28/02/2015

Aux origines de l'espace Tivoli

place saint-lambert_liege_vue arrienne_2008.jpg  L'espace Tivoli (1) est le terrain vacant situé entre la place Saint-Lambert (2) et la place du Marché (3), terrain en attente de réaffectation depuis près de trente-cinq ans.

espace tivoli_liege_2008.jpg  L'espace Tivoli en 2008, vu depuis la place Saint-Lambert. Il est le résultat des démolitions effectuées à la fin des années 1970, dans le cadre de l'aménagement de la nouvelle place Saint-Lambert. Le cadre rouge, sur la carte postale qui suit, délimite les bâtiments qui ont été détruit :
place saint-lambert_liege_1970.jpg

tivoli_liege_debut annees 1970.jpg  Les flèches indiquent la rue Sainte-Ursule (1), la rue du Général Jacques (2) et la rue de Bex ((3). Vous pouvez les identifier sur le plan ci-dessous :
plan_liege_debut annees 1960.jpg


  Dans un autre article, nous avons vu que l'imposante cathédrale Notre-Dame et Saint-Lambert, qui se dressait à l'emplacement des actuels place Saint-Lambert et espace Tivoli, a été détruite à la suite des événements révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle.

plan ruines cathedrale_liege_regime francais.jpg  Ce plan (que vous pouvez l'agrandir en cliquant dessus) a été dressé sous le régime français. On y aperçoit certains vestiges de l'ancienne cathédrale, comme les tours occidentales jumelées et la grande tour. La croix détermine l'actuel espace Tivoli, là où se trouvaient le chœur principal et le cloître oriental.

place saint-lambert_liege_1816.jpg  Le dessin ci-dessus, dû à l'architecte liégeois Jean-Noël Chevron, date de 1816, au tout début du régime hollandais. Quelques décombres subsistent sur la partie orientale. La future place Saint-Lambert (cette appellation ne sera officielle qu'en 1827) attend d'être nivelée et réaménagée.

  Comparons avec la gravure qui suit, qui nous transporte en 1864 :
place saint-lambert_liege_1864.jpg  Les immeubles que l'on voit sur la droite de l'image ont été construits dès 1828, juste après le nivellement de la place Saint-Lambert. Ils constituent deux îlots de part et d'autre d'une voirie baptisée « rue Royale ». Les deux maisons plus petites, qui empiètent sur l'espace public, existaient déjà au XVIIIe siècle et ont échappé aux expropriations lors de la nouvelle configuration des lieux, que voici en 1843 (cliquez sur le plan pour l'agrandir) :
plan_liege_1843.jpg

  Profitons de ce plan pour expliquer les noms des trois voiries incluses dans le cercle rouge :

  - La rue des onze mille Vierges, appelée aussi la rue Sainte-Ursule*, est autrefois une rue étroite coincée entre le palais épiscopal et la cathédrale Notre-Dame et Saint-Lambert. Elle est le passage obligé entre le Vieux Marché et la place du Marché (voir le plan quatre illustrations plus haut) et ses maisons pittoresques comportent de nombreux négoces.
* La légende raconte que sainte Ursule et onze mille compagnes vierges comme elle ont été massacrées par les Huns à Cologne en 383. La martyre est la patronne des jeunes filles, mais aussi des drapiers, corporation fort représentée autrefois dans la rue liégeoise qui porte son nom.

 
C'est une église établie là dès le XIIe siècle qui a donné son nom à la rue Sainte-Ursule. La gravure qui suit nous la montre en 1743, après les profondes restaurations subies par le palais et ses abords à la suite de l'incendie de 1734. Elle est accolée au domaine épiscopal, avec la chapelle privée du prince-évêque à l'étage :
palais episcopal_liege_1743.jpg
  À propos de la gravure ci-dessus, il faut bien sûr imaginer l'ancienne cathédrale située devant, avec les maisons accolées à son flanc nord, le tout faisant de la rue Sainte-Ursule un passage fort étroit.

