02/12/2016

L'église Saint-Vincent de Fétinne

google earth.jpg  Il s’agit de l’église au centre de cette vue aérienne, obtenue grâce à Google Earth. Elle est située au confluent de l’Ourthe et de la Dérivation de la Meuse.

   Autrefois, le réseau hydrographique était tout à fait différent. Le plan qui suit, réalisé par Christophe Maire, nous reporte en 1737. L’église de Fétinne (la flèche) se trouve en bordure d’un bras de l’Ourthe appelé le Fourchu-Fossé, peu avant que celui-ci ne se jette dans la Meuse :
plan 1737.jpg

eglise_fetinne_liege_XVIIIe.jpg  Ce dessin représente le confluent du Fourchu-Fossé et de la Meuse, avec l’église telle qu’elle se présentait au XVIIIe siècle dans son environnement champêtre.

  C’est au XIIIe siècle, semble-t-il, qu’un premier édifice religieux est érigé à cet endroit, consacré à saint Vincent, martyr espagnol du IVe siècle dont le culte est en vogue à cette époque.

  Ce sanctuaire est fréquemment ravagé par les crues de l’Ourthe, et l’inondation de 1643 lui est fatale. Il ne sera reconstruit qu’en 1669, pour être à nouveau endommagé en 1691, par des faits de guerre cette fois, lorsque l’artillerie française du maréchal Boufflers bombarde Liège.

  Il faudra attendre 1735 pour qu’une nouvelle église soit consacrée, celle qu’a déjà montrée le document des collections artistiques de l’ULg. La revoici au début du XIXe siècle sur un dessin à la plume d’Olivier Henrotte :
eglise saint-vincent_liege_1850.jpg  Le dessin ci-dessus ressemble fort à celui qui suit, daté de 1822 (et publié par Léon Béthune dans son recueil de vues rares du vieux Liège) :
eglise_fetinne_bethune_1822.jpg

 
  L’église a échappé aux tourments révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle. Avec le Concordat, la paroisse a continué d’exister, mais le bâtiment est resté longtemps sans entretien.

  En 1803, une nouvelle inondation a submergé les sols déjà fort affouillés. Malgré l’intervention des paroissiens qui se sont efforcés de construire une digue de fortune, les eaux ont ravagé le cimetière et provoqué l’effondrement d’une partie du chœur. Faute de moyens financiers, les dégâts n’ont été que réparés sommairement.


eglise st-vinvent_fetinne_1850.jpg  C’est en 1833 que l’on s’occupe sérieusement de la restauration de l’église, avec la construction d’une nouvelle tour surmontée désormais d’une plate-forme. On conserve la base de l’édifice, avec ses trois nefs, mais on lui adjoint en 1847 un nouveau chœur, une sacristie et une salle mortuaire.


eglise_fetinne_liege_1901.jpg  À l’arrière-plan de cette carte colorisée, on voit le quai Saint-Vincent, qu’on a aménagé après 1853 sur une digue réclamée par les riverains pour les protéger des inondations. Les terres de remblai sont issues du creusement de la Dérivation de la Meuse.

 Cette mesure de protection n’est guère suffisante. En 1886, est déposé un projet qui prévoit la suppression du Fourchu-Fossé et autres biefs secondaires. Les autorités concernées (État, province, communes) tergiversent longtemps à propos de leurs contributions financières, mais en 1897, la plaine des Vennes est choisie comme site d'une future exposition universelle et internationale (prévue pour 1903 et qui aura finalement lieu en 1905). La décision est prise, et le chantier commence en 1902. Un autre article est entièrement consacré à ce sujet.


construction pont de fetinne_liege_1.jpg  L’église de Fétinne pendant le chantier de rectification du cours de l’Ourthe, préparatoirement à l’Exposition universelle et internationale de 1905.


expo 1905 liege pont et eglise fetinne.jpg  En construction sur la vue précédente, voici le pont de Fétinne qui mène à l’entrée des halls de l’Exposition de 1905. L’église Saint-Vincent fait partie du décor.


eglise st-vincent_fetinne_liege_1909.jpg
Carte postale de 1909.


eglise st-vincent_fetinne_apres 1905.jpgL’église après l’Exposition de 1905, avec le nouveau cours de l’Ourthe.


vue aerienne_site expo apres 1905.jpg

Vue aérienne du site Vennes-Fétinne après l’Exposition de 1905.


  En 1928, un concours est organisé en vue de remplacer l'ancienne église paroissiale Saint-Vincent par un édifice plus spacieux et prestigieux, en vue de l'Exposition internationale de 1930. Il est remporté par l’architecte liégeois Robert Toussaint, qui propose une structure en béton surmontée d’un dôme imposant.

  Les quatre photos qui suivent, prises pendant la construction de la nouvelle église en 1929-1930, proviennent du fonds d’archives Robert Toussaint du GAR :

construction st-vincent 2.jpg

construction st-vincent 1.jpg

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construction st-vincent 4.jpg


eglises st-vincent_liege_1930.jpg
Les deux églises en 1930. L’ancienne sera démolie en 1931.


eglise st-vincent_fetinne_expo liege 1930.jpgDessin publié à l’occasion de l’Exposition internationale de 1930.


eglise st-vincent_fetinne_1930.jpgL'édifice tout neuf.

eglise fetinne monument gramme_liege_1930s.jpg  Carte colorisée de la fin des années 1930. Le dôme de béton est au départ recouvert d’une peinture vert-de-gris. Le monument en l’honneur de Zénobe Gramme a déjà fait l’objet d’un autre article.


pont fragnee_liege_1940.jpg
Le pont de Fragnée volontairement détruit en 1940.


char us fetinne 1944.jpg
Lors de la libération de Liège en septembre 1944.


eglise fetinne_liege_reconstruction pont fragnee_1946.jpgPendant la reconstruction du pont de Fragnée (1946-1948).

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L'église et le pont de Fétinne n 1954.


eglise fetinne monument gramme_liege_1962.jpg
▲ En 1962 ▼
fetinne_liege_1962.jpg

  Remarquez, sur les trois photos précédentes, que la peinture d’origine du dôme est fortement dégradée. En 1966, les coupoles seront recouvertes de seize tonnes de feuilles de cuivre.


Les deux vues aériennes qui suivent ont été prises par André Drèze à la fin des années 1970 :

vue aerienne_fetinne_1979a.jpgvue aerienne_fetinne_1979b.jpg


  Visitez le dôme de l’église Saint-Vincent : http://liege-photos.skynetblogs.be/archive/2007/07/03/a-l....

 

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06/09/2016

Aux origines du quai et du pont Mativa

vue aerienne boverie_liege_bing maps.jpg  Cette vue aérienne a été obtenue grâce à Bing Maps (cliquez dessus pour l'agrandir dans une nouvelle fenêtre). Le parc de la Boverie* (1), est situé entre la Meuse (2) et sa Dérivation (3) ; il est relié au quai Mativa (4) par le pont** du même nom (5).

* Le lieu tient son appellation des bovidés qu’on y faisait paître.
** On  dit souvent la passerelle Mativa vu son usage réservé aux piétons et cyclistes. On l'appelle aussi, nous l'expliquerons plus loin, le pont ou la passerelle Hennebique.


 
Le quai Mativa a été aménagé à la suite des grands travaux de la Dérivation de la Meuse (voir autre article) ; on l’a baptisé ainsi en 1857, en souvenir du pré Mativa, site champêtre qui attirait autrefois les promeneurs recherchant la quiétude. L’appellation « Mativa » est très ancienne ; elle proviendrait de la contraction des mots wallons « Mathî » et « vå », le « Val de Mathieu » (du nom d'un propriétaire local au Moyen Âge).


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  Le plan ci-dessus est proposé en 1852 par l’ingénieur Kümmer pour illustrer les modifications qu’il compte apporter au cours de la Meuse. Le chantier titanesque de rectification et de dérivation du fleuve va durer de 1853 à 1863. J’ai indiqué d’une croix rouge l’emplacement du pré Mativa.

  Le texte qui suit est extrait de l’article « Heurs et malheurs de la Boverie », paru dans la revue « La Vie liégeoise » de mars 1972 : « Les Liégeois d'aujourd'hui ne peuvent se faire une idée des charmants sites de la Boverie sous son aspect champêtre d'autrefois, ils ne peuvent imaginer le magnifique paysage qui fit l'admiration de Pierre-le-Grand, lors de son passage à Liège en 1717. C'était un endroit idyllique, enserré entre les sinuosités pleines de fantaisie des bras de la Meuse et de l'Ourthe, où les îles verdoyantes venaient ajouter leur poésie. À l'entour, la terre était riche et féconde. Les houblonnières avaient grande renommée et les prairies émaillées de fleurs étaient accueillantes aux enfants joueurs. Les adultes y venaient le dimanche se promener, s'y reposer loin des bruits de la ville et respirer l'air pur. De joyeuses guinguettes (La Ferme, Le Château de Versailles, Le Petit Sans-Soucis) étaient des paradis pour la jeunesse, et, aux longs jours d'été, les citadins aimaient s'y délasser et s'y restaurer ».


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  Sur ce plan de 1885, on remarquera qu’une grande partie de la Boverie a été réaménagée en espaces verts, avec un jardin d’Acclimatation (marqué du nombre 58, voir autre article) et un parc public compensant la disparition du pré Mativa. En cette fin du XIXe siècle, les terrains de la Boverie se terminent en cul-de-sac (le cercle rouge), sans communication avec Fragnée ou les Vennes.


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Le quai Mativa à la fin du XIXe siècle ▲ puis le même endroit (dans le cadre rouge) de nos jours ▼
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C’est en 1863 qu’on a planté la double rangée d’arbres et installé les bancs publics.


quai mativa_liege_fin XIXe (2).jpg  À la naissance du XXe siècle, le lieu présente toujours un charme bucolique, même s'il devient un quartier résidentiel bourgeois.

Le quai Mativa en 1954, 1975 et 2007 :quai mativa_liege_1954.jpgquai mativa_liege_1975.jpgquai mativa_liege_2007.jpg

Dans l’autre sens au début des années 1970 :
quais mozart et mativa_liege_debut 70s (2).jpgquai mativa_liege_debut 1970s (1).jpgquai mativa_liege_debut 1970s (2).jpg

 

* * * * *

 

quai mativa fin XIXe.jpg  Nous voilà revenus à la charnière des XIXe et XXe siècle. Les arbres du quai Mativa, on les retrouve à l’arrière-plan droit de la photo qui suit :
derivation_liege_1903.jpg

   Dans le fond, on voit la Dérivation avant l’existence du pont Mativa. Nous sommes en 1903. Le chantier, à l’avant-plan, est celui de la rectification du cours de l’Ourthe. La plaine des Vennes, en effet, subit d’importantes modifications en vue d’accueillir une partie de l’Exposition universelle et internationale prévue pour 1905 (voir cette autre publication).


pont mativa_liege_expo 1905.jpg  La même perspective pendant l’Exposition, d’avril à novembre 1905. À droite, le bâtiment qui longe le quai Mativa est le palais de l’Alimentation française. À gauche, on aperçoit l’Union nautique, club d’aviron installé à la pointe de la Boverie depuis 1873.


