15/06/2016

L'îlot Saint-Michel

place saint-lambert_liege_2003.jpg  L'îlot Saint-Michel est l'ensemble de bâtiments modernes que l'on voit dans le fond à droite de la photo ci-dessus, prise en 2003 pendant la construction des galeries Saint-Lambert. Édifié à l'ouest de la place Saint-Lambert, inauguré en septembre 1999, le complexe comporte des commerces, des bureaux et des logements.

 

À l'origine du projet

  Dans les années 1960, responsables politiques et techniciens s’accordent pour adapter le centre de Liège à la circulation automobile. Le plan Lejeune* est adopté en 1968. Il prévoit de transformer la place Saint-Lambert en carrefour de voies rapides, ainsi que de créer en sous-sol une importante gare des bus et deux mille places de parking.
* Jean Lejeune, échevin des travaux publics. Historien, il est néanmoins partisan du « tout à l'automobile », influencé par les idées du groupe architectural l'Équerre.

 
Le plan d'aménagement suppose de nombreuses démolitions. Concernant le sujet de cet article, c'est presque tout le quartier situé entre la place Saint-Lambert et la rue Haute-Sauvenière qui va disparaître dans le courant des années 1970 (à gauche du trait rouge sur la carte postale qui suit) :
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place saint-lambert_liege_debut annees 1970.jpg Ci-dessus, la place Saint-Lambert et ses alentours au début des années 1970. Ci-dessous, en 2004 :
place saint-lambert_liege-MET 2004.jpg

place saint-lambert_liege_chantier 1979.jpgCi-dessus, l'ampleur des destructions en 1979. Ci-dessous, ce que l'endroit est devenu en 2004 :place saint-lambert_liege_MET 2004.jpg

  Les difficultés financières, les désaccords politiques, ainsi que le mécontentement des défenseurs du patrimoine, des commerçants et des habitants en général, vont bloquer longtemps les projets de reconstruction.

  Projets divers qui se succèdent en vain jusqu'en 1984, quand l’architecte Claude Strebelle* se voit officiellement investi de la mission de redessiner complètement la configuration du centre-ville, en tenant compte de tous les acteurs concernés. En 1985, il réalise un premier schéma directeur non contraignant, qui rompt avec les idées précédentes, et qui aboutira, au fil des années, des nécessités et des négociations, à ce qui existe aujourd'hui.
* Claude Strebelle (Bruxelles 1917 - Liège 2010) a aussi été, dans les années 1970, l'architecte coordinateur qui a dirigé l’implantation de l'université de Liège dans le domaine du Sart-Tilman.

 chantier place saint-Lambert_liege_1980.jpg  Le chantier de la place Saint-Lambert vers 1980. Une partie de tout ce béton enfoui inutilement (il était initialement question d'une importante gare des bus) sera récupéré pour devenir le parking Saint-Lambert, situé sous l'actuel îlot Saint-Michel.

place saint-lambert_liege_1992.jpg  La place Saint-Lambert en 1992. Il y a presque deux décennies qu'a commencé la « saga » de la place-Lambert !


  En 1994, un appel d'offres est lancé pour l’aménagement de ce terrain en friche urbaine depuis des années. C'est le groupe immobilier CODIC* qui remporte le marché en 1996 et débute le chantier en octobre 1997.
* Également maître d'ouvrage du centre commercial Belle-Île.

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Codic choisit de développer quatre bâtiments différents, construits autour de voiries piétonnes, confiés à divers bureaux d’architecture (Bruno Albert, François Lemaire, Philippe Gérard, Bernard Herbecq, Quang Tuan Linh) sous la houlette de l’architecte coordonnateur Claude Strebelle. L’aménagement des jardins-terrasses est confié à l’architecte-paysagiste Jean-Noël Capart. Le maître de l'ouvrage fait appel aux entrepreneurs Galère et Wust.

  Voici une série de photos du chantier de l'îlot Saint-Michel en 1998 :

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Le chantier de l'îlot Saint-Michel vu depuis la rue Clémenceau.


ilot saint-michel_liege_2000.jpg  L'îlot Saint-Michel tout neuf en décembre 2000, vu depuis le dernier étage de l'ancien Grand Bazar de la place Saint-Lambert.

  Nous verrons plus loin que l'appellation « Saint-Michel » trouve son origine dans l'histoire du quartier. En avril 2011 pourtant, l'endroit est rebaptisé » « Espace SainMichel ». « Sain » sans « t » : il ne s'agit évidemment pas d'une faute de frappe, mais d'une allusion à la santé, pour lancer un projet original : offrir au consommateur une façon différente et agréable de faire son shopping, dans « un espace respectueux de l’environnement où l’accent est mis à différents niveaux pour le bien-être de tous ».