  Ci-dessous, le palais de nos jours. La façade néogothique que l'on voit sur la droite est l’œuvre de l'architecte Godefroid Umé, lequel, de 1865 à 1870, a dirigé le chantier d'une nouvelle aile pour les besoins de la justice. Le mur extérieur de l'ancienne église Saint-Ursule (désacralisée depuis 1803) a été conservé et intégré dans l'ensemble :
palais_liege_2015.jpg


- La rue Royale est ouverte en 1828, sous le régime hollandais, en l'honneur du roi des Pays Bas Guillaume 1er. L'appellation est conservée après l'indépendance de la Belgique vu le maintien d'une monarchie. C'est dans l'entre-deux-guerres que la voirie devient la rue du Général Jacques, du nom du général Jules Marie Alphonse Jacques, un héros de la première guerre mondiale (bataille de Dixmude, 1917).

- La rue Petite Tour* (ou Sous la Petite Tour) était autrefois une ruelle tellement étroite qu'il était impossible qu'une charrette et un piéton se croisent ! Dans le cadre du renouveau urbanistique des années 1820, la voirie est rectifiée, puis élargie à la fin de la décennie suivante. En 1863, les autorités communales décident de changer le nom de la rue, qui devient la rue de Bex, en mémoire de Pierre de Bex (1594-1651), Grignoux notoire, bourgmestre décapité pour s'être opposé au prince-évêque Maximilien de Bavière.
* Comme la rue Grande Tour qui lui était parallèle (et qui existe toujours), elle était située au pied de la grande tour de la cathédrale Notre-Dame et Saint-Lambert. On se perd en conjectures sur l'origine de l'adjectif « petite ». Théodore Gobert traite de cette rue en l'appelant simplement « Sous la Tour ».


cathedrale saint-lambert_liege_1750.jpg  Le dessin ci-dessus représente l'ancienne cathédrale Notre-Dame et Saint-Lambert avant sa destruction dès 1795. À droite de la petite église Notre-Dame aux Fonts (la croix), on aperçoit les premières maisons de la rue Sous la (Petite) Tour.

  Ci-dessous, le même endroit à la fin du XIXe siècle (entre 1871 et 1875). À l'avant-plan gauche, l'immeuble blanc se trouve à l'emplacement de la grande tour de l'ancienne cathédrale ; la rue Sous la Tour est devenue la rue de Bex, et les maisons de droite vont bientôt disparaître dans le cadre du percement de la rue Léopold :
societe militaire_liege_annees 1870.jpg  C'est dans l'immeuble blanc de gauche que s'est installée, en 1835, la Société militaire, association réunissant non seulement des militaires mais aussi des bourgeois civils. Cette année-là, près de trois cents membres font partie de ce cercle huppé auquel il est de bon ton, socialement, d'appartenir.

place saint-lambert_liege_fin XIXe.jpg  En 1878, le siège de la Société militaire est agrémenté d'un fronton sculpté et de balcons appuyés sur des colonnes en fonte (celui du premier étage est fermé de larges vitres coulissantes). 1878, c'est aussi le millésime que porte la façade du bâtiment à l'angle de la rue de Bex et de la rue Léopold, dont le percement a commencé deux ans plus tôt. Il s'agit d'un magasin de tissus appelé « Au drapeau belge ».

place saint-lambert_liege_1900.jpgLa place Saint-Lambert vers 1900.

societe militaire-liege-1903.jpg  Cette vue date de 1903. Au rez-de-chaussée du bâtiment que les Liégeois ont pris l'habitude d'appeler la « Maison militaire », se trouve une brasserie, que l'on retrouve sur les deux cartes ci-dessous (les stores vantent les bières de Hougaerde et de Diest) :
société militaire_liege_avant 1909.jpgsociete militaire-liege-tout debut XXe.jpg

  Les trois documents qui suivent (1901, 1968 et 2008) permettent de réaliser l'évolution des lieux en un peu plus d'un siècle :
place saint-lambert-liege-1901.jpgPlace saint-lambert-liege-1968.jpgplace saint-lambert-liege-2008.jpg