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  Plan de l’Exposition universelle de 1905. Le pont Mativa (1) est l’un des trois ponts construits à cette occasion, les deux autres étant les ponts de Fragnée (2) et de Fétinne (3). Il permet un passage immédiat entre le quartier des halls établi aux Vennes (4) et celui des palais situé dans le parc de la Boverie (5).

  Le projet initial prévoit un ouvrage provisoire en bois, mais le comité exécutif de l’Exposition, prévoyant le développement futur du quartier des Vennes, opte finalement pour un ouvrage définitif. Lorsqu’il s’agit de trouver un entrepreneur capable de réaliser le travail en un délai très court, le choix se porte sur la filiale belge de la société française Hennebique*.

* Du nom de son fondateur, François Hennebique (1842-1921), qui a conçu et fait breveter un système de construction en béton armé.


pont mativa_liege_boisage janvier 1905 (1).jpg  Commencé en décembre 1904, le pont Hennebique (on l’appelle souvent ainsi, du nom de son concepteur, même si son appellation officielle est « pont Mativa ») sera terminé en avril 1905, une semaine avant l’inauguration officielle de l’Exposition. La photo ci-dessus montre l’opération de boisage en janvier 1905.


construction passerelle mativa_liege_1904 (1).jpg  Certaines cartes postales souvenirs de l’Exposition proposent des vues prises pendant les travaux d’aménagement, comme celle-ci avec le pont en cours de construction.


pont mativa_liege_essais de charge 1905.jpg  Des soldats traversent le pont au pas cadencé. La manœuvre fait partie des épreuves de mise en charge effectuées en avril 1905, avec aussi des passages de rouleaux compresseurs et de chariots remplis de fonte.


pont mativa_liege_expo 1905 (2).jpg  Il s’agit d’un des tout premiers ponts en béton armé, admiré pour sa technicité et son élégance. D’une longueur totale de 80 mètres, il franchit la Dérivation en une seule travée de 55 mètres. La faible épaisseur du tablier à la clef est impressionnante.


pont mativa_liege_2007.jpg  Vu l’intérêt historique, technologique et esthétique de l’ouvrage, celui-ci a été classé le 4 mai 2016 par Maxime Prévot, ministre wallon du Patrimoine.

  Les garde-corps et les supports d'éclairage sont d'époque (à l'exception des parties supérieures des lampadaires qui ont été modifiées quand l'électricité a remplacé les brûleurs au gaz).

 

Quelques photos prises pendant l’Exposition :

pont mativa_liege_expo 1905 (3).jpg  Avec l’embarcadère des gondoles vénitiennes et le palais de la ville de Liège (la flèche dans les feuillages).


pont mativa_liege_expo 1905 (4).jpg  Le tramway que l’on aperçoit sur le pont* est en réalité un petit train Decauville qui permet visiter l’Exposition.

* À cette époque, l’ouvrage fait vraiment office de pont avec le passage de véhicules ; il y a longtemps qu’il ne sert plus que de passerelle.


pont mativa_liege_expo 1905 (5).jpg
La double voie ferrée du tramway touristique.


quai mativa_liege_1905.jpg  Cette double voie se retrouve sur le tronçon du quai Mativa qu’il faut emprunter pour transiter des Vennes à la Boverie.


pont mativa_liege_expo 1905 (6).jpg  Autre souvenir de l’Exposition : ce morceau de temple grec (inspiré par celui d’Agrigente, en Sicile), décor réalisé par la firme Hennebique à proximité du pont qu’elle vient de construire.


* * * * *

 

pont mativa_liege_apres 1905.jpgLe pont Mativa après l’Exposition.


maison monier_liege_debut XXe.jpg  Le confluent Ourthe-Meuse au début du XXe siècle, avec la maison du barragiste (et non l'Union nautique, voir série 5 de cette page).


chantier pont gramme-liege-1968.jpg
Le même endroit en 1968, pendant le chantier du pont Zénobe Gramme sur l’Ourthe (voir autre article).

 

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23/02/2016

La rectification de l'Ourthe dans le quartier Vennes-Fétinne

Quand le pointeur de la souris prend la forme d'une main au contact d'une illustration, cliquer sur celle-ci permet de l'agrandir dans une nouvelle fenêtre.

hydrographie liege 1830.jpg
Le réseau hydrographique liégeois en 1830.

ourthe d'antan liege.jpg  Sur cette vue aérienne contemporaine, ont été superposés les méandres de l'Ourthe tels qu'ils se présentent à la fin du XIXe siècle.

  Aux Grosses Battes (1), la rivière se divise en deux branches :

- La branche de droite (2) se ramifie en divers biefs parsemés d'îlots ; elle est devenue les actuels boulevards de Douai, Frankignoul et Poincaré.

- La branche de gauche (3), appelée le Fourchu-Fossé, décrit une double boucle et se jette dans la Dérivation à Fétinne. La boucle inférieure et l'étroit bief des Aguesses* (4) délimitent une île nommée plaine des Aguesses. Le tronçon supérieur du Fourchu-Fossé est incorporé au canal de l'Ourthe (le trait rouge), dont les origines remontent au début du XIXe siècle.
* Les aguesses, en wallon, désignent les pies.

pont marcotty angleur1.jpgpont marcotty angleur2.jpg  Les deux photos ci-dessus montrent ce canal de l'Ourthe à la hauteur du pont levant de l'écluse d'Angleur. Inutilisée depuis longtemps à des fins industrielles, la voie d'eau est aujourd'hui, à quelques dizaines de mètres de l’activité urbaine, un havre de paix où stationnement quelques embarcations-logements.

  C'est sous le régime hollandais, dans la troisième décennie du XIXe siècle, que naît l'idée de relier la Meuse au Rhin via l'Ourthe, la Sûre et la Moselle. Les travaux commencent à divers endroits dès 1827, mais sont rapidement interrompus à cause du manque de fonds et des événements révolutionnaires qui secouent la Belgique. Quand la province du Luxembourg est cédée à notre pays en 1839, le gouvernement belge relance un projet concernant l'Ourthe, non plus dans l'intention de la canaliser, mais de lui créer un canal parallèle. Ce chantier, à nouveau, ne sera jamais achevé, les pouvoirs publics préférant accorder la priorité au développement des chemins de fer. Parmi les tronçons de canal qui ont subsisté, figure celui qui passe par Angleur, avec son célèbre pont levant* construit en 1852.
* Le seul actionné manuellement dans la province de Liège. Classé depuis 1983 tout comme les ouvrages de pierre le bordant, vers la darse et le canal.

ecluse canal ourthe angleur1.jpgecluse canal ourthe angleur2.jpgpont-ecluse des aguesses angleur debut XXe.jpg  Le pont levant et la maison pontonnière en 1903. En bas à droite, il s'agit du tronçon du Fourchu-Fossé intégré au canal de l'Ourthe. Le pont est souvent appelé du nom de Marcotty, par analogie avec le moulin à farine situé juste à côté (les bâtiments blancs dont nous parlerons plus loin).

plan liege 1885.jpg  Ce plan de 1885 m'a été fourni par Christian Hauglustaine, un ancien du MET passionné d'histoire. On y retrouve les multiples bras de l'Ourthe à la veille du XXe siècle. Remarquons que sur ce document, l'île comprise entre le bief des Aguesses et le Fourchu-Fossé, porte l'appellation d'île aux Cochons alors qu'elle est connue comme l'île (ou la plaine) des Aguesses ; la confusion provient de l'existence antérieure d'une autre île, comme en témoigne le plan qui suit, publié par Avenzo en 1838 :
plan avanzo liege 1838.jpgplan liege 1899.jpg   Le plan ci-dessus (plan de 1899 fourni également par Christian Hauglustaine) a le mérite de mentionner les deux appellations à leur emplacement primitif, même si les îles ont fusionné.

meuse_fragnee_liege_1900.jpg   Promenade sur la Meuse à la fin du XIXe siècle. À l'arrière-plan, la plaine des Aguesses est séparée de l'église Saint-Vincent de Fétinne par l'embouchure du Fourchu-Fossé. Ci-dessous, le même endroit de nos jours :
meuse_fragnee_liege_2012.jpg


plaine aguesses_liege_angleur_avant 1905.jpg  Le Fourchu-Fossé et la plaine des Aguesses à l'aube du XXe siècle. Dans le fond, on aperçoit le remblai qui supporte la ligne de chemin de fer du Nord-Belge (ligne Namur-gare du Longdoz, ouverte en 1852).

pont arcades plaine aguesses liege.jpg  Le remblai du chemin de fer comporte un viaduc muni d'arches d'inondation, pour permettre l'étalement des eaux en cas de crue.

avenue luxembourg_liege_2007.jpg  L'actuelle avenue du Luxembourg est toujours traversée par cette ligne de chemin de fer surélevée, quelque peu déplacée depuis le chantier colossal de l'Exposition universelle de 1905 (voir plus loin).

* * * * *

houillere des aguesses_angleur.jpg  Le Fourchu-Fossé au début du XXe siècle, avec la houillère des Aguesses (1),  le pont-écluse du même nom (2) et le moulin Marcotty (3). Le contenu du rectangle rouge est repris ci-dessous :moulin marcotty angleur debut XXe.jpg

  La flèche rouge désigne l'entrée du canal de l'Ourthe vers le Rivage en Pot*. La bleue montre le début du bief des Aguesses, qui fournit l'énergie hydraulique au moulin à farine Marcotty.
* Le terme « pot » viendrait de « på » (pal), vu les pieux plantés là autrefois pour consolider la berge. Ce rivage est aujourd'hui constitué des quais Michel Gloesener et Joseph Wauters.

moulin aguesses angleur 1845.jpg  Le bief des Aguesses alimente un moulin depuis le XVIe siècle, mais la gravure ci-dessus présente les installations en 1845. On l'appellera finalement le moulin Marcotty* du nom de la famille propriétaire.
* Joseph Marcotty sera bourgmestre d'Angleur de 1891 à 1903 ; son fils Joseph-Antoine le sera de 1908 à 1921.