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Les rues piétonnes de l'Espace SainMichel

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1 : la rue Saint-Michel / 2 : la place Saint-Michel / 3 : la rue de la Populaire / 4 : la rue de l'Official.

 
Ces appellations font référence à des voiries ou bâtiments aujourd'hui disparus.

 

  La rue et la place Saint-Michel

 

  Découvrons les lieux avant les démolitions qui ont caractérisé les années 1970 (la flèche désigne l'ancienne place Saint-Michel) :

plan-liege-1960.jpg

 
place saint-lambert_liege_annees 1950.jpg  La place Saint-Lambert et la place du Maréchal Foch dans les années 1950. Tout l'espace au-delà du trait rouge est aujourd'hui occupé par l'îlot Saint-Michel. À la pointe de la flèche, se trouve la rue Joffre qui existe toujours.

  Vous trouverez davantage de renseignements sur la place Foch (anciennement place Verte) en cliquant ICI.

rue joffre-liege.jpg  Dans le cadre rouge, la rue Joffre au début des années 1960, avec l'équivalent en 2007. Dans le cadre bleu : la rue de l'Official, dont nous reparlerons plus loin.

rue de l'official-liege-1961.jpg  La rue de l'Official en 1961. À droite, juste après l'enseigne BP, s'ouvre la rue Saint-Michel, qui mène à la petite place du même nom.

place republique francaise-liege-1976.jpg
La place de la République française en 1976. C'est derrière les arbres qu'aboutit la rue de l'Official.

rue haute sauveniere-liege-fin annees 1960.jpg
On accède aussi à la place Saint-Michel en empruntant la rue Haute-Sauvenière.

place saint-michel_liege_fin annees 1960.jpg
La place Saint-Michel à la fin des années 1960.


  Selon le chroniqueur médiéval Jean d'Outremeuse*, un château Saint-Michel aurait existé dès le VIIIe siècle sur la colline où se trouvent la rue et la collégiale Sainte-Croix. Une chapelle, en ses murs, consacrée à l'archange-chevalier**, aurait donné son nom à l'édifice.

* Chroniqueur liégeois du XIVe siècle, connu pour son imagination débordante.
** Le prince des anges qui a terrassé le dragon (Satan).


 
En réalité, le culte de Saint-Michel est très répandu à Liège au Moyen Âge, et une église paroissiale est érigée en Haute-Sauvenière au début du XIe siècle. On la voit ci-dessous (désignée par la flèche) sur un fragment de la gravure de Milheuser (1649) :

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  Modifiée à plusieurs reprises, cette église est réédifiée au début du XVIIIe siècle. Elle présente alors une forme hexagonale, comme le montre le document ci-dessous datant de 1720 :
eglise saint-michel-liege-1720.jpg

  On sait le sort réservé aux bâtiments religieux à la suite des événements révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle. L'église Saint-Michel est désaffectée dès 1801, servant notamment d'atelier de carrosserie. Vendue en 1824, elle est démolie peu de temps après. Le terrain devenu libre finit par appartenir à la famille Desoër de Solières, propriétaire aussi de l'immeuble Renaissance italienne situé à l'angle de la rue Haute Sauvenière.

hotel desoer-liege-1919.jpg  Construit au milieu du XVIe siècle, l'hôtel Desoër de Solières porte en fait le nom de la famille qui l'a possédé au XIXe siècle. La photo ci-dessus nous le montre au début du XXe siècle, avant qu'il ne soit vendu en 1919 à un particulier qui le transforme en maison de commerce.

  Ci-dessous, une enfilage de trois photos qui constituent une vue panoramique de la place Saint-Michel dans les années 1950 (agrandissez l'image en cliquant dessus) :

place saint-michel_liege_annees 1950.jpgOuvert en octobre 1954, le cinéma Caméo deviendra le Clichy en 1973, lequel fermera en 1976.

place saint-lambert_liege_demolitions annees 1970.jpg  Au cours des années 1970, le côté occidental de la place Saint-Lambert est dévasté par les démolitions dont nous avons parlé plus haut.

place saint-michel_liege_demolitions 1978.jpgL'hôtel Desoër de Solières en 1978, complètement abandonné.

place saint-michel_liege_terrain vague 1981.jpg  1981. Le quartier Saint-Michel et la place Foch ont disparu, et cette friche urbaine va servir de parking pendant une quinzaine d'années. À droite de l'hôtel Desoër, l'hôtel de Bocholtz* vient d'être restauré pendant une dizaine d'années, à la suite de son acquisition en 1967 par le groupe Paribas.