 *  *  *  *  *

place saint-lambert_liege_1905.jpgLa place Saint-Lambert pavoisée à l'occasion de l'Exposition universelle de 1905.

place foch_liege_1919.jpg  Cette carte postale porte la mention « Place du Maréchal Foch ». C'est en 1919 qu'on a ainsi rebaptisé l'ancienne place Verte (voir cet autre article). 1919, l'année où la Ville acquiert l'immeuble de la Société militaire pour y installer la Bourse officielle du travail et plusieurs services communaux.

place saint-lambert_liege_1920.jpg  Intéressons-nous un instant aux bâtiments qui empiètent sur l'angle nord-est de la place Saint-Lambert (désignés par le tracé rouge). Ces bâtiments, la carte postale qui suit vous les présente dans les années 1920. À l'époque, un photographe propose aux passants de les immortaliser au milieu des pigeons :
charmeur pîgeons_place saint-lambert_liege_annees 1920.jpg

maison du soleil_liege_annees 1920(1).jpg  Les deux maisons de gauche sont le café du Commerce et le café du Soleil (voir l'enseigne entre les deux fenêtres de toit). Elles existaient déjà au XVIIIe siècle ; la plus haute (bien sûr modifiée depuis) a abrité dès 1740 les débuts de l'imprimerie Dessain.

cafe provincial_liege_annees 1920.jpg  Gros-plan sur la rue Royale qui mène à la place du Marché. Cette photo est antérieure à la précédente, vu l'inscription qui propose l'installation à cet endroit d'une publicité lumineuse. Je parle de « rue Royale », car il me semble qu'elle n'a été rebaptisée « rue du Général Jacques » qu'en 1928, pour le dixième anniversaire de la fin de la Grande Guerre. À confirmer !

maison du soleil_liege_annees 1920(2).jpg  Le même endroit… en 1928 suis-je encore amené à penser, étant donné que la rue est pavoisée de drapeaux… et que les bâtiments dont il est question dans les quatre photos précédentes ont bien été démolis à la fin des années 1920, probablement en prévision de l'Exposition internationale de 1930.

place saint-lambert_liege_annees 1930.jpg  La place Saint-Lambert au milieu des années 1930, avec donc le palais davantage dégagé. Quant à l'immeuble de l'ancienne Société militaire que la Ville a racheté en 1919, il sert à l'échevinat et à l'office du tourisme (entrée par la rue du Général Jacques) ; son rez-de-chaussée est occupé par un café-restaurant qu'on appelle le Tivoli-Bourse*.
*L'appellation « Tivoli » évoque un lieu de villégiature au nord-est de Rome, où la villa d'Este est considérée comme un des plus beaux exemples de jardins de la Renaissance.


tivoli_liege_1940.jpg  Cette photo, prise pendant l'occupation allemande de 1940 à 1944, est le document le plus ancien où j'ai pu lire le nom du café-restaurant Tivoli.

tivoli_liege_annees 1950.jpg  Dans les années 1950, l'immeuble Tivoli subit quelques modifications dont la suppression du fronton et des balcons. Ci-dessous, ce qu'il devenu dans la décennie suivante (la photo date de 1968) :
place saint-lambert_tivoli_liege_1968.jpg

place saint-lambert_liege_1960.jpgComparaison entre 1960 ▲ et 2015 ▼place saint-lambert_liege_2015.jpg

tivoli_liege_fin annees 1960.jpg

  L'immeuble du Tivoli-Bourse à la fin des années 1960▲ et la partie correspondante de l'espace Tivoli actuel ▼
espace tivoli_liege_2015.jpg

Rue du general jacques-liege-annees 60 (1).jpg                                       La rue du Général Jacques dans les années 1960.

rue du general jacques-liege-annees 60 (3).jpg  La rue de Général Jacques telle que je l'ai connue dans les années 1960, à l'époque de mes études secondaires à Saint-Barth, la rue des « fritures » et des cafés sympas. Dans le fond : la place du Marché.

 rue du general jacques-liege-annees 60 (2).jpgLa rue du Général Jacques vue cette fois depuis la place du Marché.

place du marche_liege_1978(1).jpg  La rue Sainte-Ursule (dont on devine l'entrée le long du palais) et la rue du Général Jacques en 1978, vues depuis la place du Marché.

