23/08/2015

Les bouleversements urbanistiques dans le Bas-Laveu à la fin du XXe siècle (descente autoroutière A602 et liaison E40-E25)

autoroute A602 1970.jpg  À la fin des années 1960, l'autoroute A602 a atteint les quartiers de Burenville (voir autre article) et de Saint-Laurent. Elle va bientôt se prolonger vers le Bas-Laveu et les Guillemins.

plan laveu liege annees 1960.jpg  Ce plan des années 1960 (cliquez dessus pour l'agrandir), permet de situer la zone géographique dont il va être question.

bas-laveu liege avant autoroute A602.jpg  Voici le Laveu au pied de la rue Henri Maus, au niveau de la rue d'Omalius et d'un tronçon de la rue Saint-Gilles. D'importantes démolitions ont eu lieu en prévision du passage de l'autoroute, laquelle surplombera les voies ferrées et nécessitera un réaménagement des abords. Le tracé rouge délimite l'emplacement de la photo actuelle qui suit :
bas-laveu liege 2015.jpg

rue saint-gilles liege 1969 (1).jpg  Ci-dessus, le viaduc ferroviaire au niveau de la rue Saint-Gilles. La photo a été prise en 1969, juste avant les destructions préparatoires à la construction de l'A602. Ci-dessous, le même endroit de nos jours :
rue saint-gilles liege laveu 2015.jpg

rue henri maus liege 1969.jpg  Ci-dessus, le bas de la rue Henri Maus (côté pair) en 1969, accolé à un autre viaduc du chemin de fer. Ci-dessous, la situation actuelle avec une zone verte en remplacement de la série de maisons :
rue henri maus laveu liege 2015.jpg

autoroute A602 laveu liege 1973.jpg  En 1973, l'autoroute s'arrête au Bas-Laveu, avec une rampe de sortie en direction de la place des Wallons ou du tunnel Sainte-Marie qui débouche sur le boulevard d'Avroy*. Son tracé principal est interrompu en attente de solution définitive concernant sa liaison avec la E25. Pendant plus d'une décennie, on ironisera sur la « piste de ski », ce tronçon d’autoroute urbaine sur colonnes, surplombant les voies de chemin de fer et n’aboutissant que dans le vide !
* L’administration des routes a même envisagé de faire passer l’autoroute sous le parc d’Avroy, mais de nombreuses protestations ont provoqué l’abandon du projet.

place des wallons laveu liege 2015.jpg  Ci-dessus, la « place » des Wallons actuelle, où aboutit la sortie autoroutière. Ci-dessous, le même endroit à la fin des années 1960, avant que le paysage urbain ne soit bouleversé par le chantier de l'A602 :
place des wallons laveu liege annees 1960 (1).jpg

 

  Aux origines de la place des Wallons

 
Au milieu du XIXe siècle, le Laveu* est champêtre, composé de terrains vagues ou cultivés. En terme de voirie, il n'est sillonné que par d'étroits sentiers tortueux bordés de haies.
* « Laveu » est la forme wallonne de « lavoir ». L'endroit n'a pas été habité autrefois par des blanchisseuses, comme on le raconte parfois ; il doit son appellation à l'importante famille des Lavoir, citée dès le XIVe siècle et qui possédait là une prestigieuse résidence d'été.

 
En 1865, plusieurs propriétaires cèdent des terrains à la Ville pour qu'on y aménage quelques rues dignes de ce nom. Parmi elles, figure la future rue des Wallons (elle recevra ce nom en mai 1873), qui s'arrête alors à la rue Jacob Mackoy. Elle attendra 1891-92 pour être prolongée jusqu'au Bois d'Avroy, au sommet de la rue de Joie.

 C'est depuis octobre 1900, que le carrefour des rues du Laveu, des Wallons et des Éburons s'appelle officiellement la place des Wallons.

place des wallons laveu liege 1913.jpg  La place des Wallons sur une carte postée en 1913. L'année suivante, sera prise la décision de modifier le viaduc ferroviaire, jugé trop étroit. Interrompu par la guerre, le projet ne sera réalisé qu'en 1926.
 

bus 20 laveu liege 1930.jpg  Un trolleybus n° 20 (Cointe-centre ville) à l'arrêt de la place des Wallons dans les années 1930, avec vue sur le viaduc élargi.

place des wallons laveu liege annees 1960 (2).jpg                            La place des Wallons à la fin des années 1960 ▲ et de nos jours ▼
rue des wallons laveu liege 2015.jpg  La flèche rouge, ci-dessus, indique l'emplacement où se trouvaient les immeubles que l'on voit sur la photo qui suit (côté impair de l'ancienne place des Wallons en 1968, du viaduc à la rue des Éburons) :
place des wallons laveu liege annees 1960 (3).jpg

place des wallons laveu liege fin annees 1960 (2).jpgLa place des Wallons à la fin des années 1960.

bus 20  laveu liege 1968.jpgFévrier 1968 : un trolleybus n° 20 quitte la place des Wallons pour s'engager dans la rue des Éburons.