* Autre demeure patricienne de style Renaissance, aménagée du milieu du XVIe siècle par Arnold de Bocholtz, chanoine de la cathédrale de Liège. Le bâtiment a été acheté en 2013 par François Fornieri, patron de la firme pharmaceutique Mithra, dans le dessein d'en faire un « centre d'émulation pour le monde culturel, politique et scientifique ».

hotel de bocholtz-liege-1980.jpgL'hôtel de Bocholtz en 1980 (Paribas) ▲ et 2007 (Dexia)▼hotel de bocholtz-liege-2007.jpg

 

place saint-michel_liege_1985.jpg  Au milieu des années 1980, une aile de l'hôtel Desoër de Solières est squattée par le centre d'expression artistique « La Courte Échelle », à la recherche de locaux. C'est la Communauté française qui est alors propriétaire des lieux, mais ceux-ci restent à l'abandon, faute de moyens financiers pour les restaurer.

  En septembre 1995, le bâtiment est fortement endommagé par un incendie. Propriété depuis peu de la Région wallonne, il fait l'objet de travaux d'urgence pour l'empêcher de s'effondrer partiellement, puis il faut attendre 2001 pour que débute une réelle restauration, selon le projet élaboré par le bureau d'architecture Philippe Greisch.

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La rue Haute-Sauvenière à la fin des années 1990, avec l'hôtel Desoër en attente de restauration.

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Le chantier de restauration de l'hôtel Desoër en mars 2002.

hotel desoer-liege-inauguration 2003.jpg  L'inauguration en mai 2003. L'architecte a réussi à conserver la façade d'origine et lui a ajouté une audacieuse extension contemporaine.

  Ci-dessous, deux photos de l'actuelle place Saint-Michel (2005 et 2007). L'hôtel Desoër abrite désormais un Espace Wallonie, centre d'accueil, d'information et de culture :
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place saint-michel_liege_2007.jpg

 
Quant à la rue Saint-Michel actuelle (dont le tracé ne correspond plus à celui d'antan), elle constitue l'artère principale du complexe, reliant la place Saint-Lambert à la rue Haute Sauvenière. La voici en 1999, puis en 2005 :
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rue saint-michel_liege_2005.jpg


 

La rue de la Populaire

rue de la populaire-liege-2014(1).jpg  La rue de la Populaire vue depuis la place de la République française▲ et depuis l'intérieur de l'îlot Saint-Michel ▼
rue de la populaire-liege-2014(2).jpg

Cette voirie ne rappelle pas une rue d'autrefois, mais un bâtiment emblématique de l'ancienne place du Maréchal Foch (appelée place Verte avant 1919, voir l'article consacré spécifiquement à ce sujet).

place verte-liege-debut XXe(2).jpg  Ci-dessus, la place Verte à l'aube du XXe siècle. L'immeuble qui arbore un drapeau noir est La Populaire, maison du peuple et siège du POB (parti ouvrir belge, ancêtre du PS, le parti socialiste). Ci-dessous, le même endroit de nos jours :
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  La société coopérative La Populaire est fondée en 1887. Le 1er mai 1894 (jour symbolique), elle s'installe définitivement place Verte, dans l'ancien hôtel de Méan* existant depuis 1662. Elle comporte un café, une salle de réunion et un magasin où « les travailleurs socialistes peuvent se fournir en denrées alimentaires aux meilleures conditions ». En 1898 , l'architecte Paul Tombeur réaménage les lieux et y ajoute une vaste salle des fêtes.

*
Ironie du sort, le parti du peuple établit son siège dans l'immeuble d'une des familles les plus aristocratiques de l'Ancien Régime (dont est même issu le dernier prince-évêque François-Antoine-Marie-Constantin de Méan).

café le phare avant 1894.jpg  À gauche du document ci-dessus, on découvre l'immeuble de Méan avant l'installation de la coopérative La Populaire, et même avant les transformations dues à l'architecte Paul Tombeur. Il est mitoyen d'un élégant café-restaurant appelé Au Phare (inauguré en 1891, avec une lanterne à feu tournant située sur le toit).

populaire-liege-1912.jpg  Le 3 juin 1912, La Populaire sert de refuge à des manifestants qui revendiquent le suffrage universel. La gendarmerie intervient et ouvre le feu. Le bilan du drame est lourd : quatre morts (trois militants socialistes et un enfant) et une vingtaine de blessés ! Les petits ronds blancs, sur la carte postale ci-dessus, sont les impacts des balles tirées par la maréchaussée.

place foch-liege-vers 1920.jpg  Après la première guerre mondiale (la place Verte est devenue la place du Maréchal Foch), l’histoire de La Populaire (la flèche) se confond avec celle de l’Union coopérative de Liège, qui acquiert le Grand Hôtel (l'imposant immeuble blanc à l'angle de la place Saint-Lambert), pour en faire le siège de ses magasins dès 1923.

places saint-lambert et foch_liege_annees 1930.jpg  Carte des années 1930, avec l'ancien Grand Hôtel devenu les Grands Magasins de l'Union coopérative, lesquels rivalisent « avec les grandes enseignes bourgeoises situées en face ».