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Le bief des Aguesses, alimentant le moulin, est souvent appelé le bief Marcotty.

bief marcotty angleur3.jpg
Le bief des Aguesses (ou Marcotty) avant 1902, le long du sentier devenu la rue du Bief.

maison monnier_fetinne_liege_1.jpg  Le bief des Aguesses vers 1900, quand il se jette dans le Fourchu-Fossé. Les arbres, à l'arrière-plan à droite, sont ceux du début du quai Mativa, à proximité de l'église Saint-Vincent qui n'apparaît pas sur cette vue.

maison monnier_fetinne_liege_2.jpg  Voici, en 1886, le confluent du Fourchu-Fossé et de la Meuse, avec son barrage pour réguler le mélange des flots. À l'extrême gauche, il s'agit de l'embouchure du bief des Aguesses. Sur la butte, se trouve la maison Monnier, du nom du barragiste à cette époque.

maison monnier_fetinne_liege_3.jpg  La maison Monnier est aussi appelée le café de Fétinne, car le barragiste sert aussi de tenancier de guinguette, servant à boire et à manger dans ce cadre champêtre. À remarquer à nouveau le petit pont qui enjambe le bief des Aguesses là où il débouche dans le Fourchu-Fossé.

pont monnier.jpg  Le petit pont sur le bief des Aguesses. Dans le fond, entre la Meuse et la Dérivation, on aperçoit la pointe de la Boverie où se trouve l'Union nautique depuis 1873.

passage d'eau fetinne debut XXe.jpg  Le petit pont sur l'embouchure du bief des Aguesses, le revoici avec vue sur l'église Saint-Vincent, située de l'autre côté du Fourchu-Fossé. La barque est celle d'un passeur d'eau.

passage d'eau fetinne avant 1905.jpg  Il existe en effet un passage d'eau entre la rive de l'église Saint-Vincent et l'île des Aguesses dans sa partie ex-île des Cochons. Le document ci-dessus, édité à l'occasion de l'exposition universelle de 1905, montre une situation antérieure aux aménagements gigantesques exigés par l'événement.

passage d'eau fetinne 1891.jpgLe passage d'eau en 1891. À l'arrière-plan, on distingue le pont de chemin de fer de la ligne Namur-Liège.

passage d'eau fetinne quai mativa debut XXe.jpg  Le passage d'eau en 1902 ▲ et juillet 1903 (lors de la visite du prince Albert sur le chantier de l'Exposition universelle) ▼passage d'eau fetinne 1903.jpg


quai saint-vincent_liege_debut XXe.jpg  En 1853, les riverains ont envoyé une pétition à l'administration communale pour exiger que l'on construise une digue le long de la rive droite du Fourchu-Fossé (à gauche sur la photo ci-dessus), pour les protéger des ravages des inondations. Les terres de remblai proviendront du creusement de la Dérivation de la Meuse. Le quai ainsi aménagé prendra le nom de Saint-Vincent, vu le patronage de l'église de Fétinne qui se trouve à son extrémité.

quai saint-vincent église de fetinne.jpg  Le Fourchu-Fossé, le quai et l'église Saint-Vincent, vus d'amont en aval depuis le pont de chemin fer, à l'aube du XXe siècle.

bd de laveleye_liege_2007.jpg
Le Fourchu-Fossé et le quai Saint-Vincent sont devenus le boulevard Émile de Laveleye.

* * * * *


  Rappelons-nous que de 1853 à 1863, le cours principal de la Meuse a été simplifié et rectifié en Avroy, et que le creusement de la Dérivation a grandement contribué à l'assainissement du quartier populeux d'Outremeuse, où le comblement de divers bras de l'Ourthe s'est poursuivi jusqu'en 1876.

  En cette fin du XIXe siècle, l'Ourthe continue cependant de menacer les habitants des Vennes-Fétinne, à cause des crues répétées et des problèmes sanitaires qui en résultent.

  En 1886, est déposé un projet qui prévoit la suppression du Fourchu-Fossé et biefs secondaires, pour offrir à la rivière un nouveau lit plus large et moins sinueux. Les autorités concernées (État, province, communes) tergiversent longtemps à propos de leurs contributions financières, mais le choix dès 1897 de la plaine des Aguesses comme site d'une future exposition universelle* accélère les décisions : le projet initial subit quelques retouches et est accepté en 1900 ; le chantier sera adjugé en juillet 1902.
* L'Exposition universelle de Liège de 1905 était au départ prévue pour 1903. C'est l'ampleur du chantier de la rectification de l'Ourthe qui a reporté l'événement en 1905. Tant mieux finalement ! On a pu en même temps célébrer le 75ème anniversaire de l'indépendance de la Belgique.

plan rectification ourthe vennes avant 1905.jpg  Le plan ci-dessus permet de comprendre le projet de rectification de l'Ourthe en prévision de l'Exposition universelle de 1905.

comblement_bief_marcotty_angleur.jpgCi-dessus, le comblement du bief Marcotty. effectué de façon fort manuelle.

chantier_plaine des vennes_liege_1902-1905a.jpgchantier_plaine des vennes_liege_1902-1905b.jpg  Dans un premier temps, le creusement du nouveau lit de l'Ourthe se fera aussi manuellement, avant que que les ouvriers ne soient assistés par des machines à vapeur :
chantier_plaine des vennes_liege_1902-1905e.jpg

chantier_plaine des vennes_liege_1902-1905c.jpg

   Le chantier prend du retard à cause de la météo, notamment lors de l'hiver 1902-1903 et du très pluvieux mois d'avril 1903.

chantier inondé 1.jpg  À gauche, la future berge du quai des Ardennes. Nous sommes en avril 1903, les travaux de terrassement du nouveau lit de l'Ourthe sont à l'arrêt à cause des inondations dues aux intempéries.

chantier inondé 2.jpg  Les monteurs en charpente métallique procèdent à la construction du nouveau pont de chemin de fer sur la future rectification de l'Ourthe. Les terrassiers ne peuvent travailler à cause du chantier inondé.

chantier inondé 3.jpg
À l'avant-plan gauche, il s'agit du futur quai du Condroz. Le nouveau lit de l'Ourthe, inachevé, est inondé.

plan chantier avant expo 1905_liege.jpg  Sur le plan ci-dessus, les flèches désignent le tracé de la ligne de chemin de fer du Nord-Belge, tracé qui va subir quelques modifications, avec une infrastructure nouvelle.

ancien pont chemin de fer fosse fourchu vennes liege.jpg   L'ancien pont de chemin de fer sur le Fourchu-Fossé. Dans le fond, sous l'arcade, on aperçoit les maisons de la rue de Fétinne.

construction nouveau pont chemin de fer vennes liege.jpg  On construit un nouveau pont de chemin de fer juste en amont de l'ancien, avant de combler le Fourchu-Fossé pour intégrer ce terrain dans le site de l'Exposition universelle de 1905. Ci-dessous, le même endroit de nos jours, avec le boulevard Émile de Laveleye :
boulevard de laveleye_liege.jpg

travaux chemin de fer_vennes_1902-1904_1.jpg  Dans la plaine des Aguesses (des Vennes), on supprime l'ancien remblai et le viaduc à arcades qui supportent la ligne de chemin de fer. Le tracé ferroviaire est légèrement décalé, avec un nouveau remblai et un nouveau pont pour enjamber ce qui deviendra l'avenue du Luxembourg après l'Exposition de 1905.

travaux chemin de fer_vennes_1902-1904_2.jpgL'aménagement de la nouvelle ligne de chemin de fer.

destruction anciennes arcades vennes liege.jpg
La destruction de l'ancien viaduc et de ses arcades.

travaux chemin de fer_vennes_1902-1904_4.jpg  Le chantier du nouveau cours de l'Ourthe. À l'arrière-plan central, on aperçoit le nouveau pont de chemin de fer, en cours de construction tout comme les halls de l'Exposition universelle. À gauche, il s'agit de la Compagnie générale des conduites d'eau*, établissement industriel qui a dû être déplacé à cause des modifications apportées à la configuration des lieux.
* Héritière de la fonderie des Vennes, la Compagnie générale des Conduites d'Eau (et de gaz) a été fondée en 1865. Absorbée en 1975 par la Sodemeca, la société a été déclarée en faillite en 1980. Le site est resté désaffecté jusqu'en 1995, année qui a vu l'ouverture du complexe commercial de Belle-Île.

nouveau pont ourthe liege 1905.jpg
Le nouveau pont de chemin de fer pendant l'Exposition universelle de 1905.
 

* * * * *

  Le pont de Fétinne est construit de 1901 à 1904, en même temps que le pont de Fragnée*, les deux allant servir d'entrée monumentale à l'Exposition universelle de 1905.
* Le pont de Fragnée, sur la Meuse, ne sera pas abordé dans cet article consacré à la rectification de l'Ourthe. Des photos de sa construction ont été postées par Christian Hauglustaine dans le groupe Facebook « Souvenirs et mémoire du Pays de Liège » ; il y en a quelques autres dans ma page consacrée à l'Exposition universelle de 1905.

construction pont de fetinne_liege_3.jpg  Construction de la culée droite du pont de Fétinne, avec le quai Mativa et l'église Saint-Vincent à l'arrière-plan.

construction pont de fetinne_liege_2.jpgL'échafaudage permettant l'assemblage de la structure métallique.

construction pont de fetinne_liege_1.jpg
À remarquer que le pont de Fétinne est mis en place avant que le nouveau lit de l'Ourthe ne soit achevé.

construction pont de fetinne_liege_4.jpg  Cette photo a été prise en 1904 depuis la maison Monnier. À droite, le pont de Fétinne en phase d'achèvement et le nouveau lit de l'Ourthe. À gauche, l'ancien cours de la rivière qu'il va maintenant falloir combler.

pont de fetinne_liege_1905.jpg
Le pont de Fétinne pendant l'Exposition universelle de 1905, avec le pont du chemin de fer à l'arrière-plan.

pont fetinne_liege_1905.jpg    Ci-dessus, l’Ourthe rectifiée et le pont de Fétinne pendant l'Exposition universelle, photographiés depuis le clocher de Saint-Vincent. Ci-dessous, le même endroit vu depuis le lanterneau du dôme de l'église actuelle :ourthe_fetinne_liege_2007.jpg


construction pont de fetinne_liege_5.jpg  Le confluent de la nouvelle Ourthe et de la Meuse à la veille de l'Exposition universelle. La berge du quai Mativa (Dérivation) est en cours d'aménagement. La maison du barragiste va bientôt être remplacée par un établissement plus luxueux, aux allures de chalet normand, comme en témoignent les deux photos qui suivent, prises pendant l'Exposition universelle de 1905 :
maison monnier 1905.jpgmaison monnier liege 1905.jpg  Ci-dessus, le confluent Ourthe-Meuse-Dérivation en 1905. À titre de comparaison, voici le même endroit en 1968 (chantier du pont Gramme sur l'Ourthe) et en 2007 :
pont gramme en construction_liege.jpgpont gramme_liege_2007.jpg

 

* * * * *

plan liege 1905.jpg
Liège en 1905.

plan expo liege 1905.jpg

                         Les emplacements de l'Exposition universelle et internationale* de 1905.
* L'Exposition de 1905 a été internationale parce que de nombreux pays y ont participé ; universelle parce qu'elle a traité de différents thèmes.

 

* * * * *

plan lotissement vennes liege apres 1905.jpgL'Exposition universelle terminée, la ville de Liège lotit le site des Vennes.

lotissement vennes liege.jpg  Ci-dessus, la plaine des Vennes après l'Exposition universelle de 1905. On y voit la première maison en construction du boulevard Émile de Laveleye (le n°12 actuel). On devine les futures rue de Paris, rue de Verviers et avenue du Luxembourg. Ci-dessous, une vue aérienne du quartier en 2004 :vue aerienne liege_vennes_liege.jpg


Les quatre photos qui suivent nous reportent au début du XXe siècle :

vennes fetinne debut XXe_1.jpgL'entrée de la rue de Fétinne et le début du boulevard Émile de Laveleye.

vennes fetinne debut XXe_2.jpg
Un autre tronçon du boulevard de Laveleye.

vennes fetinne debut XXe_3.jpgL'avenue du Luxembourg et le pont du chemin de fer.

vennes fetinne debut XXe_4.jpgL'avenue Reine Élisabeth.

