette.

histoire de liège,place de la cathédrale,place du roi albert,place de l'université,place du vingt-août,rue de la sirène,rue soeurs de hasque,rue pont mousset,rue saint-martin en isle,émulation  Empruntée à la page Facebook « Liège en photos » (dont je salue et remercie l'auteur), cette photo date du début des années 1940. La flèche montre l'hôtel des téléphones et télégraphes établi entre la rue de l'Université et la partie sauvegardée de la rue de la Sirène. Ce bâtiment sera détruit par les Allemands le 7 septembre 1944, jour de la libération de Liège par les troupes américaines.

histoire de liège,place de la cathédrale,place du roi albert,place de l'université,place du vingt-août,rue de la sirène,rue soeurs de hasque,rue pont mousset,rue saint-martin en isle,émulation   La rue Charles Magnette à ses débuts, à l'endroit où elle reçoit ce qui reste de la rue Sœurs de Hasque. Rappelons que Charles Magnette (1863-1937) était avocat et homme politique, libéral progressiste et grand défenseur de la Wallonie.

histoire de liège,place de la cathédrale,place du roi albert,place de l'université,place du vingt-août,rue de la sirène,rue soeurs de hasque,rue pont mousset,rue saint-martin en isle,émulation  Photo de l'extrême fin des années 1940 ou tout début des années 1950. La régie des téléphones et télégraphes dispose de nouvelles infrastructures. À droite, tout un côté de la rue Charles Magnette est en attente des buildings que l'on connaît actuellement.

 

histoire de liège,place de la cathédrale,place du roi albert,place de l'université,place du vingt-août,rue de la sirène,rue soeurs de hasque,rue pont mousset,rue saint-martin en isle,émulation   La place de la Cathédrale au tout début des années 1950. L'entrée de la rue de Sirène, très élargie, est devenue celle de la rue Charles Magnette. À l'emplacement du trait rouge, s'élèvera bientôt un building avec une galerie commerçante au rez-de-chaussée.

histoire de liège,place de la cathédrale,place du roi albert,place de l'université,place du vingt-août,rue de la sirène,rue soeurs de hasque,rue pont mousset,rue saint-martin en isle,émulation   À l'angle de la place de la Cathédrale et de la rue Charles Magnette, le building a été inauguré en 1955.

histoire de liège,place de la cathédrale,place du roi albert,place de l'université,place du vingt-août,rue de la sirène,rue soeurs de hasque,rue pont mousset,rue saint-martin en isle,émulation
En 1962.

 

22/03/2014

Le charbonnage Espérance et Bonne Fortune

clinique-esperance-montegnee.jpg   La clinique de l'Espérance de Montegnée (commune de Saint-Nicolas) fait partie du CHC, le Centre hospitalier chrétien dont trois sites, y compris celui-ci, vont prochainement déménager à Glain (commune de Liège) dans de toutes nouvelles installations.

  Cette clinique tient son nom de l'importante S.A. des Charbonnages Espérance et Bonne Fortune, société qui l'a fondée en 1907 pour soigner les mineurs accidentés. Le bâtiment que l'on voit sur la photo ci-dessus date de 1957. Au départ, le dispensaire est établi dans une simple maison d'habitation, à laquelle sera jointe en 1909 une salle d'hospitalisation de douze lits. Le service acquiert une grande notoriété et finit par s'ouvrir aux travailleurs d'autres entreprises et à la population environnante.