populaire-liege-question royale.jpg  La Populaire pendant la Question royale, les socialistes prônant de voter « non » lors de la consultation populaire du 12 mars 1950, organisée par le gouvernement avant de se prononcer sur le retour au pouvoir du roi Léopold III.

la populaire-liege-annees 1960.jpg  La Populaire au début des années 1960, avec son café-restaurant proposant des prix démocratiques. À la fin de la décennie précédente, la coopérative a acquis le café Au Phare et l'a remplacé par un immeuble moderne qui complète les Grands Magasins établis dans l'ancien Grand Hôtel.

place saint-lambert_phare_liege_1968.jpg  Dans les années 1960, les Grands Magasins de l'Union coopérative ont d'ailleurs adopté le nom de Phare. En couleurs sur la gauche de la carte postale ci-dessous :
place saint-lambert_liege_annees 1960.jpg  À remarquer « l'homme au bouclier » sur le toit de l'immeuble, publicité pour la Prévoyance sociale, société coopératives d'assurances créée en 1907.

rue de l'official-liege-1972.jpg  La Populaire et le Phare en 1972, à la veille d'être démolis dans le cadre des délires urbanistiques de cette décennie.

populaire-pare-liege-milieu annees 1970.jpg  La Populaire a été détruite en 1974. La façade a été démontée pierre par pierre, et tous ses éléments sont conservés dans un entrepôt communal, en attente d'une hypothétique reconstruction !

le phare-liege-demolition 1975.jpg
La démolition du Phare vers 1975.

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Fin des années 1970 ▲ et en 2006 ▼
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La rue de l'Official

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La voici dans l'autre sens, prolongée au-delà des escaliers par la rue de la Populaire.

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  Ci-dessous, le même endroit en 1974, juste avant les démolitions qui vont marquer la suite de cette décennie :
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  Quelle est l'origine de l'appellation « Official » ?

 
Sous l'Ancien Régime, ce mot désigne un magistrat ecclésiastique ainsi que le tribunal relevant de sa juridiction. Replongeons-nous au milieu du XVIIe siècle grâce à la gravure de Julius Milheuser :
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  Les bâtiments compris entre la place aux Chevaux et la place Verte, les voici reproduits par le dessinateur Alfred Ista :
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La rue de l'Official en 1961, vue depuis la place du Maréchal FOCH ▲ et depuis la place de la République française ▼
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28/02/2015

Aux origines de l'espace Tivoli

place saint-lambert_liege_vue arrienne_2008.jpg  L'espace Tivoli (1) est le terrain vacant situé entre la place Saint-Lambert (2) et la place du Marché (3), terrain en attente de réaffectation depuis près de trente-cinq ans.

espace tivoli_liege_2008.jpg  L'espace Tivoli en 2008, vu depuis la place Saint-Lambert. Il est le résultat des démolitions effectuées à la fin des années 1970, dans le cadre de l'aménagement de la nouvelle place Saint-Lambert. Le cadre rouge, sur la carte postale qui suit, délimite les bâtiments qui ont été détruit :
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tivoli_liege_debut annees 1970.jpg  Les flèches indiquent la rue Sainte-Ursule (1), la rue du Général Jacques (2) et la rue de Bex ((3). Vous pouvez les identifier sur le plan ci-dessous :
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  Dans un autre article, nous avons vu que l'imposante cathédrale Notre-Dame et Saint-Lambert, qui se dressait à l'emplacement des actuels place Saint-Lambert et espace Tivoli, a été détruite à la suite des événements révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle.

plan ruines cathedrale_liege_regime francais.jpg  Ce plan (que vous pouvez l'agrandir en cliquant dessus) a été dressé sous le régime français. On y aperçoit certains vestiges de l'ancienne cathédrale, comme les tours occidentales jumelées et la grande tour. La croix détermine l'actuel espace Tivoli, là où se trouvaient le chœur principal et le cloître oriental.

place saint-lambert_liege_1816.jpg  Le dessin ci-dessus, dû à l'architecte liégeois Jean-Noël Chevron, date de 1816, au tout début du régime hollandais. Quelques décombres subsistent sur la partie orientale. La future place Saint-Lambert (cette appellation ne sera officielle qu'en 1827) attend d'être nivelée et réaménagée.

