07/01/2014

Sur les traces de la collégiale Saint-Pierre

liege,histoires de liège,histoire de liège,église saint-pierre,collégiale saint-pierre,rue saint-pierre,square notger,saint hubert,évêque hubert,remacle le loup,julius milheuser  La photo ci-dessus (d'André Drèze, « 100 vues aériennes d'une ville millénaire », 1980) nous montre la place Saint-Lambert et ses alentours en 1979, après les démolitions qui ont marqué la décennie. Intéressons-nous à la rue Saint-Pierre (la flèche), qui tire son nom d'une ancienne église collégiale située autrefois à l'emplacement de la croix.

liege,histoires de liège,histoire de liège,église saint-pierre,collégiale saint-pierre,rue saint-pierre,square notger,saint hubert,évêque hubert,remacle le loup,julius milheuser  Voici la jonction, avant les destructions, de la rue Saint-Pierre et de la rue de Bruxelles (à droite, il s'agit de la gare du Palais, bâtiment néogothique aujourd'hui disparu).

liege,histoires de liège,histoire de liège,église saint-pierre,collégiale saint-pierre,rue saint-pierre,square notger,saint hubert,évêque hubert,remacle le loup,julius milheuser  Le même endroit en 1954. La rue Saint-Pierre, pour descendre vers la rue de Bruxelles, contourne l'agréable square Notger (dont nous parlerons dans une autre note). Avant le réaménagement du site au milieu du XIXe siècle (nouvelle aile occidentale du palais), la butte Saint-Pierre couvrait cet espace, dominée par l'imposante collégiale éponyme.

liege,histoires de liège,histoire de liège,église saint-pierre,collégiale saint-pierre,rue saint-pierre,square notger,saint hubert,évêque hubert,remacle le loup,julius milheuser  Le cœur historique de Liège en 1649 (gravure de Julius MILHEUSER). La flèche désigne la collégiale Saint-Pierre, toute proche du palais des princes-évêques. Le dessin ne rend malheureusement pas compte de la dénivellation de terrain. À l'emplacement de l'actuelle place Saint-Lambert, trône la cathédrale Notre-Dame et Saint-Lambert, qui sera détruite dès 1794 à la suite des événements révolutionnaires de l'époque.

liege,histoires de liège,histoire de liège,église saint-pierre,collégiale saint-pierre,rue saint-pierre,square notger,saint hubert,évêque hubert,remacle le loup,julius milheuser  Dessin du peintre liégeois Englebert FISEN (1655-1733) : la collégiale Saint-Pierre à gauche de la cathédrale Saint-Lambert.

liege,histoires de liège,histoire de liège,église saint-pierre,collégiale saint-pierre,rue saint-pierre,square notger,saint hubert,évêque hubert,remacle le loup,julius milheuserLa collégiale Saint-Pïerre en 1737, gravure due à Remacle Le Loup.

  L'église que l'on voit sur ces documents des XVIIe et XVIIIe siècles n'est plus, bien sûr, le temple originel dont la fondation remonte au début du VIIIe siècle, quand Liège n’est qu’une humble bourgade mérovingienne.

  C'est à l’évêque Hubert, du diocèse de Tongres-Maastricht, qu'on attribue la construction, vers 712, au début de la colline boisée surplombant l’actuelle place Saint-Lambert, d’une église dédiée à saint Pierre, le principal apôtre du Christ. L’édifice et ses dépendances constituent un monastère bénédictin dont les moines proviennent de l’abbaye de Stavelot.

  À sa mort en 727, le prélat est inhumé dans l’église qu’il a fondée. Un siècle plus tard, sa dépouille est transférée dans le village ardennais d’Andage, qui prend le nom de Saint-Hubert. Le tableau qui suit, dû en 1437 au peintre primitif flamand Rogier Van der Weyden, représente l'exhumation du corps avant son déplacement.

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  Ravagée par les Normands en 881, l’église instaurée par saint Hubert est rebâtie en 922 par l’évêque Richaire, qui l'élève au rang de collégiale avec un chapitre de trente chanoines séculiers. Elle sera ensuite modifiée à diverses reprises, comme en 1185, après avoir subi des dommages à la suite de l’incendie de la cathédrale Saint-Lambert voisine.


La fin de la collégiale Saint-Pierre

liege,histoires de liège,histoire de liège,église saint-pierre,collégiale saint-pierre,rue saint-pierre,square notger,saint hubert,évêque hubert,remacle le loup,julius milheuser  Imaginons les lieux au début du XIXe siècle, en nous aidant de ce plan de 1810, quand Liège est le chef-lieu du département de l’Ourthe de l’empire français. À cette date, la colline où se situe la rue Saint-Pierre (1) se termine de façon quasi abrupte à quelques mètres à peine de l’aile occidentale du palais des princes-évêques déchus (2), aile qui ne présente absolument pas le même aspect qu’actuellement (nous en parlerons dans une autre note), et à laquelle est annexée une caserne de hussards (3). La collégiale Saint-Pierre (4) domine la butte, mais elle a subi les outrages réservés aux édifices religieux déclarés biens nationaux, tout comme l’église paroissiale Saint-Clément et Saint-Trond (5), désaffectée elle aussi.

  La rue Saint-Pierre se prolonge par la ruelle Saint-Clément (6), qui contourne la collégiale pour descendre vers la rue Derrière le Palais (7). Du promontoire, il faut emprunter les escaliers de la rue des Dégrés de Saint-Pierre (8) pour accéder en contre-bas à la rue des Mauvais-Chevaux (9) et aux ruines de la cathédrale Notre-Dame et Saint-Lambert (10).

liege,histoires de liège,histoire de liège,église saint-pierre,collégiale saint-pierre,rue saint-pierre,square notger,saint hubert,évêque hubert,remacle le loup,julius milheuser   Les ruines de la cathédrale Notre-Dame et Saint-Lambert au début du XIXe siècle. Dans le fond, on reconnaît le campanile du palais et à sa gauche le clocher de l’ancienne collégiale Saint-Pierre.

  Après le Concordat de 1801, qui réorganise les relations entre la religion et l’État, la collégiale Saint-Pierre ne figure pas au nombre des églises rendues au culte. Dépouillée de son mobilier et de ses ornements, dénudée de ses métaux, marbres et boiseries, que les acquéreurs ont arrachés sans ménagement, utilisée par la mairie comme entrepôt, elle présente un tel état de délabrement, fin 1810, qu’il est arrêté de la vendre à des fins de démolition. L’adjudication du chantier a lieu en mai 1811.

  Parallèlement, il est décidé de prolonger la rue Saint-Pierre à travers l’emplacement de l’église, pour la faire communiquer en pente douce avec la rue Derrière le Palais. Tous ces travaux vont durer bien plus longtemps que prévu et se poursuivre sous le régime hollandais.

liege,histoires de liège,histoire de liège,église saint-pierre,collégiale saint-pierre,rue saint-pierre,square notger,saint hubert,évêque hubert,remacle le loup,julius milheuser  Ce plan date de 1827, à l'époque du régime hollandais (1815-1830). La rue Saint-Pierre a été prolongée par un virage en pente (1) pour rejoindre la rue Derrière le Palais (2). La collégiale proprement dite est détruite, mais les cloîtres et dépendances subsisteront jusqu'en 1860. Une partie de ces bâtiments, depuis 1826, sert de manège et d'école d'équitation (3).



Le palais provincial vu de la butte Saint-Pierre, en 1982 et 2012

 

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