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14/02/2016

Du prieuré Saint-Léonard à la fonderie de canons

Quand le pointeur de la souris prend la forme d'une main au contact d'une illustration, cliquer sur celle-ci permet de l'agrandir dans une nouvelle fenêtre.

milheuser 1649.jpg  Cette vue gravée par Julius Milheuser nous transporte dans le quartier Saint-Léonard en 1649. Situé en dehors des remparts (1)*, le hameau est essentiellement réservé aux cultures. L'église Sainte-Foy (2), fondée au début du XIIe siècle, présente ici l'apparence de sa reconstruction en 1624**. À côté, il s'agit du prieuré Saint-Léonard (3) auquel le quartier doit son nom.

* On aperçoit la porte fortifiée de Vivegnis et celle de Saint-Léonard (cette dernière est précédée d'un pont qui enjambe le fossé alimenté par la Meuse pour servir de douve et de refuge pour bateaux.
** L'église Sainte-Foy actuelle, conçue par l'architecte Évariste Halkin, a été construite dès 1867 et consacrée en 1871.

 Ce prieuré existe depuis le tout début du XIe siècle. En 1093, un chanoine de la collégiale Saint-Jean fait ériger à cet endroit une chapelle dédiée à saint Léonard ; on lui adjoint bientôt des bâtiments pour accueillir des moines de l'abbaye de Saint-Jacques, détachés là pour être au service de la population locale qui ne dispose pas de lieu de culte.


  Biographie de saint Léonard

  D’après la tradition et le récit légendaire de sa vie, écrit au XIe siècle, Léonard est né à la fin du Ve siècle dans une noble famille franque. Baptisé par saint Rémi, évêque de Reims, il a comme parrain Clovis lui-même, dont il obtient le privilège de visiter les prisonniers et de libérer tous ceux qu’il juge dignes de cette grâce.

  Refusant la dignité épiscopale proposée par le roi, il préfère vivre en ermite dans les forêts du Limousin. C'est pendant cette période qu'il intercède pour sauver la reine d'Aquitaine qui se meurt en couches. En remerciement, il reçoit du roi une part de la forêt, où il construit une chapelle en l’honneur de Marie. Il fait jaillir une source par miracle. Beaucoup de personnes le rejoignent, dont des malades venus se faire guérir et des prisonniers échappés de leur cachot par l’effet de ses prières. Il leur enseigne l'évangile et partage son domaine avec eux pour leur permettre de vivre de leur travail et « non d’aventures et de désordres ».

  Il meurt un 6 novembre ; il est enterré dans la chapelle qu’il a construite. Son tombeau devient vite un lieu de pèlerinage qui donne naissance à la ville de Saint-Léonard-de-Noblat.

  Saint Léonard est le protecteur des prisonniers et des femmes en couches. Dans nos régions, il est aussi considéré comme le saint patron des mineurs.

              statue st-leonard.jpg
  Cette statue en bois polychromé (sculpteur inconnu, XVIIe siècle) représente saint Léonard patron des mineurs (les chaînes de prisonniers ont été remplacées par une cage de houilleurs). Primitivement dans le prieuré Saint-Léonard, elle se trouve depuis le début du XIXe siècle dans l'église Sainte-Foy.

 

   En 1489, le prieuré ne compte plus que deux moines âgés et connaît des problèmes financiers. Il est vendu aux chanoines réguliers de Saint-Augustin, qui quittent leur couvent des Bons Enfants pour venir s'installer à Saint-Léonard.

  En 1777, le prince-évêque Velbruck fait partir les chanoines pour transformer le prieuré en hôpital général. On y enferme les vagabonds et les mendiants pour leur enseigner la religion et les exercer au travail. Si le principe paraît généreux, il s'agit en réalité de remédier à l'insécurité qui règne dans les rues, de protéger les gens de bien de l'importunité des indigents. La mesure irrite les partisans de liberté individuelle, et ceux qu'ils considèrent comme des prisonniers seront délivrés lors des événements révolutionnaires qui vont marquer la fin de ce siècle.

  Sous le régime français, les bâtiments finissent par être abandonnés et démolis par les pilleurs et les récupérateurs de matériaux. En 1796, ils sont qualifiés de « presque en ruines » dans un rapport officiel. Ils seront rasés en 1803, quand on leur substituera les ateliers d'une fonderie de canons. Le premier consul Napoléon Bonaparte rêve de conquérir l'Angleterre ; il a besoin d'une grande quantité de bouches à feu pour équiper sa flotte amarrée à Boulogne.

  Le CLHAM (Centre liégeois d'histoire et d'archéologie militaires) a publié sur son site un article de P. Beaujean concernant l'évolution de cette fonderie, de ses origines au XIXe siècle à son remplacement par l'Arsenal de Rocourt après la seconde guerre mondiale. Cliquez ICI pour découvrir cet historique, qu'il faut lire avant de regarder les illustrations qui suivent.

visite napoleon fonderie.jpg  Le 8 novembre 1811, Napoléon et l'impératrice Marie-Louise visitent la fonderie impériale de canons de Liège (lavis à l'encre de Chine de Charles Monnet).

napoleon visite fonderie liege 1811.jpg
Le même événement représenté par Jean-François Bosio (dessin à la plume, gouache et aquarelle).

fonderie canons liege 1823-24.jpg  La fonderie royale de canons au milieu des années 1820, sous le régime hollandais (lithographie d'Antoine Dewasme d'après un dessin d'Auguste de la Barrière).

musee d'armes liege.jpg  Cette carte postale présente le musée d'armes de Liège au début du XXe siècle (musée inclus depuis 2009 dans le Grand Curtius). L'entrée était flanquée de deux mortiers fabriqués en 1812 à l'époque de la fonderie impériale.

histoire de liège,histoires de liège,saint-leonard,prieure saint-léonard,eglise sainte-foy,napoleon,fonderie de canons,arsenal de rocourt,athenee liege 2  Ces deux mortiers se trouvent actuellement dans la cour intérieure qui sert d'entrée au département des armes du Grand Curtius (accès par la rue Féronstrée).

mortier monstre 1832.jpg    En 1832, l'armée française de Louis-Philippe, venue assister la nouvelle Belgique indépendante de Léopold 1er, fait le siège de la citadelle d'Anvers, toujours tenue par les Hollandais. Le « Mortier Monstre », capable de tirer des bombes de 500 kilos, est une invention du général français Paixhans ; il a été coulé à la fonderie de canons de Liège.

plan avenzo 1838.jpg  La fonderie et le quartier Saint-Léonard sur un plan publié en 1838 par Avenzo & Cie. Cliquez ICI pour ouvrir une vue aérienne grâce à Google Earth.

litho toovey 1854.jpg
Cette lithographie d'Edwin Toovey (Belge d'origine anglaise) date du milieu du XIXe siècle.

colonne du congres bruxelles d'antan.jpg  Au XIXe siècle, la fonderie réalise aussi des œuvres d'art. À Bruxelles, la colonne du Congrès est édifiée de 1850 à 1859 (architecte Joseph Poelaert). Elle est surmontée d'une statue de Léopold 1er, et son piédestal comporte quatre figures féminines symbolisant les libertés fondamentales garanties par la Constitution. C'est à la fonderie royale de Liège qu'ont été coulés les bronzes de ces sculptures.

statue gretry liege 1909.jpg À Liège, il en a été de même, en 1840, pour la statue de bronze de Grétry, due au sculpteur Guillaume Geefs. Installée initialement place de l'Université (actuelle place du XX Août), elle n'a été déménagée devant le théâtre royal qu'en 1866 (la vue ci-dessus date de 1909).

cheval halage liege.jpg  De même encore pour le cheval de halage du sculpteur Jules Halkin, groupe statuaire de bronze situé aux Terrasses depuis 1885.

fonderie de canons st-lenoard liege 1905.jpg   L'entrée de la FRC (fonderie royale de canons) vers 1905, avec à l'arrière-plan le clocher de l'église Sainte-Foy.

athenee liege II 2013.jpgLe même endroit de nos jours.

entree fonderie canons liege 1906.jpg  Le portique d'entrée en 1906. La couronne justifie l'appellation « fonderie royale ». Les deux canons placés verticalement servent de « chasse-roues ».

quai st-lenard liege 1926.jpg
Le quai Saint-Léonard et l'entrée de la fonderie pendant les inondations de l'hiver 1925-1926.

eglise sainte-foy_liege_debut XXe.jpg  La rue Saint-Léonard et l'église Sainte-Foy au début du XXe siècle. Les bâtiments à droite sont ceux de la fonderie, construits le siècle précédent sur les soubassements de l'ancien preuré.

tram ste-foy liege 1964.jpg  Le même endroit au début des années 1960. Les palissades cachent le chantier de démolition de la fonderie, préparatoire à l'installation à cet endroit de l'athénée Liège II.

cour fonderie canons liege (2).jpg  Ces deux photos d'avant 1940 ▲ montrent la cour intérieure de la fonderie, avec le « monorail » servant à transporter les pièces lourdes ▼
cour fonderie canons liege (1).jpg


mortier FRC 76.jpg
Un mortier FRC de 76 mm, utilisé pendant la seconde guerre mondiale.

canon 47 mm RFC.jpg
Un canon antichar de 47 mm, fabriqué par la FRC, en service en 1940.

VLC mk VI 47mm FRC.jpg
Le même canon FRC monté sur des chenillettes Vickers Carden-Loyd Mk VI.

entree fonderie canons liege apres 1945.jpg  La fonderie après 1945, peu de temps avant son abandon. Les activités vont être progressivement transférées au nouvel Arsenal d'Armement de Rocourt.

vue aerienne.jpg
L'athénée royal Liège II en 1979.

arsenal rocourt char bastogne restaurration 2007.jpgPhoto prise en 2007 à l'Arsenal de Rocourt*, pendant la restauration du char Sherman de Bastogne.
* J'accompagnais des élèves en stage de mécanique dans l'établissement.


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27/01/2016

La place de Bronckart et ses alentours

Quand le pointeur de la souris prend la forme d'une main au contact d'une illustration, cliquer sur celle-ci permet de l'agrandir dans une nouvelle fenêtre.

vue aerienne_bing maps.jpg                                                    Vue aérienne obtenue grâce à Bing Maps.


place de bronckart_liege_1979.jpg  Vue aérienne d'André Drèze (extraite de l'ouvrage « Liège / Cent vues aériennes d'une ville millénaire », publié en 1980 à l'occasion du millième anniversaire de la principauté de Liège.

               Cette partie du faubourg d'Avroy, la voici en 1649 sur une gravure due à Julius Milheuser :milheuser liege 1649.jpg  À cette époque, l'endroit est très champêtre, couvert de cultures, vergers et pâturages. Dix hectares de ces terres appartiennent au couvent des Frères Guillemites (le cercle rouge), établi là depuis le XIIIe siècle. Situons quelques points de repère : 1. Le cours principal de la Meuse (devenu les boulevards d'Avroy et Piercot)  / 2. La rue Sainte-Vérone (l'actuelle rue Sainte-Véronique) / 3. Le Grand Jonckeu (l'actuelle rue Louvrex) / 4. L'église Sainte-Véronique / 5. La rue Neuville (l'actuelle rue Hemricourt) / 6. Le Petit Jonckeu (l'actuelle rue du Plan Incliné) / 7. La ruelle du Saint-Esprit (l'actuelle rue de Serbie) / 8. La rue des Hours (l'actuelle rue Paradis).