  Comparons avec la gravure qui suit, qui nous transporte en 1864 :
place saint-lambert_liege_1864.jpg  Les immeubles que l'on voit sur la droite de l'image ont été construits dès 1828, juste après le nivellement de la place Saint-Lambert. Ils constituent deux îlots de part et d'autre d'une voirie baptisée « rue Royale ». Les deux maisons plus petites, qui empiètent sur l'espace public, existaient déjà au XVIIIe siècle et ont échappé aux expropriations lors de la nouvelle configuration des lieux, que voici en 1843 (cliquez sur le plan pour l'agrandir) :
plan_liege_1843.jpg

  Profitons de ce plan pour expliquer les noms des trois voiries incluses dans le cercle rouge :

  - La rue des onze mille Vierges, appelée aussi la rue Sainte-Ursule*, est autrefois une rue étroite coincée entre le palais épiscopal et la cathédrale Notre-Dame et Saint-Lambert. Elle est le passage obligé entre le Vieux Marché et la place du Marché (voir le plan quatre illustrations plus haut) et ses maisons pittoresques comportent de nombreux négoces.
* La légende raconte que sainte Ursule et onze mille compagnes vierges comme elle ont été massacrées par les Huns à Cologne en 383. La martyre est la patronne des jeunes filles, mais aussi des drapiers, corporation fort représentée autrefois dans la rue liégeoise qui porte son nom.

 
C'est une église établie là dès le XIIe siècle qui a donné son nom à la rue Sainte-Ursule. La gravure qui suit nous la montre en 1743, après les profondes restaurations subies par le palais et ses abords à la suite de l'incendie de 1734. Elle est accolée au domaine épiscopal, avec la chapelle privée du prince-évêque à l'étage :
palais episcopal_liege_1743.jpg
  À propos de la gravure ci-dessus, il faut bien sûr imaginer l'ancienne cathédrale située devant, avec les maisons accolées à son flanc nord, le tout faisant de la rue Sainte-Ursule un passage fort étroit.

  Ci-dessous, le palais de nos jours. La façade néogothique que l'on voit sur la droite est l’œuvre de l'architecte Godefroid Umé, lequel, de 1865 à 1870, a dirigé le chantier d'une nouvelle aile pour les besoins de la justice. Le mur extérieur de l'ancienne église Saint-Ursule (désacralisée depuis 1803) a été conservé et intégré dans l'ensemble :
palais_liege_2015.jpg


- La rue Royale est ouverte en 1828, sous le régime hollandais, en l'honneur du roi des Pays Bas Guillaume 1er. L'appellation est conservée après l'indépendance de la Belgique vu le maintien d'une monarchie. C'est dans l'entre-deux-guerres que la voirie devient la rue du Général Jacques, du nom du général Jules Marie Alphonse Jacques, un héros de la première guerre mondiale (bataille de Dixmude, 1917).

- La rue Petite Tour* (ou Sous la Petite Tour) était autrefois une ruelle tellement étroite qu'il était impossible qu'une charrette et un piéton se croisent ! Dans le cadre du renouveau urbanistique des années 1820, la voirie est rectifiée, puis élargie à la fin de la décennie suivante. En 1863, les autorités communales décident de changer le nom de la rue, qui devient la rue de Bex, en mémoire de Pierre de Bex (1594-1651), Grignoux notoire, bourgmestre décapité pour s'être opposé au prince-évêque Maximilien de Bavière.
* Comme la rue Grande Tour qui lui était parallèle (et qui existe toujours), elle était située au pied de la grande tour de la cathédrale Notre-Dame et Saint-Lambert. On se perd en conjectures sur l'origine de l'adjectif « petite ». Théodore Gobert traite de cette rue en l'appelant simplement « Sous la Tour ».


cathedrale saint-lambert_liege_1750.jpg  Le dessin ci-dessus représente l'ancienne cathédrale Notre-Dame et Saint-Lambert avant sa destruction dès 1795. À droite de la petite église Notre-Dame aux Fonts (la croix), on aperçoit les premières maisons de la rue Sous la (Petite) Tour.

  Ci-dessous, le même endroit à la fin du XIXe siècle (entre 1871 et 1875). À l'avant-plan gauche, l'immeuble blanc se trouve à l'emplacement de la grande tour de l'ancienne cathédrale ; la rue Sous la Tour est devenue la rue de Bex, et les maisons de droite vont bientôt disparaître dans le cadre du percement de la rue Léopold :
societe militaire_liege_annees 1870.jpg  C'est dans l'immeuble blanc de gauche que s'est installée, en 1835, la Société militaire, association réunissant non seulement des militaires mais aussi des bourgeois civils. Cette année-là, près de trois cents membres font partie de ce cercle huppé auquel il est de bon ton, socialement, d'appartenir.

place saint-lambert_liege_fin XIXe.jpg  En 1878, le siège de la Société militaire est agrémenté d'un fronton sculpté et de balcons appuyés sur des colonnes en fonte (celui du premier étage est fermé de larges vitres coulissantes). 1878, c'est aussi le millésime que porte la façade du bâtiment à l'angle de la rue de Bex et de la rue Léopold, dont le percement a commencé deux ans plus tôt. Il s'agit d'un magasin de tissus appelé « Au drapeau belge ».