 

ilot Tivoli_liege_1978.jpg  Les rues de Bex et du Général Jacques en 1978, vues depuis la place du Marché. Le trait rouge sert de repère pour établir une comparaison avec la photo actuelle qui suit :
espace tivoli_liege_2015(2).jpgLe trait rouge se retrouve aussi sur cette carte postale du début des années 1970 :place saint-lambert_liege_vue aerienne_debut annees 1970.jpg

tivoli_liege_1978.jpgLe Tivoli-Bourse en 1978 ▲ et le même endroit actuellement ▼palais_espace tivoli_liege_2015.jpg

ilot tivoli_liege_1978(2).jpg  1978. Les îlots situés entre la place Saint-Lambert et celle du Marché vont bientôt disparaître sous les coups des démolisseurs, comme en atteste la photo ci-dessous :
demolition ilot tivoli_liege_1979.jpg

   Les deux photos qui suivent montrent les démolitions, en 1979, de la rue du Général Jacques et de la rue Sainte-Ursule :
demolition rue sainte-ursule_liege_1979(1).jpgdemolition ilot tivoli_liege_1979(2).jpg

 

espace tivoli_liege_1982(1).jpg  L'espace Tivoli en 1982. La brasserie-restaurant Tivoli était devenue un lieu mythique de la vie liégeoise. Son nom a subsisté dans la mémoire collective pour désigner le terrain dégagé par les démolitions de la fin des années 1970.

espace tivoli_liege_1982(2).jpg1982 ▲ et de nos jours ▼histoire de liège,photos de liège,place saint-lambert,place foch,espace tivoli,tivoli-bourse,rue sainte-ursule,onze mille vierges,rue du general jacques,rue royale,rue sous la tour,rue de bex,société militaire

  En attendant que les autorités communales se décident à propos de son affectation définitive, l'endroit sert épisodiquement à l'une ou l'autre manifestation, comme le village de Noël :
histoire de liège,photos de liège,place saint-lambert,place foch,espace tivoli,tivoli-bourse,rue sainte-ursule,onze mille vierges,rue du general jacques,rue royale,rue sous la tour,rue de bex,société militaire

17/07/2014

La rue Léopold (quartier de la Madeleine)

   Cette artère aux immeubles cossus, appelée aussi à devenir la plus commerçante de la ville, a été percée dans le dernier quart du XIXe siècle (nous y reviendrons) à travers le quartier de la Madeleine, un quartier ancien et vétuste qu'il était temps d'assainir.

  Voici un plan de 1843 pour aider le lecteur à s'orienter dans les rues d'antan. La flèche préfigure la future rue Léopold, percée dans l'axe d'un nouveau pont des Arches (inexistant donc sur ce document) :
plan madeleine liege 1843.jpg


  Les deux illustrations qui suivent (un dessin et une photo au contenu identique) montrent l'endroit de la place Saint-Lambert où s'ouvre aujourd'hui la rue Léopold :
place saint-lambert-liege-avant 1876.jpg

rues grande tour et souverain-pont_liege-avant 1876.jpg La flèche rouge désigne la rue de Bex* ; la verte, la rue Grande Tour** ; la bleue, la rue Souverain-Pont***.

* Pierre de Bex (1594-1651), bourgmestre et grignoux notoire, décapité pour s'être opposé au pouvoir absolu du prince-évêque. Cette voirie était appelée rue Petite Tour avant 1863.
** Allusion à la grande tour (128 m) de l'ancienne cathédrale Saint-Lambert, tour qui se trouvait à l'entrée dela rue Souverain-Pont.
*** Allusion à un pont qui surplombait autrefois un vivier, antérieur (souverain) au pont des Arches !