  Le couvent des Guillemites (Guillemins) a souffert pendant les troubles révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle, et il est fort dévasté quand l'administration française* vend le domaine en 1798 comme bien national. C'est la famille Fabry qui acquiert tous ces terrains, appelés le clos des Guillemins. Au début du XIXe siècle, elle en revendra certaines parcelles aux familles Crombet et Simonon.
* La principauté de Liège a été rattachée à la France de 1795 à 1814, tout comme le reste de l'actuelle Belgique connue précédemment sous le nom de Pays-Bas autrichiens.

plan_sud_liege_1827.jpg   Sur ce plan de 1827, le cercle rouge désigne l'emplacement de l'ancien couvent des Guillemites, et les numéros reprennent les mêmes points de repère que ceux de la gravure de Milheuser. Les terres d'Avroy sont toujours rurales et peu peuplées, à l'exception du quai de Meuse. L'urbanisation des lieux ne va pas tarder, avec le développement du chemin de fer et la création de nouvelles voiries.

plan_sud_liege_1845.jpg  Depuis 1842 (le plan ci-dessus date de 1845), une station de chemin de fer est établie aux Guillemins (le quartier a adopté le nom de l'ancien couvent). Une nouvelle rue a été percée pour la relier au quai d'Avroy. D'abord appelée la rue de la Station (1), elle deviendra la rue des Guillemins en 1863. Le Petit Jonckeu a été rectifié et élargi, et le chemin urbain (2) qu'il constitue préfigure la future rue du Plan Incliné.

plan_sud_liege_1883.jpg  Comme en témoigne le plan ci-dessus, daté de 1883, une quarantaine d'années a suffi pour métamorphoser la configuration des lieux.

  De 1853 à 1863, le cours de la Meuse a été déplacé et simplifié. Les terrains récupérés, dès la fin des années 1870, ont permis la création du parc d'Avroy et du quartier bourgeois des Terrasses (voir ces autres articles).

  En 1863, on a construit une nouvelle gare dans l'axe de la rue des Guillemins. Cette fois, il s'agit d'un bâtiment en dur, en gros blocs de pierre de France, avec un impressionnant vitrail en façade (voir ce lien).

  Quant au quartier qui nous intéresse ici, à l'emplacement de l'ancien domaine des Frères Guillemins, il s'est urbanisé dès le milieu du XIXe siècle.

  Reportons-nous en 1852. Malgré les polémiques à ce sujet, il est de plus en plus probable que la gare principale de Liège restera celle des Guillemins (Liège n'aura sa gare centrale qu'avec Liège-Palais en 1877). Pour donner de la plus-value à leurs biens, les propriétaires du clos des Guillemins (dont principalement la famille Fabry) proposent à la Ville de céder les terrains nécessaires à la création d'un réseau de voiries. Le projet est accepté en 1854. Il prévoit un axe principal qui relie la rue de la Station (rue des Guillemins) à la place Sainte-Véronique, axe entrecoupé par une place carrée à chaque coin de laquelle s'ouvre une autre artère.

  Naissent ainsi :

- La rue Fabry, réalisée en 1857. Elle porte ce nom à la demande de la famille Fabry qui a cédé le terrain, pour honorer son ancêtre Jacques-Jospeh de Fabry, bourgmestre de Liège lors des événements révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle, favorable aux idées françaises et opposé au pouvoir tyrannique du prince-évêque.

- La rue de Chestret, réalisée aussi en 1857 et baptisée ainsi en 1866, en hommage à Jean-Remy de Chestret, lui aussi bourgmestre de Liège à la fin du XVIIIe siècle et chef (avec Fabry) des patriotes liégeois hostiles au prince-évêque.

- La rue de la Paix, appelée ainsi en 1866 pour rappeler que la paix est indispensable à l'essor du commerce et de l'industrie. Cette rue sera rebaptisée rue de Rotterdam lors de la fusion des communes de 1977.

- La place de Bronckart, qui n'est ouverte qu'en 1863 et bâtie dès 1866. Elle porte d'abord le nom de place des Guillemins, puisque cet emplacement était au cœur de l'ancien domaine de Frères Guillemites. Elle est rebaptisée en 1885*, peu après le décès d'Émile Joseph de Bronckart, politicien liégeois qui s'est énormément dévoué pour le développement de l'enseignement primaire.
* 1885 est la date généralement retenue, notamment dans « Les rues de Liège » de Théodore Gobert. Constatons néanmoins que le plan de 1883 que nous commentons utilise déjà la mention « place de Bronckart ».

- La rue Simonon, appelée ainsi en 1866 du nom de Charles-Nicolas Simonon (1174-1847), auteur wallon (dictionnaire et poèmes).

- La rue du Midi, nommée ainsi en 1866 et rebaptisée rue des Ixellois en 1947, pour rendre hommage à la commune d'Ixelles qui a recueilli des enfants liégeois pendant la seconde guerre mondiale.

- La rue Dartois, qui porte le nom de Jean Dartois (1754-1848), ciseleur et graveur renommé. L'appellation est adoptée dès 1857, mais il faudra attendre une quinzaine d'années pour que la voie soit opérationnelle et constructible, vu les travaux pour rehausser le terrain puis le niveler.

Il est temps de présenter quelques illustrations :

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place des guillemins_liege_2013.jpg


rue et gare des guillemins_liege_1907.jpg  Cette carte postale de 1907 nous montre la deuxième gare des Guillemins, celle construite en 1863-64, agrandie en 1881-82 et embellie encore en 1905, à l'occasion de l'Exposition universelle. La photo qui suit permet la comparaison avec la troisième gare (1958-2007) :
rue des guillemins_liege_2005.jpg


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*Ce petit clocher n'existe plus de nos jours.

place de bronckart et rue fabry_liege (2).jpg  La même perspective lors de la construction d'un immeuble à l'angle et de la place de Bronckart et de la rue Fabry. Le tram électrique est probablement un véhicule de l'actuelle ligne n°20, créée en 1895 entre la place Sainte-Véronique et la place du Batty à Cointe.

place de bronckart_liege_1962 (1).jpg

  À nouveau la même perspective, en 1962 ▲ puis de nos jours ▼rue fabry_liege_2014.jpg


* * * * *

place de bronckart_liege_1909.jpg  La place de Bronckart sur une carte postale colorisée affranchie en 1909. Dès 1866, le conseil communal a voté un règlement urbanistique concernant les constructions à venir sur ce site, imposant l'uniformité des façades*. Il a fallu trois décennies pour que l'ensemble soit bâti.
* Façades classées depuis 1985.


À remarquer le pylône de distribution téléphonique, toujours existant dans les années 1950 :place de bronckart_liege_debut annes 1950.jpg


* * * * *

rue dartois_liege_debut XXe.jpg
La rue Dartois au début du XXe siècle, vue depuis la rue des Guillemins.

rue dartois_liege_1962.jpg
En 1962, avec la rue des Guillemins.

rue dartois_liege_1962 (2).jpg
En direction de la place de Bronckart, en 1962 ▲ et 2007 ▼rue dartois_liege_2007.jpg

place de bronckart_liege_1970.jpg
La rue Dartois et la place de Bronckart en 1970 ▲ et en 2006 ▼place de bronckart_liege_2006.jpg

* * * * *

place de bronckart rue simonon_liege_1970.jpg
Dans le fond de cette photo de 1970, s'ouvre la rue Simonon, qu'on retrouve ci-dessous en 2006 :place de bronckart rue simonon_liege_2006.jpg

rue des ixellois_liege_1970.jpg
La rue des Ixellois en 1970 ▲ et 2006 (dans le fond de la place de Bronckart) ▼rue des ixellois_liege_2006.jpg


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01/09/2015

L'ancien bras de la Meuse devenu boulevard de la Sauvenière

milheuser 1649.jpg  Les flèches que j'ai ajoutées sur cette gravure de 1649 indiquent le cours principal de la Meuse, qui coulait à l'époque à l’emplacement de l'actuel boulevard Piercot. Un bras secondaire du fleuve délimitait le quartier de l'Île (l'Isle) ; la portion comprise entre le pont d'Avroy (1) et le pont d'Île (2) était appelée le canal de la Sauvenière.

  Si le bras de la Sauvenière est souvent qualifié de canal dans les documents anciens, c’est parce que son cours naturel a été aménagé par l’homme dès la fin du Xe siècle.

  Dès 980, l’évêque Notger reçoit de tels pouvoirs de la part de l’empereur germanique Otton II, qu’il devient un chef temporel puissant, à la tête d’une importante principauté épiscopale. Ce premier prince-évêque de Liège entreprend de conférer à sa ville un statut digne d’une capitale, en se lançant dans une politique de grands travaux, commençant par l’édification d’un nouveau palais épiscopal et d’une somptueuse cathédrale en l’honneur de saint Lambert.

notger.jpg

Cette peinture représentant Notger est exposée
dans le palais provincial de Liège ; elle est l’œuvre du
peintre belge Barthélemy Vieillevoye (Verviers 1798-Liège
1855), premier directeur de l'Académie des Beaux-Arts
fondée en 1835.

   

        

notger geant 14 aout liege.jpg

  En Outremeuse à Liège, le géant Notger fait partie depuis
2008 du cortège folklorique du 15 août.



 

  Notger désire développer le quartier de l’Île, où son prédécesseur Éracle a érigé la collégiale Saint-Paul, et où lui-même vient de fonder la collégiale Saint-Jean. Il faut assainir ce quartier insulaire, inhabité dans sa plus grande partie à cause des crues fréquentes qui le maintiennent fort marécageux. Le bras de la Sauvenière qui le circonscrit voit son lit rectifié et approfondi, pour réguler les inondations et favoriser la navigation jusqu’au cœur même de la cité.

  Notger est également célèbre pour avoir entouré Liège, dès 983, d’une imposante muraille. Le canal de la Sauvenière, au pied de la colline du Publémont* sert de fossé défensif à ce rempart.
* Du latin « Publicus Mons » (la montagne publique), colline occidentale de Liège, où se trouve la basilique Saint-Martin, dont la construction est initiée en 965 par l’évêque Éracle, qui rêve d’établir le centre de la cité sur cette hauteur, site qu’il estime abrupt et rassurant, à l’abri des inondations et des menaces d’invasion guerrière que la Meuse lui fait redouter.

plan liege an mil.jpg

  Le dessin qui suit donne un aperçu des fortifications de Liège au XIe siècle (il est extrait de l'ouvrage « Histoire de la Principauté de Liège racontée aux enfants », publié par Yves Bricteux aux éditions Desoer Liège). Au-dessus à gauche, surplombant le canal de la Sauvenière, on aperçoit la basilique Saint-Martin. Les trois fossés qu’enjambent des ponts, de gauche à droite, sont devenus le Thier de la Fontaine, les escaliers de la rue de la Montagne et la rue Haute-Sauvenière :
fortifications liege XIe.jpg

  Le nom « Sauvenière » (« Sav’nîre » en dialecte wallon) proviendrait du mot latin « sabulonaria », qui évoque l’exploitation du sable. En effet, les travaux gigantesques ordonnés par Notger, notamment ceux concernant les remparts, impliquent d’ouvrir le flanc de la colline, avec l’opportunité d’en extraire du sable en grande quantité.

liege guichardin XVIe.jpg  Le flanc de la colline ! Il est certes fantaisiste sur cette gravure, l’une des plus anciennes représentant Liège, due au XVIe siècle à Lodovico Guicciardini (Louis Guichardin), gentilhomme florentin établi à Anvers. Le Publémont y prend l’allure d’un pain de sucre, mais on aperçoit bien, au bas de ce relief exagéré, le quartier de la Sauvenière, avec une rue parallèle au canal, nommée Basse-Sauvenière.