place saint-lambert_liege_1900.jpgLa place Saint-Lambert vers 1900.

societe militaire-liege-1903.jpg  Cette vue date de 1903. Au rez-de-chaussée du bâtiment que les Liégeois ont pris l'habitude d'appeler la « Maison militaire », se trouve une brasserie, que l'on retrouve sur les deux cartes ci-dessous (les stores vantent les bières de Hougaerde et de Diest) :
société militaire_liege_avant 1909.jpgsociete militaire-liege-tout debut XXe.jpg

  Les trois documents qui suivent (1901, 1968 et 2008) permettent de réaliser l'évolution des lieux en un peu plus d'un siècle :
place saint-lambert-liege-1901.jpgPlace saint-lambert-liege-1968.jpgplace saint-lambert-liege-2008.jpg

 *  *  *  *  *

place saint-lambert_liege_1905.jpgLa place Saint-Lambert pavoisée à l'occasion de l'Exposition universelle de 1905.

place foch_liege_1919.jpg  Cette carte postale porte la mention « Place du Maréchal Foch ». C'est en 1919 qu'on a ainsi rebaptisé l'ancienne place Verte (voir cet autre article). 1919, l'année où la Ville acquiert l'immeuble de la Société militaire pour y installer la Bourse officielle du travail et plusieurs services communaux.

place saint-lambert_liege_1920.jpg  Intéressons-nous un instant aux bâtiments qui empiètent sur l'angle nord-est de la place Saint-Lambert (désignés par le tracé rouge). Ces bâtiments, la carte postale qui suit vous les présente dans les années 1920. À l'époque, un photographe propose aux passants de les immortaliser au milieu des pigeons :
charmeur pîgeons_place saint-lambert_liege_annees 1920.jpg

maison du soleil_liege_annees 1920(1).jpg  Les deux maisons de gauche sont le café du Commerce et le café du Soleil (voir l'enseigne entre les deux fenêtres de toit). Elles existaient déjà au XVIIIe siècle ; la plus haute (bien sûr modifiée depuis) a abrité dès 1740 les débuts de l'imprimerie Dessain.

cafe provincial_liege_annees 1920.jpg  Gros-plan sur la rue Royale qui mène à la place du Marché. Cette photo est antérieure à la précédente, vu l'inscription qui propose l'installation à cet endroit d'une publicité lumineuse. Je parle de « rue Royale », car il me semble qu'elle n'a été rebaptisée « rue du Général Jacques » qu'en 1928, pour le dixième anniversaire de la fin de la Grande Guerre. À confirmer !

maison du soleil_liege_annees 1920(2).jpg  Le même endroit… en 1928 suis-je encore amené à penser, étant donné que la rue est pavoisée de drapeaux… et que les bâtiments dont il est question dans les quatre photos précédentes ont bien été démolis à la fin des années 1920, probablement en prévision de l'Exposition internationale de 1930.

place saint-lambert_liege_annees 1930.jpg  La place Saint-Lambert au milieu des années 1930, avec donc le palais davantage dégagé. Quant à l'immeuble de l'ancienne Société militaire que la Ville a racheté en 1919, il sert à l'échevinat et à l'office du tourisme (entrée par la rue du Général Jacques) ; son rez-de-chaussée est occupé par un café-restaurant qu'on appelle le Tivoli-Bourse*.
*L'appellation « Tivoli » évoque un lieu de villégiature au nord-est de Rome, où la villa d'Este est considérée comme un des plus beaux exemples de jardins de la Renaissance.


tivoli_liege_1940.jpg  Cette photo, prise pendant l'occupation allemande de 1940 à 1944, est le document le plus ancien où j'ai pu lire le nom du café-restaurant Tivoli.

tivoli_liege_annees 1950.jpg  Dans les années 1950, l'immeuble Tivoli subit quelques modifications dont la suppression du fronton et des balcons. Ci-dessous, ce qu'il devenu dans la décennie suivante (la photo date de 1968) :
place saint-lambert_tivoli_liege_1968.jpg

place saint-lambert_liege_1960.jpgComparaison entre 1960 ▲ et 2015 ▼place saint-lambert_liege_2015.jpg

tivoli_liege_fin annees 1960.jpg

  L'immeuble du Tivoli-Bourse à la fin des années 1960▲ et la partie correspondante de l'espace Tivoli actuel ▼
espace tivoli_liege_2015.jpg

Rue du general jacques-liege-annees 60 (1).jpg                                       La rue du Général Jacques dans les années 1960.

rue du general jacques-liege-annees 60 (3).jpg  La rue de Général Jacques telle que je l'ai connue dans les années 1960, à l'époque de mes études secondaires à Saint-Barth, la rue des « fritures » et des cafés sympas. Dans le fond : la place du Marché.

 rue du general jacques-liege-annees 60 (2).jpgLa rue du Général Jacques vue cette fois depuis la place du Marché.

place du marche_liege_1978(1).jpg  La rue Sainte-Ursule (dont on devine l'entrée le long du palais) et la rue du Général Jacques en 1978, vues depuis la place du Marché.