place des Wallons liege vers 1970.jpg  À l'époque, passer sous le viaduc permet d'accéder à la rue de Sluse, telle qu'on la voit sur la photo qui suit :
rue de  sluse liege 1969.jpg

rue de sluse liege 2015.jpg  Depuis les aménagements autoroutiers, la rue de Sluse a bien changé. Tous les immeubles visibles sur la photo précédente ont disparu !

place des wallons rue du laveu liege avant 1970.jpg  Cette photo de la place des Wallons a été prise à l’extrême fin des années 1960. Elle montre les immeubles situés entre la rue des Wallons (qu'on ne voit pas à gauche) et la rue du Laveu (à droite). Ces immeubles, on les retrouve sur la photo qui suit, présentant la situation actuelle :
place des wallons rue du laveu liege 2015.jpg

place des wallons laveu liege fin annees 1960 (3).jpg  Ci-dessus, la place des Wallons vue depuis la rue de Sluse à la fin des années 1960. Ci-dessous, la même perspective de nos jours, avec la sortie autoroutière conduisant au tunnel Sainte-Marie :
N607 laveu liege 2014.jpg

  Voici quelques vues prises lors de la démolition de la place des Wallons au tout début des années 1970 :
place des wallons démolitions debut annees 1970.jpg1970 (1) demolition place des wallons liege laveu.jpgplace des wallons liege demolitions.jpg                                        ▲ Quarante-cinq ans séparent ces deux photos ▼
place des wallons laveu liege 2015 (2).jpg



  Du côté de la rue du Plan Incliné

 
Cette rue du quartier des Guillemins est ainsi baptisée en hommage au plan incliné conçu par l'ingénieur Henri Maus, peu avant le milieu du XIXe siècle*, pour permettre aux trains de gravir et descendre la côté d'Ans malgré la forte déclivité naturelle des lieux.
* C'est en 1842 que le plan incliné a été utilisé pour la première fois.

piste de ski guillemins liege 1976.jpg  Cette photo de 1976 montre le début du plan incliné ferroviaire, avec l'autoroute inachevée qu'on a surnommée la « piste de ski ».

plan incline liege 2009.jpg  Ci-dessus, la rue du Plan Incliné actuelle, au niveau du viaduc dont le tunnel mène au Laveu. Là aussi la construction de l'autoroute et de ses accès a profondément modifié le tissu urbain, comme en témoigne la photo suivante datant du début des années 1960 :
plan incline liege 1962.jpg


  De la place des Wallons à l'avenue de l'Observatoire

  Au milieu des années 1980, des expropriations et démolitions massives affectent le côté impair de la rue des Éburons, ainsi que le bas de la rue de Joie et de l’avenue de l’Observatoire. Une décision a enfin été adoptée à propos de la liaison E40-E25, qui se fera grâce à un double tunnel percé dans la colline de Cointe et un pont suspendu jeté sur la Meuse.

 1983 avenue de l'observatoire liege.jpg  Le bas de l’avenue de l’Observatoire avant les destructions qui débuteront en 1984. Toutes les maisons de gauche* ainsi que les premières de droite sont condamnées.
* Disparaîtra aussi toute une partie de la rue Mandeville longeant le chemin de fer.

  Ci-dessous, le même endroit de nos jours :
avenue de l'observatoire liege 2015.jpg

1983 (1) rue de joie laveu liege.jpgÀ l'angle des rues de Joie et Bois l'Évêque en 1983 ▲ et 2009 ▼rue de joie liege 2009.jpg

1983 (2) rue de joie laveu liege.jpg  La flèche rouge désigne la rue des Éburons, dont le côté impair va disparaître, tout comme les maisons de la rue de Joie situées à droite. Voici la situation actuelle à titre de comparaison :
laveu 2015.jpg

rue des eburons laveu liege debut annees 1980.jpg  Ci-dessus, la rue des Éburons vers 1984-85, avec dans le fond la « piste de ski » (la flèche) arrêtée là au début des années 1970. Ci-dessous, le même endroit de nos jours, avec l'espace vert baptisé depuis peu le jardin de l'abbé Firket :
rue des eburons liege 2015.jpg

construction autoroute laveu liege 1985-86 (1).jpg▲ Ces deux photos datent de 1986, pendant le prolongement de l’autoroute
en direction du futur tunnel sous Cointe ▼
construction autoroute laveu liege 1985-86 (2).jpg

laveu liege 1986.jpgL’autoroute au Laveu en 1986.

rue des eburons laveu liege vers 1990.jpgL'autoroute toute neuve au niveau de la rue des Éburons.

 

chantier tunnel sous cointe liege 1988.jpgLe chantier de la tête du tunnel sous Cointe en 1988.

laveu liege 2007.jpgL'autoroute au Laveu en 2007.