  Le quartier de la Sauvenière au Moyen Âge

  La rue Basse-Sauvenière, de nos jours, est une ruelle étroite située à l’arrière des immeubles dont les façades donnent sur le boulevard qui a remplacé la voie d’eau. Il est donc difficile d’imaginer qu’elle constituait jadis un axe urbain principal, habité par des dignitaires ecclésiastiques, des notables politiques, des hommes de loi, des commerçants et artisans aisés.

  Le quartier de la Sauvenière, au Moyen Âge, est un bourg autonome, une seigneurie enclavée dans la ville, placée sous l’autorité du prévôt de la cathédrale Saint-Lambert. Ses habitants jouissent de franchises et avantages particuliers, comme celui d’être exemptés de l’impôt. C’est au XIIIe siècle, au terme de bien des querelles politiques, que cesse cette situation privilégiée, avec l’annexion du territoire de la Sauvenière à la Cité de Liège.

  Dès le début de ce XIIIe siècle, l’importance du quartier nécessite d’en renforcer la défense : l’enceinte notgérienne du Publémont est prolongée d’une fortification reliant Saint-Martin au canal de Sauvenière, avec l’établissement, dans la vallée, d’une tour crénelée et d’une porte fortifiée, dites des Bégards (voir autre article).

liege moyen age roland manigart histart.jpg  Ci-dessus, le bras de la Sauvenière et la tour fortifiée des Bégards au Moyen Âge. Ci-dessous, le boulevard en 2007 (la flèche désigne la ruelle d'accès au site de l'ancienne porte des Bégards) :
boulevard de la sauveniere liege 2007.jpg



  Le rôle économique du canal

 
Le cours canalisé de la Sauvenière, en permettant aux bateaux d’atteindre les abords de l’actuelle place Saint-Lambert, contribue au développement commercial de la cité. Cette gravure du XVIe siècle nous montre le port fluvial de la place aux Chevaux, devenue les places de l'Opéra et de la République française :
place aux chevaux liege XVIe.jpgplace republique française liege.jpg

  Aux XVIe et XVIIe siècles, les autorités veillent toujours au bon entretien de la rivière, utile à la pêche et au ravitaillement. Il est punissable d’y jeter des immondices, et de fréquents curages maintiennent un débit suffisant pour assurer une navigation efficace et alimenter les divers biefs* en aval du Pont d’Île.
* Ces biefs (voies d’eau secondaires) actionnent des moulins. Les deux plus importants sont devenus les rues de la Régence et de l’Université.

 
La surveillance se relâche à la fin du XVIIIe siècle, probablement à cause des troubles politiques et militaires qui marquent la fin de l’ancien régime et l’annexion de la principauté de Liège à la France.


  Le quai Micoud

  Le canal de la Sauvenière, comme la rivière d’Avroy en amont, finit par présenter toutes les nuisances d’un égout à ciel ouvert. Le manque d’entretien a laissé s’accumuler les encombrements, et le débit du cours d’eau est souvent au plus bas. Les mois chauds, l’endroit dégage des odeurs insupportables et constitue un dangereux foyer d’infection à cause des ordures déversées par les riverains.

  Dès 1801, sous le régime français, les autorités décident de diminuer la largeur du cours d’eau et d’assainir la berge de la rive gauche, en construisant un quai le long des façades arrière de la rue Basse-Sauvenière.

  Les travaux commencent dès 1808, avec ordre, pour réaliser l’ouvrage, de récupérer des débris de l’ancienne cathédrale Saint-Lambert, à l’abandon depuis la démolition entamée en 1794 lors des événements révolutionnaires. Ordre aussi d’utiliser comme main-d’œuvre les prisonniers de guerre des campagnes napoléoniennes. La porte Saint-Martin, près de la basilique du même nom sur les hauteurs du Publémont, est également détruite pour fournir des pierres utiles à la construction de la nouvelle berge. Le quai portera le nom de son concepteur : le baron Charles-Emmanuel Micoud d’Umons, préfet du département de l’Ourthe.

sauveniere liege 1790.jpg  Le canal de la Sauvenière à la fin du XVIIIe siècle. Le bras de la Meuse, autrefois économiquement profitable, agonise dans les détritus et alluvions ! Le passage d’eau, de moins en moins fréquenté, vit ses dernières années.

place aux chevaux liege 1812.jpg  Le quai Micoud, le voici en 1812, sur la droite du document, avec les déversoirs des égouts dans le mur sans parapet qui soutient la chaussée. Les personnages, à l’avant-plan, se trouvent sur la place aux Chevaux. Le dôme, à gauche, est celui du couvent des Dominicains (emplacement de l’actuel Opéra royal de Wallonie).

quai micoud liege 1814.jpg  L'aquarelle ci-dessus (cliquez sur elle pour l'agrandir) nous reporte en 1814. Les soldats qui défilent sur le quai Micoud appartiennent aux troupes prussiennes qui se préparent à affronter Napoléon à Waterloo.

  En 1815, après la défaite de Napoléon et l'intégration de la Belgique au royaume des Pays-Bas, le quai Micoud est rebaptisé quai de la Sauvenière, appellation qu'il conservera après l'indépendance de 1830.

pont d'avroy-liege-1826.jpg  Ce lavis de Charles Remont, d'après Henry Renardy, montre le pont d'Avroy en 1826 (voir autre article). Au-delà,  l'alignement d'arbres est le quai de la Sauvenière longeant l'étroit canal.

canal sauvenière liege 1826.jpgLe quai et le canal de la Sauvenière (d'amont en aval), dessin réalisé par un voyageur anglais en 1826.

canal de la sauveniere liege 1837.jpg  Le quai et le canal dessinés par Joseph Fussell vers 1837 (les peupliers ont été plantés trois ans plus tôt) ; l’artiste présente tous les atouts d’un agréable lieu de promenade, fréquenté par les bourgeois aisés et les officiers en galante compagnie. Cette vision de l’endroit est idyllique, car la voie d'eau est considérée à l’époque comme un cloaque aux eaux nauséabondes, cause de maladies.

 
En 1833 déjà, il a été convenu de voûter cette partie du bras de la Meuse, mais les travaux ne sont effectués qu’en 1844. Il ne subsiste rien de l’égout initial, dont voici l'aspect actuel (cliquez ici pour ouvrir un plan d'égouttage actuel, avec une croix à l'emplacement de cette photo) :
egout boulevard sauveniere liege.jpg



  Les débuts du boulevard de la Sauvenière

  Le canal de la Sauvenière transformé en égout de grande section, le terrain gagné en surface permet d’élargir la chaussée et de créer une vaste allée de promenade, qui prend officiellement, en 1848, le nom de boulevard de la Sauvenière.

  À cette époque, la ville de Liège bénéficie de l’essor économique de son bassin industriel, où prospèrent sidérurgie et charbonnages. Elle a les moyens de pratiquer une politique d’urbanisme conquérant. La place Saint-Lambert s’affirme comme le nouveau centre stratégique de la cité, et les quartiers avoisinants connaissent d’importantes mutations destinées à les assainir ou embellir, avec la suppression de biefs inutiles et la création d’artères nouvelles. Dans ce contexte, la Sauvenière se doit, elle aussi, de faire peau neuve, en offrant à sa promenade tous les charmes d’un jardin d’agrément.

boulevard sauveniere liege 1860.jpg  Vue du boulevard au milieu du XIXème siècle, dans le sens d’écoulement de l’ancien canal, avec la basilique Saint-Martin sur la colline du Publémont. Des ormes ont été ajoutés aux tilleuls. Lieu de prédilection pour les piétons, avec des bancs dès 1864, la promenade est autorisée aux cavaliers qui font trotter leur monture.

boulevard sauveniere liege milieu XIX.jpg  Derrière le mur de droite, du côté de l’ancien quartier de l’Île, il s’agit de jardins privés. La ville voulant rogner sur ces terrains pour créer une voie charretière bordée d’habitations, une longue bataille juridique l’oppose aux propriétaires, qui résistent en vain pour préserver l’intégralité de leurs biens.

boulevard sauveniere liege 1975.jpgLe même endroit vers 1975.

boulevard de la sauveniere liege fin XIX.jpg  Le boulevard vers 1860, du côté de la place du théâtre. Le café Vénitien (à gauche) a été construit en 1855 sur l’emplacement de l’hôtel du baron de Floen-Aldercrona. Celui du Point de Vue (à droite) était déjà une taverne au XVIIe siècle, avec un relais de diligence. À l’époque du document, tous deux profitent de la clientèle qu’attirent la promenade et le théâtre royal tout proche.

boulevard sauveniere liege 2009.jpgLe même endroit de nos jours.

 

L'évolution du boulevard après 1871 (les premiers tramways) fera l'objet d'un autre article.

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21/07/2015

Les premières gares du Palais à Liège

   Le chemin de fer de ceinture

 

  La seconde moitié du XIXème siècle connaît l'essor des chemins de fer. En 1865, on ouvre une ligne pour relier Liers à Vivegnis, tronçon qui permet de recevoir des convois en provenance des Pays-Bas, via Hasselt et Tongres. Voilà la lisière nord-est de Liège, industrielle, desservie par le rail ; on décide alors de la relier aux Guillemins (où une gare existe depuis 1842) par une voie ferrée de ceinture.

  Cette jonction Vivegnis-Guillemins entraîne le percement de plusieurs tunnels, sous la colline de Pierreuse et sous le Publémont*. Ce chantier d'envergure, de la première adjudication à l'inauguration de la ligne, va durer de 1869 à 1877.

* C'est la colline qui s'étend du mont Saint-Martin à l'église Saint-Gilles.

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Le creusement du tunnel sous Pierreuse en 1873. Ce tunnel mesurera 847 mètres.


histoires de liège,histoire de liège,gare du palais,rue de bruxelles,pierreuse,tunnel sous pierreuse,chemin de fer de ceinture liège,pont d'arcole,square notger  L'aménagement des voies ferrées nécessite de nombreuses expropriations. La rue des Ravets (1) et la rue Salamandre (2) vont notamment disparaître. À droite le long du muret, la rue Table de Pierre est rebaptisée rue de Bruxelles en 1877. Ci-dessous, la même perspective en 2007, pendant les travaux d'extension du palais de justice :
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Le tunnel ferroviaire de Pierreuse sur une carte postale « Belle Époque ».

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La tête du tunnel vers 1900. Ci-dessous, le même endroit en 2008 :
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  La première gare du Palais

  Les Guillemins sont loin du centre-ville. Dès 1847, les autorités songent à établir une gare au cœur même de la cité, mais il faut attendre 1871 pour que le conseil communal décide de la faire construire près du palais provincial, vu l'aménagement du chemin de fer de ceinture.