 

ilot Tivoli_liege_1978.jpg  Les rues de Bex et du Général Jacques en 1978, vues depuis la place du Marché. Le trait rouge sert de repère pour établir une comparaison avec la photo actuelle qui suit :
espace tivoli_liege_2015(2).jpgLe trait rouge se retrouve aussi sur cette carte postale du début des années 1970 :place saint-lambert_liege_vue aerienne_debut annees 1970.jpg

tivoli_liege_1978.jpgLe Tivoli-Bourse en 1978 ▲ et le même endroit actuellement ▼palais_espace tivoli_liege_2015.jpg

ilot tivoli_liege_1978(2).jpg  1978. Les îlots situés entre la place Saint-Lambert et celle du Marché vont bientôt disparaître sous les coups des démolisseurs, comme en atteste la photo ci-dessous :
demolition ilot tivoli_liege_1979.jpg

   Les deux photos qui suivent montrent les démolitions, en 1979, de la rue du Général Jacques et de la rue Sainte-Ursule :
demolition rue sainte-ursule_liege_1979(1).jpgdemolition ilot tivoli_liege_1979(2).jpg

 

espace tivoli_liege_1982(1).jpg  L'espace Tivoli en 1982. La brasserie-restaurant Tivoli était devenue un lieu mythique de la vie liégeoise. Son nom a subsisté dans la mémoire collective pour désigner le terrain dégagé par les démolitions de la fin des années 1970.

espace tivoli_liege_1982(2).jpg1982 ▲ et de nos jours ▼histoire de liège,photos de liège,place saint-lambert,place foch,espace tivoli,tivoli-bourse,rue sainte-ursule,onze mille vierges,rue du general jacques,rue royale,rue sous la tour,rue de bex,société militaire

  En attendant que les autorités communales se décident à propos de son affectation définitive, l'endroit sert épisodiquement à l'une ou l'autre manifestation, comme le village de Noël :
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13/03/2014

L'ancienne place Verte (devenue place Foch en 1919)

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histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   La place Saint-Lambert au début des années 1970, avec la place du maréchal Foch délimitée par le pourtour rouge. Ci-dessous, l'état des lieux de nos jours :
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À l'époque de la place Verte


histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel                      Gravure de Julius Milheuser, publiée en 1649 à Amsterdam par Johannes Blaeu.

   L'ancestrale place Verte (1) est autrefois un terre-plein surélevé que délimite une bordure de pierre. Elle doit son appellation aux rangées d'arbres qui y sont plantés, petite osasis de verdure au cœur même de la Cité, à deux pas de la cathédrale Saint-Lambert (2)*. De l'autre côté, elle fermée par les bâtiments de l'Official (3)**, qui la séparent de la place aux Chevaux (4)***.

* Cette impressionnante cathédrale sera détruite à la suite des événements révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle.

** Le terme « Official », sous l'Ancien Régime, désigne un magistrat ecclésiastique et la cour de justice qui relève de son autorité.

*** La place aux Chevaux est devenue la place de la République française ; elle borde à l'époque un des bras de la Meuse (voir aussi http://users.belgacom.net/cwarzee/opera/index.htm).

 

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   Cette gravure nous reporte au milieu du XIXe siècle. Dans le fond, on aperçoit les tilleuls de la place Verte. Celle-ci constitue, sous le règne de Léopold 1er, un haut lieu aristocratique connu pour ses prestigieux hôtels particuliers.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   Au cours du XIXe siècle, les anciens bâtiments de l'Official sont vendus, transformés, réaffectés, puis finalement démolis. Après 1863, c'est l'établissement de ventes publiques présenté sur le document ci-dessus qui sépare la place Verte du quartier du théâtre créé quelque quarante-cinq ans plus tôt.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel  La salle de ventes est démolie en 1881 pour être remplacée par une bâtisse monumentale conçue par l'architecte Hubert Bernimolin. Destiné à devenir un hôtel, le nouvel immeuble est luxueux et extravagant. Aristide Cralle, son propriétaire, cherche visiblement à attirer sur lui toute l'attention publique.

   En 1882, alors que le bâtiment est toujours en construction, on transforme la place Verte : on élargit la voirie devant le futur hôtel, abaisse le niveau du terre-plein et abat les arbres qui justifiaient l'appellation du lieu ! Ne subsiste désormais qu'une pelouse entourée d'un large trottoir asphalté.