 

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28/01/2014

Le jardin botanique et la rue Louvrex

  Le premier jardin botanique de Liège est fondé en 1819, sous le régime hollandais, par l'université établie depuis deux ans dans les bâtiments de ce qui a été le collège des jésuites wallons (actuelle place du XX août). Serres, orangerie et parterres sont aménagés en bord de Meuse dans les jardins de l'ancienne maison religieuse.

  Des transformations aux bâtiments académiques et la construction d’un quai de halage le long du fleuve restreignent la superficie de ce « parc des flores ». En 1836, le professeur Charles Morren, qui dirige la chaire de botanique, en obtient le transfert dans un site plus approprié. C’est au pied de la colline Saint-Gilles, dans le quartier du Bas-Laveu fort champêtre, qu’un terrain de cinq hectares est acquis en 1838.

plan-liege-1838.jpg   Sur ce plan de 1838, la croix désigne l'emplacement choisi pour le nouveau jardin botanique. Le tracé coloré en rouge représente le Grand Jonckeu, appellation de la voie de communication qui commençait rue Saint-Gilles à la hauteur de l'actuelle rue Grandgagnage (1), puis suivait approximativement les rues Louvrex (2), Hemricourt (3) et du Plan incliné (4). À titre indicatif, le bras de la Meuse est devenu les boulevards d'Avroy (5) et Piercot (6).

  
Le mot « Jonckeu » proviendrait du bas-latin « juncetum », qui indique un lieu planté de joncs. Dans les années 1840, des travaux seront entrepris pour rectifier et élargir cette vieille artère (il faut préciser qu'elle mène au quartier des Guillemins en pleine mutation depuis la création de la gare de chemin de fer en 1842). Le tronçon marqué 2 sur le plan ci-dessus prendra le nom de Louvrex en 1848. Le quartier s'urbanisera rapidement avec de beaux immeubles particuliers.

   Mathias-Guillaume de Louvrex, seigneur de Ramelot (Liège, 1665-1734), a été bourgmestre de la Ville en 1702. Très versé dans l'histoire de son pays et dans la jurisprudence, il a publié de nombreux ouvrages.

 

rue_louvrex_liege-tram-1900.jpgLa rue Louvrex à la Belle Époque. Les grilles en fer forgé, de ce côté, datent de 1848.

jardin_botanique-rue_louvrex-liege.jpg  À droite, la rue Fusch a été ouverte en 1860 (comme la rue Nysten), date qui a vu le jardin botanique entièrement clôturé. Remarquez, sur cette carte postale, l'erreur de genre à propos du mot « jardin ».


  Mais revenons-en aux origines du jardin botanique. C'est Julien-Étienne Remont (1800-1883), architecte de la Ville, qui est chargé d'en dresser les plans, approuvés en 1839. La construction des serres et les premières plantations débutent en 1841, mais les travaux sont interrompus deux ans plus tard par manque de moyens financiers.

  À la fin des années 1870, il est décidé de transférer divers instituts universitaires sur le site inachevé du jardin botanique. Deux seulement finissent par y être érigés : ceux de botanique et de pharmacie. Le chantier démarre en 1881, confié à l’architecte provincial Lambert-Henri Noppius. Il entraîne une modification du plan initial du jardin, ce dont se charge Édouard Morren (qui a succédé à son père Charles mort en 1858).

 

jardin_botanique_liege-plan_1883.jpgLe plan du jardin botanique en 1883.

jardin_botanique_liege-1887.jpg   L'institut de botanique et l'ensemble des serres en 1887, quatre ans après leur inauguration. Les serres hautes avec les grandes rotondes seront détruites par un V1 en décembre 1944.

serres-jardin_botanique-liege-fin_XIXe.jpg   Les serres basses vues depuis les serres hautes à la fin du XIXe siècle. Dans le fond, ce sont les immeubles de la rue Louvrex.

serres-colorisees-jardin_botanique-liege.jpgLes serres présentent une architecture où prédominent le verre et l'acier.

serres_basses-jardin_botanique-liege.jpgLes serres basses et la terrasse qui les sépare des serres hautes et de l'institut de botanique.


Les vues qui suivent nous replongent au début du XXe siècle :

jardin_botanique-liege-fin_XIXe.jpg

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grottes-jardin_botanique-liege.jpg

rocailles-jardin_botanique-liege.jpgAménagées dans les années 1880, les rocailles pour plantes montagnardes ont été supprimées en 1965.



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   À partir de 1968, certaines plantations sont transférées au Sart-Tilman, car il est prévu de déménager le jardin botanique sur ce nouveau campus universitaire. En 1970, le site devient un parc public désormais entretenu par la ville de Liège. Ce changement de statut entraîne la disparition des grilles.

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   Mais depuis ce 1er janvier 2014, c'est la Région wallonne qui reprend la tâche, et de nombreuses questions se posent quant à l'avenir du site...

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Cette autre partie, depuis 2001 aussi, accueille le Centre régional d'initiation à l'environnement.

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Liens de référence :

http://www.homme-et-ville.net/ressource/ressources/jbcr.pdf
http://www.botaniqueliege.be/historique/historique.htm