  La Société anonyme des Charbonnages Espérance et Bonne Fortune est née en 1875 de la fusion entre la Société charbonnière de l'Espérance et celle de Bonne Fortune (dont nous ne traiterons pas dans cet article). À l'aube du XXe siècle, l'ensemble des concessions s'étend sur près de 500 hectares, sous les localités de Montegnée, Saint-Nicolas, Glain, Ans, Loncin, Grâce-Berleur, Hollogne.

plan-mines-liege-1923.jpgLes charbonnages liégeois en 1923 (carte du service géologique de Wallonie).

histoire de liège,histoires de liège,charbonnages,houillères,charbonnage espérance bonne fortune,patience et beaujonc,glain,montegnée,saint-nicolas,burenville,bure aux femmes,bure aux choux  Cette vue aérienne de 1947 permet de situer le siège Montegnée (1) et le terril (2) du charbonnage de l'Espérance, ainsi que son siège dit « Saint-Nicolas » (3) près de Burenville. Deux autres houillères sont également visibles : la bure aux femmes du charbonnage Patience et Beaujonc à Glain (4) (le terrain où l'on va construire le nouvel hôpital du CHC) et le charbonnage de l'Aumonier à Burenville (5) (à l'emplacement de l'actuel garage Renault de la rue de Mons).

  Retrouvez toutes ces implantations sur le plan qui suit, que vous pouvez agrandir en cliquant dessus (plan extrait de « Liège en poche », paru aux éditions de Rouck au début des années 1960) :
plan_de rouck_debut annees 1960.jpg

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charonnage_esperance-montegnee-debut_XX.jpgLe siège Montegnée de la houillère de l'Espérance, en 1913.

impasse_esperance-charbonnage-montegnee-debut_XX.jpg  L'entrée du siège Montegnée de l'Espérance au début du XXe siècle, à la fois siège administratif et d'exploitation. Ci-dessous, l'actuelle impasse de l'Espérance, fermée par une grille qui donne sur un terrain en friche :
impasse-esperance-montegnee-2014.jpg

impasse_esperance-montegnee-1972.jpg  Le même endroit en 1972, un an avant la fermeture définitive du charbonnage, dont on voit ci-dessous les installations dans les années 1950 :
charbonnage_esperance montegnee-siege principal-1950.jpg

rue_adolphe_renson-charbonnage_esperance-montegnee-1972.jpg   Le siège Montegnée de l'Espérance vu depuis la rue Adoplhe Renson en 1972. Ci-dessous, le même endroit de nos jours :
rue adolphe renson_montegnee-2014.jpg

 

charbonnahe_esperance-montegnee-demolition_1977.jpgLe site de l'Espérance en 1977, abandonné et prêt pour le dynamitage définitif (voir ci-dessous) :esperance-montegnee-demolition_1977.jpg

site_esperance_montegnee_2014.jpg          Le site Montegnée en 2014, photographié depuis la grille qui ferme l'impasse de l'Espérance.

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charbonnage_esperance st-nicolas-1913.jpg   Depuis 1884 (la vue ci-dessus date de 1913), le charbonnage de l'Espérance exploite un nouveau puits le long de la voie ferrée Ans-Flémalle ; il est répertorié sur les cartes comme le siège « Saint-Nicolas » de l'Espérance, bien qu'il se trouve sur le territoire liégeois, aux confins de Liège, Glain, Montegnée et Saint-Nicolas*.
* avant la fusion des communes de 1976.

  Ce site d'exploitation est mieux connu sous le surnom de « beur al djote », la « bure aux choux », car les mineurs s'y plaignaient de la friabilité des couches de charbon, qui éclataient comme des choux pris par la gelée.

charbonnage_esperance saint-nicolas_1975.jpg   La « beur al djote » un an après sa fermeture en 1974, vue depuis le pont de la rue Saint-Nicolas. Ci-dessous, l'ancienne tranchée du chemin de fer en 2008 :
tranchee ancien chemin de fer_charbonnage_esperance_2008.jpg

pont st-nicolas-2008.jpg   Le pont de la rue Saint-Nicolas en 2008, pendant la construction de l'immeuble à usage mixte à l'angle de la rue des Noyers.

charbonnage_esperance saint-nicolas_rue delchef-1972.jpg   Le siège « Saint-Nicolas » de l'Espérance en 1972, vu de la rue Delchef. Ci-dessous, ce que cet endroit est devenu après la disparition des activités minières (photo de 2014) :
rue delchef-liege- 2014.jpg