  Aidons-nous de ce même fléchage sur les deux vues suivantes, qui nous proposent les lieux au début du XXe siècle puis en 2009 :

rue leopold-liege-debut XXe.jpg

rue leopold-liege-2007.jpg  La flèche verte ne figure plus sur cette photo de 2009. Une zone arborée a remplacé tout un alignement d'immeubles, rasés au début des années 1980. Se trouve là, actuellement, une gare des bus en plein air :
place maigret-liege-2009.jpg  À côté de l'espace réservé aux arrêts de bus, l'endroit a été aménagé en une petite place appelée la place du Commissaire Maigret* (une statue du célèbre policier a été installée assise sur un banc).

* Les aventures du commissaire Jules Maigret ont été imaginées par Georges Simenon, écrivain né rue Léopold à Liège en 1903 (mort à Lausanne, en Suisse, en 1989).

 


HISTORIQUE

 

  Le quartier populaire de la Madeleine remonte aux origines de Liège. Il tire son nom d'une église dédiée à sainte Madeleine, église probablement créée dans la seconde moitié du XIIe siècle, bien que Jean d'Outremeuse, le chroniqueur-romancier, en imagine l'existence quelque deux siècles plus tôt.

eglise de la madeleine-liege-1800.jpgL'église de la Madeleine vers 1800, dessin de JJ Van den Berg, bibliothèque de l'Ulg.


  Au XIXe siècle, le quartier est tombé en pleine décadence. Gobert parle d'« une population serrée, compacte, grouillant dans une agglomération de rues tortueuses, de venelle et d'impasses obscures, bondée d'habitations ouvrières manquant d'air de lumière ». La Légia traverse les lieux à ciel ouvert, charriant tous les déchets des habitants et répandant d'immondes puanteurs*.

* Ce tronçon pollué du ruisseau est d'ailleurs surnommé depuis longtemps le « merdecoul » (!), appellation déformée en « merchoul », nom qu'on a aussi attribué autrefois à cette partie du quartier. « Merchoul » n'a donc rien à voir avec « mère qui tchoûle », allusion à sainte Madeleine, la patronne de l'église locale (la pécheresse Marie-Madeleine s'est repentie en pleurs aux pieds de Jésus).


En 1849, une épidémie de choléra met en évidence l'état sanitaire pitoyable du quartier de la Madeleine. En 1850, le conseil communal vote un plan d'assainissement, mais celui-ci suppose de nombreuses expropriations qui irritent les propriétaires concernés et risquent de menacer l'avenir financier de la Ville. Il faut attendre 1858 et l'incendie de l'ancienne église de la Madeleine, abandonnée depuis les événements révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle, pour que le projet soit réexaminé et enfin exécuté en partie, avec l'établissement d'une place publique à l'emplacement des ruines de l'église.

place de la madeleine-liege-1860.jpgLa place de la Madeleine entre 1860 (sa création) et 1876 (le percement de la rue Léopold).

 

 

  En 1859, il est décidé de construire un nouveau pont des Arches, légèrement plus en amont que le précédent, et le relier à la place Saint-Lambert par une large artère, laquelle participerait à la mise en ordre générale du quartier de la Madeleine et permettrait une communication aisée entre le centre-ville et Outremeuse.

  Le premier tronçon de cette artère, du nouveau pont à la rue Sur Meuse (devenue le tronçon nord de la rue de la Cathédrale), est aménagé rapidement. En 1863, le conseil communal le baptise « rue Léopold », en hommage au premier roi des Belges ; il est prévu que cette appellation s'appliquera à l'entièreté de la voirie quand elle se sera prolongée jusqu'à la place Saint-Lambert.