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La première gare, dès 1877, est une modeste construction de briques, bois et bitume.

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La rue de Bruxelles vers 1900. Ci-dessous, en 2008 :
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Le pont d'Arcole en 1902.

  C'est en 1871 qu'une passerelle en bois est construite pour franchir la tranchée du chemin de fer, à l'emplacement de l'ancienne rue Salamandre. Elle est officiellement appelée la passerelle Saint-Servais, mais les Liégeois prennent l'habitude de la nommer le pont d'Arcole (du nom de la bataille, près de Vérone, où Napoléon Bonaparte défait les Autrichiens en 1796). L'ouvrage devient métallique en 1881. Il disparaîtra à la fin des années 1970, quand une partie des voies de chemin de fer sera recouverte d'une dalle (la photo ci-dessous date de 1979) :
gare-palais-liege-1979.jpg

 

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Les quais de la gare sur une carte postée en 1904. Ci-dessous, en 2008 :histoires de liège,histoire de liège,gare du palais,rue de bruxelles,pierreuse,tunnel sous pierreuse,chemin de fer de ceinture liège,pont d'arcole,square notger


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Les quais de la gare, le pont d'Arcole et la rue de Bruxelles vers 1900. Ci-dessous, en 2006 :
rue-de-bruxelles-liege-2006.jpg



  La gare de 1905


  À l'aube du XXème siècle, la gare du Palais est jugée indigne d'une ville qui se prépare à accueillir de nombreux visiteurs à l'occasion de l'exposition universelle prévue pour 1905.

  La construction initiale est remplacée par un bâtiment néogothique (architecte Edmond Jamar) en harmonie avec l'aile du palais qui abrite le gouvernement provincial.

  Les quatre photos qui suivent datent des années 1905–1910 :

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La gare néogothique dans les années 1960. Ci-dessous, vue depuis le square Notger :gare-palais-square-notger-liege-annees_60.jpg


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Vers 1974-1975.
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1977. La gare du Palais et les maisons de la rue de Bruxelles seront démolies avant la fin de la décennie.

Ce sera une autre histoire dans une autre note...

Lien concernant ce sujet :
http://users.belgacom.net/cwarzee/gare_du_palais/index.htm

Autre lien intéressant : http://www.alaf.be/_media/ligne34.pdf.

 

22/03/2014

Le charbonnage Espérance et Bonne Fortune

clinique-esperance-montegnee.jpg   La clinique de l'Espérance de Montegnée (commune de Saint-Nicolas) fait partie du CHC, le Centre hospitalier chrétien dont trois sites, y compris celui-ci, vont prochainement déménager à Glain (commune de Liège) dans de toutes nouvelles installations.

  Cette clinique tient son nom de l'importante S.A. des Charbonnages Espérance et Bonne Fortune, société qui l'a fondée en 1907 pour soigner les mineurs accidentés. Le bâtiment que l'on voit sur la photo ci-dessus date de 1957. Au départ, le dispensaire est établi dans une simple maison d'habitation, à laquelle sera jointe en 1909 une salle d'hospitalisation de douze lits. Le service acquiert une grande notoriété et finit par s'ouvrir aux travailleurs d'autres entreprises et à la population environnante.

  La Société anonyme des Charbonnages Espérance et Bonne Fortune est née en 1875 de la fusion entre la Société charbonnière de l'Espérance et celle de Bonne Fortune (dont nous ne traiterons pas dans cet article). À l'aube du XXe siècle, l'ensemble des concessions s'étend sur près de 500 hectares, sous les localités de Montegnée, Saint-Nicolas, Glain, Ans, Loncin, Grâce-Berleur, Hollogne.

plan-mines-liege-1923.jpgLes charbonnages liégeois en 1923 (carte du service géologique de Wallonie).

histoire de liège,histoires de liège,charbonnages,houillères,charbonnage espérance bonne fortune,patience et beaujonc,glain,montegnée,saint-nicolas,burenville,bure aux femmes,bure aux choux  Cette vue aérienne de 1947 permet de situer le siège Montegnée (1) et le terril (2) du charbonnage de l'Espérance, ainsi que son siège dit « Saint-Nicolas » (3) près de Burenville. Deux autres houillères sont également visibles : la bure aux femmes du charbonnage Patience et Beaujonc à Glain (4) (le terrain où l'on va construire le nouvel hôpital du CHC) et le charbonnage de l'Aumonier à Burenville (5) (à l'emplacement de l'actuel garage Renault de la rue de Mons).

  Retrouvez toutes ces implantations sur le plan qui suit, que vous pouvez agrandir en cliquant dessus (plan extrait de « Liège en poche », paru aux éditions de Rouck au début des années 1960) :
plan_de rouck_debut annees 1960.jpg

 .  .  .  .  .

 

charonnage_esperance-montegnee-debut_XX.jpgLe siège Montegnée de la houillère de l'Espérance, en 1913.

impasse_esperance-charbonnage-montegnee-debut_XX.jpg  L'entrée du siège Montegnée de l'Espérance au début du XXe siècle, à la fois siège administratif et d'exploitation. Ci-dessous, l'actuelle impasse de l'Espérance, fermée par une grille qui donne sur un terrain en friche :
impasse-esperance-montegnee-2014.jpg

impasse_esperance-montegnee-1972.jpg  Le même endroit en 1972, un an avant la fermeture définitive du charbonnage, dont on voit ci-dessous les installations dans les années 1950 :
charbonnage_esperance montegnee-siege principal-1950.jpg

rue_adolphe_renson-charbonnage_esperance-montegnee-1972.jpg   Le siège Montegnée de l'Espérance vu depuis la rue Adoplhe Renson en 1972. Ci-dessous, le même endroit de nos jours :
rue adolphe renson_montegnee-2014.jpg

 

charbonnahe_esperance-montegnee-demolition_1977.jpgLe site de l'Espérance en 1977, abandonné et prêt pour le dynamitage définitif (voir ci-dessous) :esperance-montegnee-demolition_1977.jpg

site_esperance_montegnee_2014.jpg          Le site Montegnée en 2014, photographié depuis la grille qui ferme l'impasse de l'Espérance.

                                                                           .  .  .  .  .

charbonnage_esperance st-nicolas-1913.jpg   Depuis 1884 (la vue ci-dessus date de 1913), le charbonnage de l'Espérance exploite un nouveau puits le long de la voie ferrée Ans-Flémalle ; il est répertorié sur les cartes comme le siège « Saint-Nicolas » de l'Espérance, bien qu'il se trouve sur le territoire liégeois, aux confins de Liège, Glain, Montegnée et Saint-Nicolas*.
* avant la fusion des communes de 1976.

  Ce site d'exploitation est mieux connu sous le surnom de « beur al djote », la « bure aux choux », car les mineurs s'y plaignaient de la friabilité des couches de charbon, qui éclataient comme des choux pris par la gelée.

charbonnage_esperance saint-nicolas_1975.jpg   La « beur al djote » un an après sa fermeture en 1974, vue depuis le pont de la rue Saint-Nicolas. Ci-dessous, l'ancienne tranchée du chemin de fer en 2008 :
tranchee ancien chemin de fer_charbonnage_esperance_2008.jpg

pont st-nicolas-2008.jpg   Le pont de la rue Saint-Nicolas en 2008, pendant la construction de l'immeuble à usage mixte à l'angle de la rue des Noyers.

charbonnage_esperance saint-nicolas_rue delchef-1972.jpg   Le siège « Saint-Nicolas » de l'Espérance en 1972, vu de la rue Delchef. Ci-dessous, ce que cet endroit est devenu après la disparition des activités minières (photo de 2014) :
rue delchef-liege- 2014.jpg

 

 

charbonnage_esperance saint-nicolas_vue cour.jpgLe siège Saint-Nicolas du charbonnage de l'Espérance.

charbonnage_esperance st-nicolas-tremie-rue en glain-1972.jpgLe pont-roulant.

esperance_st-nicolas-wagonnets.jpgLes wagonnets sortant du puits.

esperance_st-nicolas-machinerie belle-fleur.jpg   La machinerie d'une belle-fleur (surnom donné au chevalement à molettes, la structure qui sert à descendre et remonter les mineurs et le minerai, via une cage d'ascenseur).

 

charbonnage_esperance saint-nicolas_rue de l'esperance-rue en bois-1971.jpg   L'entrée, en 1971, à l'intersection de la rue de l'Espérance et de la rue en Bois (cette dernière a été coupée en deux à la fin des années 1960 par la construction de l’autoroute, et ce tronçon est devenu la rue de Montegnée). Ci-dessous, le même endroit en 2014 :
rue de montegnee-liege-2014.jpg                                À gauche, un ravel (L210) a remplacé la ligne de chemin de fer.

charbonnage_esperance st-nicolas-pont cite des moulins.jpgLa houillère vue depuis la rue André Winands.

charbonnage_esperance st-nicolas-rue en glain-1972.jpg   En 1972, depuis le pont enjambant le chemin de fer. Ci-dessous en 2014, avec le ravel et la végétation qui a repris ses droits :
ravel_montegnee_2014.jpg

 

charbonnage_esperance st-nicolas- rue de l'esperance_liege_1982.jpgUne autre entrée rue de l'Espérance, devenue ce qui suit :rue de l'esperance-liege-2014.jpg 

La « bure aux choux » a fermé en 1974, mais les installations sont restées à l'abandon un peu plus de dix ans. Les deux photos qui suivent ont été prises en 1982 ; chacune est accompagnée de la vue correspondante en 2014 :
charbonnage_esperance st-nicolas-voie ferree_1982.jpg

ravel_montegnee_glain_2014.jpg

charbonnage_esperance st-nicolas-rue des hotteuses_1982.jpg

rue des hotteuses-liege-2014.jpg

charonnage_esperance st-nicolas-belle_fleur.jpg   Ce chevalement du siège de l'Espérance Saint-Nicolas sera la dernière belle-fleur métallique de la région liégeoise ; elle sera détruite en 1985 :
belle-fleur_esperance st-nicolas-1985.jpg

 

vestiges-charonnage_esperance-2012.jpgDes vestiges du charbonnage toujours visibles dans le terrain en friche.

. . . . .

 
  Au début de cet article, il a été fait mention du déménagement à Glain de certains services du CHC. Le nouvel hôpital sera construit sur le site « Bure aux femmes » de l'ancien charbonnage Patience et Beaujonc, que voici :
charbonnage_petience-beaujonc-bure aux femmes-glain.jpg

site patience beaujonc-cheminee-2014.jpgLe site Patience et Beaujonc de nos jours.