 

 

charbonnage_esperance saint-nicolas_vue cour.jpgLe siège Saint-Nicolas du charbonnage de l'Espérance.

charbonnage_esperance st-nicolas-tremie-rue en glain-1972.jpgLe pont-roulant.

esperance_st-nicolas-wagonnets.jpgLes wagonnets sortant du puits.

esperance_st-nicolas-machinerie belle-fleur.jpg   La machinerie d'une belle-fleur (surnom donné au chevalement à molettes, la structure qui sert à descendre et remonter les mineurs et le minerai, via une cage d'ascenseur).

 

charbonnage_esperance saint-nicolas_rue de l'esperance-rue en bois-1971.jpg   L'entrée, en 1971, à l'intersection de la rue de l'Espérance et de la rue en Bois (cette dernière a été coupée en deux à la fin des années 1960 par la construction de l’autoroute, et ce tronçon est devenu la rue de Montegnée). Ci-dessous, le même endroit en 2014 :
rue de montegnee-liege-2014.jpg                                À gauche, un ravel (L210) a remplacé la ligne de chemin de fer.

charbonnage_esperance st-nicolas-pont cite des moulins.jpgLa houillère vue depuis la rue André Winands.

charbonnage_esperance st-nicolas-rue en glain-1972.jpg   En 1972, depuis le pont enjambant le chemin de fer. Ci-dessous en 2014, avec le ravel et la végétation qui a repris ses droits :
ravel_montegnee_2014.jpg

 

charbonnage_esperance st-nicolas- rue de l'esperance_liege_1982.jpgUne autre entrée rue de l'Espérance, devenue ce qui suit :rue de l'esperance-liege-2014.jpg 

La « bure aux choux » a fermé en 1974, mais les installations sont restées à l'abandon un peu plus de dix ans. Les deux photos qui suivent ont été prises en 1982 ; chacune est accompagnée de la vue correspondante en 2014 :
charbonnage_esperance st-nicolas-voie ferree_1982.jpg

ravel_montegnee_glain_2014.jpg

charbonnage_esperance st-nicolas-rue des hotteuses_1982.jpg

rue des hotteuses-liege-2014.jpg

charonnage_esperance st-nicolas-belle_fleur.jpg   Ce chevalement du siège de l'Espérance Saint-Nicolas sera la dernière belle-fleur métallique de la région liégeoise ; elle sera détruite en 1985 :
belle-fleur_esperance st-nicolas-1985.jpg

 

vestiges-charonnage_esperance-2012.jpgDes vestiges du charbonnage toujours visibles dans le terrain en friche.

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  Au début de cet article, il a été fait mention du déménagement à Glain de certains services du CHC. Le nouvel hôpital sera construit sur le site « Bure aux femmes » de l'ancien charbonnage Patience et Beaujonc, que voici :
charbonnage_petience-beaujonc-bure aux femmes-glain.jpg

site patience beaujonc-cheminee-2014.jpgLe site Patience et Beaujonc de nos jours.


Liens de référence :

http://users.skynet.be/claude.warzee/saint-nicolas/index.htm

http://books.google.be/books?id=9K39b37jn0QC&pg=PA169&lpg=PA169&dq=de+bruyn+andre+charbonnage+esp%C3%A9rance+bonne+fortune&source=bl&ots=hwOgiZfvRU&sig=IdmGSBfdhgIPppwOgOGVhup2f_M&hl=fr&sa=X&ei=x4UtU625Jcyg7AbT_oDYBg&ved=0CEQQ6AEwBA#v=onepage&q=de%20bruyn%20andre%20charbonnage%20esp%C3%A9rance%20bonne%20fortune&f=false

http://www.chc.be/files/files/ESPhist.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_anonyme_des_Charbonnages_de_l%27Esp%C3%A9rance_et_Bonne-Fortune