  Ce prolongement se fera hélas attendre plus de 10 ans. Le percement de la rue Léopold à travers le quartier de la Madeleine commencera en juillet 1976.

demolition pont des arches-liege-1859.jpg  Démolition en 1859 du pont des Arches troisième du nom. Ce pont, côté centre-ville, se trouvait à la hauteur de la rue Neuvice.

histoire de liège,place saint-lambert,rue leopold,quartier de la madeleine,rue de bex,rue grande tour,pont des arches  Le pont des Arches quatrième du nom, construit en 1860 (on l'appellera aussi quelque temps le pont Léopold). À droite : les moulins de Bèche et de Saucy, au confluent de la Meuse et d'un bras de l'Ourthe.

plan-chantier rue leopold-liege-fin XIXe.jpg  Plan du chantier de réaménagement du quartier de la Madeleine, avec en rouge le tracé des transformations à effectuer.
Plan figurant dans la revue « Si Liège m'était conté », n° 53, 1974, dans un article signé Jean Brose.

 

percement rue leopold-liege-1876.jpgLe début du chantier en 1876, côté place Saint-Lambert.

percement rue leopold-liege-1877.jpg1877. À gauche, on reconnaît l'église Sainte-Catherine (dont la façade se trouve en Neuvice) et dans le fond, l'église Saint-Pholien en Outremeuse.

destruction quartier madeleine-liege-aout 1876.jpg

demolition quartier madeleine-liege-1876.jpgIl ne subsiste rien de cet endroit, traversé par la rue Léopold, comme en témoigne la photo ci-dessous, où seul le clocher de Sainte-Catherine sert de point de repère :
rue leopold-liege-2014.jpg

 

chantier rue leopold-liege-1880.jpg  Photo prise vers 1880. À gauche, on aperçoit une aile de l'hôtel de ville. À l'avant-plan, ce sont les fondations des immeubles de la rue Léopold.


  Rue Derrière la Madeleine, rue des Tourneurs, rue du Casque, rue du Stockis... toutes rues qui ont disparu et dont voici quelques souvenirs :
demolition quartier madeleine-liege.jpg

rue de la cloche-liege-avant 1876.jpg

rue du stockis-liege-avant 1876.jpg

. . . . .

 

place saint-lambert_liege-debut XXe.jpg  À la fin du XIXe siècle, la place Saint-Lambert est devenue la plaque tournante d’un trafic important, le point de concentration d’un commerce très actif et l’aire de distribution d’artères très animées.

rue leopold-liege-crmsf-debut XX.jpg  La rue Léopold vers 1905. Depuis 1878, le bâtiment au coin de la rue Léopold et de la rue de Bex (à gauche) s'appelle le « Drapeau belge ». Il s'agit d'un magasin de tissus.

  Ci-dessous, le même endroit dans les années 1960 :
rue de bex-rue leopold-trams-annees 1960.jpg

 

 

rue leopold-liege-1900.jpg
La rue Léopold en 1900 ▲ et dans les années 1960 ▼
rue leopold-tram-liege.jpg

 

rue leopold-pont des arches-liege-1965.jpgDepuis le pont des Arches, dans les années 1960 ▲ et 1970 ▼rue leopold-pont des arches-liege-1970.jpg

 

 

rue leopold-liege-aux economes.jpgAu début du XXe siècle ▲ et en 2009 ▼rue leopold-liege-bing maps-2009.jpg

 

 

rue leopold-liege-1960.jpgVers 1960 ▲ et en 1976 ▼rue leopold-liege-1976.jpg


rue leopold-liege-1984.jpgEn 1984 ▲ et 2009 ▼place Commissaire Maigret-liege-2009.jpg

 

place saint-lambert_liege-1988.jpgEn 1988 ▲ et 2006 ▼place saint-lambert-rue leopold-liege-2006.jpg

 

 

rue leopold-liege-2009.jpgEn 2009 ▲ et le 27 janvier 2010 ▼explosion-rue leopold-liege-2010.jpg

explosion-rue leopold-liege-27 01 2010.jpg

  Autres renseignements sur la page « Place Saint-Lambert » (série 7) du site « Liège, photos d'hier et d'aujourd'hui ».



Bibliographie :

- Théodore GOBERT, Liège à travers les âges, les rues de Liège, nouvelle édition Culture et Civilisation, 1975.

- Jean BROSE, le quartier de la Madeleine et la création de la rue Léopold, revue communale « Si Liège m'était conté », 1974.