Liens de référence :

http://users.skynet.be/claude.warzee/saint-nicolas/index.htm

http://books.google.be/books?id=9K39b37jn0QC&pg=PA169&lpg=PA169&dq=de+bruyn+andre+charbonnage+esp%C3%A9rance+bonne+fortune&source=bl&ots=hwOgiZfvRU&sig=IdmGSBfdhgIPppwOgOGVhup2f_M&hl=fr&sa=X&ei=x4UtU625Jcyg7AbT_oDYBg&ved=0CEQQ6AEwBA#v=onepage&q=de%20bruyn%20andre%20charbonnage%20esp%C3%A9rance%20bonne%20fortune&f=false

http://www.chc.be/files/files/ESPhist.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_anonyme_des_Charbonnages_de_l%27Esp%C3%A9rance_et_Bonne-Fortune

 

 

 

 

13/03/2014

L'ancienne place Verte (devenue place Foch en 1919)

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtelSituation de cette place sur un plan des années 1960.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   La place Saint-Lambert au début des années 1970, avec la place du maréchal Foch délimitée par le pourtour rouge. Ci-dessous, l'état des lieux de nos jours :
histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel


À l'époque de la place Verte


histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel                      Gravure de Julius Milheuser, publiée en 1649 à Amsterdam par Johannes Blaeu.

   L'ancestrale place Verte (1) est autrefois un terre-plein surélevé que délimite une bordure de pierre. Elle doit son appellation aux rangées d'arbres qui y sont plantés, petite osasis de verdure au cœur même de la Cité, à deux pas de la cathédrale Saint-Lambert (2)*. De l'autre côté, elle fermée par les bâtiments de l'Official (3)**, qui la séparent de la place aux Chevaux (4)***.

* Cette impressionnante cathédrale sera détruite à la suite des événements révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle.

** Le terme « Official », sous l'Ancien Régime, désigne un magistrat ecclésiastique et la cour de justice qui relève de son autorité.

*** La place aux Chevaux est devenue la place de la République française ; elle borde à l'époque un des bras de la Meuse (voir aussi http://users.belgacom.net/cwarzee/opera/index.htm).

 

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   Cette gravure nous reporte au milieu du XIXe siècle. Dans le fond, on aperçoit les tilleuls de la place Verte. Celle-ci constitue, sous le règne de Léopold 1er, un haut lieu aristocratique connu pour ses prestigieux hôtels particuliers.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   Au cours du XIXe siècle, les anciens bâtiments de l'Official sont vendus, transformés, réaffectés, puis finalement démolis. Après 1863, c'est l'établissement de ventes publiques présenté sur le document ci-dessus qui sépare la place Verte du quartier du théâtre créé quelque quarante-cinq ans plus tôt.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel  La salle de ventes est démolie en 1881 pour être remplacée par une bâtisse monumentale conçue par l'architecte Hubert Bernimolin. Destiné à devenir un hôtel, le nouvel immeuble est luxueux et extravagant. Aristide Cralle, son propriétaire, cherche visiblement à attirer sur lui toute l'attention publique.

   En 1882, alors que le bâtiment est toujours en construction, on transforme la place Verte : on élargit la voirie devant le futur hôtel, abaisse le niveau du terre-plein et abat les arbres qui justifiaient l'appellation du lieu ! Ne subsiste désormais qu'une pelouse entourée d'un large trottoir asphalté.

   Ruiné par sa folie des grandeurs, Aristide Cralle se suicide en 1885. Vendu, son immeuble est mis en location et connaîtra plusieurs affectations avant d'être connu, dès 1900, sous le nom d'Hôtel Continental, avec au rez-de-chaussée un café-restaurant appelé la Taverne Grüber.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   La place Verte qui ne l'est plus du tout, au tout début du XXe siècle. Ci-dessous, dans le cadre rouge, le même endroit en 2006 :
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histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   La place Verte à l'époque de Léopold II (fin de règne à sa mort en 1909). Inauguré en 1891, « Au Phare » (l'établissement au store rayé blanc et rouge) est un café-restaurant élégant, justifiant son appellation par une lanterne à feu tournant située sur le toit, au-dessus du fronton triangulaire. L'intérieur présente un site enchanteur de grottes et rochers, avec un étang rempli de poissons rouges et des tables en marbre. Autres attractions : vingt-cinq billards, des bals et concerts, puis même des séances cinématographiques...

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   À gauche du Phare, l'ancien hôtel de Méan (remontant à 1622) est devenu « La Populaire » en 1894, maison du peuple créée par le POB (parti ouvrier belge, ancêtre du PS).

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtelLors de manifestations sociales au début du XXe siècle.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtelCi-dessus, la place Saint-Lambert et la place Verte vers 1900 ; ci-dessous, la même perspective en 2000 :histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel

 

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   Découvrons la place Verte dans l'autre sens. La voici à la fin du XIXe siècle. Le bâtiment marqué d'une flèche (là où commence la place Saint-Lambert) est le Grand Bazar fondé en 1885 par Auguste Thiriart. À droite de la photo, il s'agit d'un autre grand magasin, d'abord appelé « À la place Verte », ouvert là en 1881 par François Vaxelaire et Jeanne Claes, les propriétaires du Bon Marché de Bruxelles.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   En 1904, le Grand Bazar s'agrandit dans l'immeuble situé à sa gauche, un hôtel particulier conçu en 1853 par l'architecte Jean-Pierre Cluysenaer, qui s'est inspirée du palais des Procuraties de Venise. Le bâtiment d'origine a été démoli ; il sera reconstruit dans le style néo-Renaissance de l'ensemble. Sur la gauche de la photo, c'est le Grand Hôtel.


                                                   À l'époque de la place Foch

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   En 1919, la place Verte devient la place du maréchal Foch, Liège honorant ainsi le vainqueur de la « Grande Guerre »*. Un monument de la Victoire trônera quelque temps en son centre.

* La rue à gauche de l'Hôtel Continental (là où se trouve actuellement la Fnac) prend, elle, le nom de Joseph Joffre, artisan de la victoire alliée lors de la bataille de la Marne.

 

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   Sur cette vue de la fin des années 1930, l'ancien Hôtel Continental porte l'enseigne « SARMA » (acronyme de Société anonyme pour la revente d'articles de masse). Cette chaîne de grands magasins s'est installée là en 1933 et a d'abord entrepris des travaux pour adapter le bâtiment à sa nouvelle affectation.

 

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   Ci-dessus, la place Foch vers 1920. En 1923, le Grand Hôtel cessera ses activités pour faire place à un magasin de l'Union Coopérative.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtelEn 1959, le « Phare » sera transformé en grand magasin. L'immeuble d'origine laissera la place à un bâtiment plus moderne en béton, et le commerce occupera aussi les locaux de l'ancien Grand Hôtel.


histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   À l'avant-plan, la place Foch dans les années 1930. Ci-dessous, le même endroit dans les années 1950, puis dans la première partie des années 1970 :
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Dans l'autre sens en 1974 :

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histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtelPhoto de 1972. À droite du Sarma : la rue de l'Official qui masque la petite place Saint-Michel.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel  Le même endroit trois ans plus tard, dans le cadre des démolitions qui saccagent la place Saint-Lambert et ses environs :
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histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtelLe Sarma en novembre 1976. Il sera démoli en 1982 (dia ci-dessous) :histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtelL'espace « libéré » par les démolitions restera pendant des années un terrain vague servant de parking.

Lien vers d'autres photos de la destruction du Sarma : http://lavilledeliegeetcesquartiers.blogspot.be/2012/03/d....

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel  Son implantation d'origine n'existant plus, l'enseigne Sarma a déménagé dans les bâtiments abandonnés par le mythique Grand Bazar, qui a cessé ses activités en juin 1977.


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histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   Depuis 1999, le nom de « place Verte », en souvenir du passé, a été attribué à ce petit espace du quartier Opéra, au pied de la rue Haute-Sauvenière.

07/03/2014

Aménagement du Cadran : l'espace Saint-Séverin

cadran-liege-projet_altiplan-2014.jpg   La presse vient d'annoncer la construction d'un immeuble de standing sur l'un des terrains vagues du Cadran, entre les rues Saint-Séverin et Léon Mignon :
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cadran-liege-futur_espace_saint-severin_2014.jpg   L'école mise en évidence sur cette photo est un des sites du Centre d'enseignement secondaire Léon Mignon. Elle porte le nom du sculpteur belge (Liège 1847 – Schaerbeek 1898) qui s'est notamment rendu célèbre par sa statue « Le dompteur de taureau » (Li torè), installée aux Terrasses depuis 1881.

leon_mignon-liege-debut_XXe.jpgL'école d'armurerie Léon Mignon au tout début du XXe siècle ▲ et à la fin des années 1970 ▼histoire de liège,histoires de liège,cadran,saint-séverin,espace saint-severin,bons enfants,leon mignon,gare du palais,rue de bruxelles

 

cadran-bons_enfants-liege-2014.jpg   À l'emplacement désigné par le rectangle rouge, existaient naguère les bâtiments que l'on voit sur la photo suivante, bâtiments précédés de la petite place des Bons Enfants :
cadran-saint_severin-leon_mignon-liege-1978.jpg  La place des Bons Enfants avant les démolitions de la fin des années 1970. Revoyons la situation des lieux sur un plan d'époque :
plan-cadran-liege-1960.jpg   Le cercle désigne l'emplacement où va s'élever bientôt l'espace Saint-Séverin (dans 15 à 18 mois, promet-on). 1 = l'ancienne place des Bons Enfants / 2 = la rue Léon Mignon / 3 = la rue Saint-Séverin.

cadran-bons_enfants-liege-1975.jpgLa rue Léon Mignon et la place du Cadran (la flèche) en 1975. Ci-dessous, dans l'autre sens :cadran-bons_enfants-leon_mignon-liege-1975.jpg

cadran-google_maps-2009.jpgLe même endroit en 2009.

 

rue_de_bruxelles-cadran-liege-1974.jpg   Dès 1974, le site ferroviaire de la gare du Palais va subir une totale métamorphose, avec l'électrification de la ligne, la mise à quatre voies des quais et la destruction de la station de 1905 au profit d'une infrastructure souterraine. Pour favoriser l'accès routier à la place Saint-Lambert, qui se prépare elle aussi à une profonde mutation, les immeubles de la rue de Bruxelles et du Cadran seront détruits de 1977 à 1979.

gare_du_palais-liege-1982.jpg   Dia personnelle du tout début des années 1980. Tous les immeubles de la rue de Bruxelles ont été rasés, ainsi que les buildings du Cadran. C'est à l'emplacement du rectangle rouge, sur la droite de la photo, que s'élèvera prochainement l'espace Saint-Séverin.

cadran-liege-chantier_gare_palais-1980.jpg   Le tunnel ferroviaire sous l'ancienne place des Bons Enfants (photo de 1980). Ci-dessous, l'aspect de cet endroit du Cadran au terme de ce chantier :
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cadran-bons_enfants-chantier-tunnel_ferroviaire-1999.jpg   Un nouveau chantier éventre le Cadran en 1999-2000. À droite, il s'agit du tunnel de chemin de fer passant sous le terrain du futur espace Saint-Séverin.

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Vues complémentaires concernant l'avancement du chantier de l'espace Saint-Séverin :histoire de liège,histoires de liège,cadran,saint-séverin,espace saint-severin,bons enfants,leon mignon,gare du palais,rue de bruxelleshistoire de liège,histoires de liège,cadran,saint-séverin,espace saint-severin,bons enfants,leon mignon,gare du palais,rue de bruxelleshistoire de liège,histoires de liège,cadran,saint-séverin,espace saint-severin,bons enfants,leon mignon,gare du palais,rue de bruxelles