   Ruiné par sa folie des grandeurs, Aristide Cralle se suicide en 1885. Vendu, son immeuble est mis en location et connaîtra plusieurs affectations avant d'être connu, dès 1900, sous le nom d'Hôtel Continental, avec au rez-de-chaussée un café-restaurant appelé la Taverne Grüber.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   La place Verte qui ne l'est plus du tout, au tout début du XXe siècle. Ci-dessous, dans le cadre rouge, le même endroit en 2006 :
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histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   La place Verte à l'époque de Léopold II (fin de règne à sa mort en 1909). Inauguré en 1891, « Au Phare » (l'établissement au store rayé blanc et rouge) est un café-restaurant élégant, justifiant son appellation par une lanterne à feu tournant située sur le toit, au-dessus du fronton triangulaire. L'intérieur présente un site enchanteur de grottes et rochers, avec un étang rempli de poissons rouges et des tables en marbre. Autres attractions : vingt-cinq billards, des bals et concerts, puis même des séances cinématographiques...

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   À gauche du Phare, l'ancien hôtel de Méan (remontant à 1622) est devenu « La Populaire » en 1894, maison du peuple créée par le POB (parti ouvrier belge, ancêtre du PS).

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtelLors de manifestations sociales au début du XXe siècle.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtelCi-dessus, la place Saint-Lambert et la place Verte vers 1900 ; ci-dessous, la même perspective en 2000 :histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel

 

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   Découvrons la place Verte dans l'autre sens. La voici à la fin du XIXe siècle. Le bâtiment marqué d'une flèche (là où commence la place Saint-Lambert) est le Grand Bazar fondé en 1885 par Auguste Thiriart. À droite de la photo, il s'agit d'un autre grand magasin, d'abord appelé « À la place Verte », ouvert là en 1881 par François Vaxelaire et Jeanne Claes, les propriétaires du Bon Marché de Bruxelles.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   En 1904, le Grand Bazar s'agrandit dans l'immeuble situé à sa gauche, un hôtel particulier conçu en 1853 par l'architecte Jean-Pierre Cluysenaer, qui s'est inspirée du palais des Procuraties de Venise. Le bâtiment d'origine a été démoli ; il sera reconstruit dans le style néo-Renaissance de l'ensemble. Sur la gauche de la photo, c'est le Grand Hôtel.


                                                   À l'époque de la place Foch

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   En 1919, la place Verte devient la place du maréchal Foch, Liège honorant ainsi le vainqueur de la « Grande Guerre »*. Un monument de la Victoire trônera quelque temps en son centre.

* La rue à gauche de l'Hôtel Continental (là où se trouve actuellement la Fnac) prend, elle, le nom de Joseph Joffre, artisan de la victoire alliée lors de la bataille de la Marne.

 

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   Sur cette vue de la fin des années 1930, l'ancien Hôtel Continental porte l'enseigne « SARMA » (acronyme de Société anonyme pour la revente d'articles de masse). Cette chaîne de grands magasins s'est installée là en 1933 et a d'abord entrepris des travaux pour adapter le bâtiment à sa nouvelle affectation.

 

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   Ci-dessus, la place Foch vers 1920. En 1923, le Grand Hôtel cessera ses activités pour faire place à un magasin de l'Union Coopérative.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtelEn 1959, le « Phare » sera transformé en grand magasin. L'immeuble d'origine laissera la place à un bâtiment plus moderne en béton, et le commerce occupera aussi les locaux de l'ancien Grand Hôtel.


histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   À l'avant-plan, la place Foch dans les années 1930. Ci-dessous, le même endroit dans les années 1950, puis dans la première partie des années 1970 :
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Dans l'autre sens en 1974 :

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histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtelPhoto de 1972. À droite du Sarma : la rue de l'Official qui masque la petite place Saint-Michel.

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel  Le même endroit trois ans plus tard, dans le cadre des démolitions qui saccagent la place Saint-Lambert et ses environs :
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histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtelLe Sarma en novembre 1976. Il sera démoli en 1982 (dia ci-dessous) :histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtelL'espace « libéré » par les démolitions restera pendant des années un terrain vague servant de parking.

Lien vers d'autres photos de la destruction du Sarma : http://lavilledeliegeetcesquartiers.blogspot.be/2012/03/d....

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel  Son implantation d'origine n'existant plus, l'enseigne Sarma a déménagé dans les bâtiments abandonnés par le mythique Grand Bazar, qui a cessé ses activités en juin 1977.


                                                                                  . . . . .

histoire de liège,histoires de liège,place verte,place foch,place saint-lambert,hôtel continental,sarma,grand bazar,au phare,hôtel charlemagne,grand hôtel   Depuis 1999, le nom de « place Verte », en souvenir du passé, a été attribué à ce petit espace du quartier Opéra, au pied de la rue Haute-Sauvenière.